UPM Kymmene
La valorisation énergétique dans ses petits papiers
Cette usine de recyclage de papier a engagé, tant pour sa production que pour son fonctionnement, une démarche globale de valorisation énergétique. À la clé, une diminution des rejets, et des économies d’énergie.
Est-ce parce qu’elle produit du papier journal recyclé ? L’entreprise finlandaise UPM Kymmene, très consciente de l’impact environnemental de son activité dans un contexte pourtant très concurrentiel, a toujours eu un temps d’avance en matière d’environnement.
Dès 2001, avec le soutien de l’ADEME et dans le cadre d’un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie lancé par le ministère de l’Industrie, elle a engagé pour son usine de Grand-Couronne, près de Rouen, une démarche globale « particulièrement exemplaire parce qu’elle intègre tous les aspects de la valorisation énergétique », indique Bernard Ameil, délégué général adjoint de la délégation régionale Haute-Normandie de l’ADEME. « En tant que partenaire, notre rôle a été d’accompagner les responsables du site dans leurs décisions et de les conseiller pour obtenir les financements nécessaires, auprès de la région notamment », poursuit-il. Le site de Grand-Couronne produit 340 000 tonnes de papier recyclé à partir de 470 000 tonnes de vieux journaux et magazines, issues de collectes sélectives dans des communes situées dans un rayon de 600 km (Haute-Normandie et région parisienne). UPM Kymmene y a implanté une nouvelle installation de cogénération, grâce à une chaudière de 85 MW utilisant la biomasse pour une production de 20 MW d’électricité. Son principe : les 170 000 tonnes de boues de désencrage produites par la transformation du papier sont incinérées dans une chaudière dont la vapeur assure la quasi-totalité des besoins en électricité et chaleur du site. Elles sont utilisées en mélange avec 170 000 tonnes de déchets de bois provenant à 60 % de palettes broyées, à 30 % de refus des plateformes de compostage de déchets verts et à 10 % de rémanents de forêts, c’est-à-dire de restes de branches ou de troncs mal conformés abandonnés par les exploitants. C’est un élément fort pour le développement et la structuration des approvisionnements biomasse en Normandie.
Valorisation des sous-produits de fabrication et de recyclage
« Cette opération permet de traiter des flux importants de déchets avec un haut niveau de valorisation », précise Bernard Ameil. « Du point de vue de l’environnement, les améliorations sont très sensibles. Notre installation a fait baisser considérablement les émissions de CO2, puisque les énergies fossiles ont été remplacées par la biomasse. Elle a également contribué à diminuer les rejets atmosphériques et notamment les poussières », indique Philippe Carrière, le directeur technique du site. Quant aux cendres issues de la combustion des boues et bois (environ 60 000 tonnes annuelles), après des études préalables pour vérifier leur conformité aux normes et leur caractéristique mécanique, elles ont également été intégrées dans le cycle de la valorisation.
« Elles servent notamment à la fabrication des remblais routiers, mais aussi en cimenterie, pour le bâtiment par exemple », poursuit Philippe Carrière. Le bilan est positif. Car, outre l’impact sur l’environnement, les économies liées à la baisse des achats de gaz ont été significatives.
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