Turquie
Des cartes en couleur
pour économiser le gaz
La ville de Sivas, en Turquie, va produire des indicateurs permettant de comparer la qualité thermique des immeubles résidentiels alimentés en gaz.
Ce projet, cofinancé par l’Union européenne, profitera de l’expertise technique conjuguée de Paris et d’Istanbul ainsi que de l’ADEME. Il pourrait aider à accélérer les programmes de réhabilitation thermique prévus en France.
En 2007, l’Union européenne a lancé en Turquie un appel d’offres dont l’objet était la promotion du « dialogue de la société civile ». Concrètement, 16 millions d’euros devaient financer des projets contribuant à cet objectif, des projets concernant notamment les municipalités. « Dans le cadre d’un jumelage avec la Turquie sur l’efficacité énergétique, notre équipe a saisi cette occasion pour monter une proposition, commente Bernard Cornut, expert de l’ADEME aujourd’hui détaché à Ankara auprès du ministère turc de l’Environnement et de la Forêt. En partenariat avec la ville d’Istanbul et l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), le projet concerne Sivas, ville d’Anatolie où vivent 340 000 habitants à 1 300 mètres d’altitude. Il associe les compagnies de gaz de Sivas et d’Istanbul, l’ADEME, l’Union des Municipalités de Turquie et la Direction générale turque chargée de l’efficacité énergétique. »
Après négociations, la municipalité de Sivas a signé son contrat européen fin mai 2008. « Son objet est d’intégrer, dans le système d’information géographique (SIG) municipal, la base de données des consommations de gaz des clients résidentiels de la ville anatolienne, où ce combustible est arrivé il y a deux ans. Cela fournira des indicateurs de consommations des logements et des immeubles de la ville, par m² de logement, par m² et par degré jour de chauffage, et en % par rapport à la moyenne de la ville. Sur les cartes, on repérera facilement ceux qui gaspillent le moins d’énergie, et surtout, ceux qui méritent une réhabilitation thermique. »
Un enjeu pour la Turquie mais aussi pour l’ADEME
Il est vrai que les enjeux sont importants, car les conclusions des cartes thermiques serviront de support pour encourager la population, les banques, les opérateurs et les différents acteurs prêts à s’engager ensuite dans des actions correctrices. « À Sivas, le chauffage est un poste de dépenses particulièrement lourd pour les habitants. Une meilleure isolation et la rénovation du système de chauffage peuvent diminuer de 40 à 70 % la consommation de gaz pour se chauffer. L’intérêt du projet est donc indéniable. Une banque turque est déjà venue à Sivas et cherche à créer un produit financier adapté aux copropriétés. » Plus avancée en matière de SIG et de gestion de gaz, la ville d’Istanbul teste la procédure dans un quartier pilote.
Déjà impliquées dans la genèse du projet, l’ADEME et l’ambassade de France sont partenaires de ce projet de 250 000 euros (dont 182 000 pris en charge par l’Europe). « Ce projet est une première sur le secteur du gaz qui sera présentée au congrès international du gaz à Istanbul en juin, conclut Bernard Cornut. Lorsqu’il aura abouti, la Turquie aura une longueur d’avance sur une méthode exemplaire et innovante pour aider à la lutte contre le changement climatique. »
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