Centre spatial de Toulouse
Le double effet de la trigénération
Valoriser toute l’énergie générée lors de la production d’électricité pour chauffer ou refroidir l’eau, c’est le système choisi par le Centre spatial de Toulouse en 2001. Sur les conseils de l’ADEME, ce site a acquis la première centrale de trigénération « double effet » en Europe.
Au Centre spatial de Toulouse, entité rattachée au Centre national d’études spatiales (Cnes), on voit grand : 57 hectares, 150 000 m2 de surface répartis entre 60 bâtiments, 2 500 salariés ! Jusqu’en 2002, la facture d’électricité était elle aussi à grande échelle. En effet, le site nécessite une importante production de froid, et ce, même en hiver, pour rafraîchir l’atmosphère chauffée en permanence par de puissants calculateurs informatiques. Pourquoi ne pas opter pour sa propre production d’électricité ? C’est la question que se sont posée les dirigeants du site au début des années 2000. Pour y répondre, ils ont sollicité les avis de Gaz de France et de l’ADEME. « Au départ, nous pensions à la cogénération », se souvient Robert Barthe, du Centre spatial de Toulouse. Une centrale de cogénération met à profit la chaleur dégagée par les moteurs qui fournissent de l’électricité pour chauffer l’eau. Mais il y a mieux : la trigénération, qui produit simultanément de l’électricité, du chaud et du froid. « L’ADEME nous a orientés vers la trigénération, plus adaptée à notre site, qui a besoin de froid même en hiver », précise Robert Barthe.
Le principe ? Le gaz naturel, seule source d’énergie utilisée, alimente les moteurs thermiques qui produisent l’électricité. Une première récupération de chaleur sur le circuit de refroidissement permet la production d’eau chaude. Ensuite, une seconde récupération de chaleur sur les fumées d’échappement alimente une machine frigorifique, laquelle fournit de l’eau à 6 °C. Fini les faibles rendements énergétiques de production d’électricité ! L’énergie primaire consommée (gaz naturel) est ainsi valorisée à près de 80 %.
Un investissement rentabilisé en cinq ans
En 2001, le site toulousain du Cnes acquiert donc une centrale de trigénération pour 3,85 millions d’euros.
Il bénéficie pour cela de subventions de la région Midi-Pyrénées (152 000 euros) et de l’ADEME (457 000 euros) dans le cadre de leur programme commun Preludde1. Résultat : un investissement rentabilisé au bout de cinq ans. Depuis la mise en service en 2002, le site toulousain du Cnes économise entre 450 000 et 600 000 euros par an, en fonction du prix du gaz, par rapport à une fourniture traditionnelle d’énergie. La centrale de trigénération va surtout éviter la production de 6 000 tonnes-équivalent pétrole et de 19 000 tonnes de CO2 sur une période de douze ans.
1. Preludde : Programme régional de lutte contre l’effet de serre et pour le développement durable. |