quartier Tian Tong Yuan
Immeubles construits dans le quartier français de Tian Tong Yuan, à Beijing, avec le soutien financier du Fonds français pour l'environnement mondial.
 

Efficacité énergétique
La Chine s’éveille au développement durable

Piloté par l’ADEME, le programme d’« efficacité énergétique et de développement durable dans la construction en Chine » s’achève en 2009. En 5 ans, ces travaux ont notamment permis de bâtir près de 11 000 logements (870 000 m2) économes en énergie. Une opération exemplaire dans le pays premier émetteur mondial de CO2

Troisième puissance économique mondiale, avec le charbon comme principale source d’énergie (69 % de la production d’énergie primaire en 2006), la Chine est aussi devenue le premier émetteur mondial de CO2. Le pays est aussi devenu premier constructeur mondial de logements : 200 à 300 millions de mètres carrés sont bâtis chaque année en zone urbaine et plus de 700 millions en zones rurales. Ce boom économique et immobilier provoque une hausse des consommations énergétiques dans la construction, accentuée par une demande de confort accrue : systèmes de chauffage et d’éclairage, climatiseurs, équipements et électroménager…

Pérenniser les bonnes pratiques
Initié en 1999 par le ministère du Développement durable et financé par le Fonds français pour l’environnement mondial, le programme mené avec les autorités centrales, provinciales et municipales chinoises, visait à réduire la consommation d’énergie dans les bâtiments avec un surcoût acceptable par le marché. « Pour conduire ce programme d’un budget total de 6 millions d’euros, l’ADEME a identifié les promoteurs immobiliers et les gestionnaires de parc locatif volontaires pour intégrer des mesures d’économies d’énergie dans le cadre d’opérations de construction ou de réhabilitation », explique Aurélie Bernard, responsable de ce dossier à l’Agence. Des architectes et des thermiciens français ont favorisé l’intégration de nouvelles techniques et l’accès à des technologies plus efficaces. « Ces actions ont été accompagnées de formations de professionnels du bâtiment, de décideurs locaux et d’étudiants en architecture afin d’assurer la pérennité des bonnes pratiques après la fin du programme. »

Des résultats significatifs
La première phase du programme, axée sur les logements sociaux, a permis de construire 789 000 m  de bâtiments deux fois plus économes en énergie que les programmes standard pour un surcoût inférieur à 7 %. Il en a été de même dans les 3 500 logements construits dans le quartier de Tian Tong Yuan à Beijing, où les techniques d’isolation et de chauffage ont été améliorées.
La deuxième phase a démontré l’intérêt de la réhabilitation dans près de 400 logements de la province du Heilongjiang : à Heihe par exemple, il a été possible d’économiser 62 % d’énergie de chauffage uniquement en modifiant l’enveloppe d’un immeuble de 7 étages. La construction de 24 habitations rurales permettant 80 % d’économies d’énergie a servi de modèle pour la réalisation de plus de 1 300 maisons dans cette région.
À Shanghai, l’opération pilote de Bilin Wan – orientation pertinente des logements, réduction du linéaire de façades, vitrages performants, ventilation naturelle, stores extérieurs, système d’économie d’eau potable, végétalisation des abords du bâtiment – a fait du site une référence pour le standard Green Building appliqué depuis peu en Chine.
Le programme est un succès : il a prouvé que les projets sont techniquement et financièrement aisément reproductibles. La volonté du gouvernement chinois de faire de la maîtrise de l’énergie dans la construction un enjeu majeur, par l’introduction de nouvelles réglementations thermiques et d’incitations financières, devrait permettre de généraliser les performances à l’échelle de quartiers, voire de villes nouvelles.