Bonar Floors
Des COV doublement bien traités
Afin de dégrader les composés organiques volatils (COV) rejetés dans l’atmosphère, Bonar Floors a choisi un traitement biologique combinant deux procédés. Pour mieux les décomposer !
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Après un séjour de 40 secondes dans la tourbe, les composés organiques des effluents sont dégradés en composants non nocifs |
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La société Bonar Floors est spécialisée dans la fabrication de revêtements pour sols. Une activité nécessitant l’utilisation de certains plastifiants, encres et vernis, qui intègrent des composés organiques volatils (COV) dont certains sont classés à risque. L’entreprise n’a pas attendu le renforcement de la législation française pour agir sur son site de Château-Renault, en Indre-et-Loire, certifié ISO 14 001 depuis 2004. Dès 2002, elle a fait réaliser une étude, avec le concours de l’ADEME, afin d’analyser la nature des composants rejetés dans l’atmosphère et d’envisager les solutions les plus appropriées pour les dégrader.
« Il est apparu que les effluents gazeux contenaient des concentrations relativement faibles de COV, aux alentours de 120 mg/Nm3*, et qu’ils présentaient assez peu d’émissions dangereuses – pour l’essentiel des plastifiants », indique Philippe Bray, ingénieur chargé des entreprises à la délégation régionale Centre de l’ADEME. Parmi les techniques envisagées figurait l’oxydation thermique, qui consiste à brûler les effluents chargés de COV dans une chaudière. Très efficace – elle permet d’éliminer près de 98 % des COV –, elle présentait néanmoins, pour Valéry Fauchet, responsable de la qualité et de l’environnement du site, un inconvénient majeur sur le plan environnemental puisqu’elle nécessite une forte consommation d’un combustible fossile, très émetteur de CO2.
La recherche d’une solution durable
La société s’est donc tournée vers les traitements biologiques. Seul bémol, le pourcentage de dégradation obtenu avec ce type de technique n’est que de 40 à 70 %. « Mais compte tenu de la nature et de la faible concentration des COV, nous pensions obtenir un bon résultat », explique Valéry Fauchet. L’entreprise Bonar Floors a donc opté pour l’installation d’un système de traitement par biofiltre, mis en place par une équipe d’ingénieurs de Novamax. Particularité de l’installation : elle est constituée de deux systèmes distincts. Le premier traite les effluents comprenant les phtalates (les plastifiants) par condensation, puis, via un filtre « à bougies », les élimine à plus de 99 %. Les effluents ainsi épurés rejoignent les autres effluents collectés dans l’usine avant d’entrer dans le second système. Ce dernier est composé d’un biolaveur et de trois containers contenant de la tourbe et des micro-organismes, dont le dimensionnement a été calculé pour permettre un séjour de l’effluent dans la tourbe durant 40 secondes. Les composés organiques sont de cette façon dégradés en composés non nocifs par les micro-organismes. Si l’installation a nécessité un lourd investissement de départ et demande un entretien régulier, un an et demi après son démarrage le bilan se révèle très positif : « Nous nous étions fixé un objectif de 42 mg/Nm3, sous la barre réglementaire des 50 mg/Nm3 à ne pas dépasser. Les résultats que nous avons obtenus – compris entre 34 et 37 mg/Nm3 – montrent que notre solution était parfaitement adaptée à notre environnement », conclut Valéry Fauchet.
*Normaux mètre cube : unité de débit. |