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UNE FILIERE « INTELLIGENTE »
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L’ADEME a participé au financement de la chaufferie à hauteur de 340 000 euros, sur un total de 4,6 millions d’euros (le total des aides attendues pour cette opération s’élève à 2,5 millions d’euros). « Nous avions deux exigences, rappelle Marc Volpini. Avant tout, que le niveau des émissions de poussières soit inférieur à la réglementation, d’où la mise en place d’un filtre à manches permettant de respecter un taux maximal de poussières de 50 mg par Nm3 de fumée. Ensuite, l’approvisionnement de la chaudière en biomasse n’entraîne pas de conflit d’usage avec les industriels du bois, en particulier les papetiers et les pannotiers. »
L’ADEME en Lorraine avait déjà soutenu trois opérations assez semblables dans la région. « Cette nouvelle opération présentait toutes les garanties attendues sur les plans environnemental et énergétique. En Lorraine, de manière générale, nous souhaitons développer fortement les réseaux de chauffage urbain alimentés à partir d’une énergie renouvelable, une démarche qui s’inscrit pleinement dans le Grenelle Environnement. »
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Vosges
Épinal donne une bonne image
du bois
Depuis juin 2008, un quartier d’Épinal est alimenté en chaleur par une chaudière à bois. Outre les économies réalisées sur la facture énergétique, l’installation permet de réduire les émissions nettes de CO2 d’environ 12 000 tonnes par an. Une source de chaleur renouvelable qui pourrait bien se propager dans la ville…
Depuis 1960, le quartier du Plateau de la Justice, à Épinal, disposait d’un réseau de chaleur à eau surchauffée alimentant 2 500 équivalents logements HLM, des commerces, des bâtiments publics et privés. L’énergie était produite par trois chaudières au charbon, une centrale de cogénération gaz et une chaudière au gaz. La chaleur, quant à elle, était transportée par un réseau long de 9 kilomètres.
En 2005, pour des raisons budgétaires et environnementales, la ville a souhaité remplacer les chaudières au charbon par une nouvelle chaudière entièrement automatisée au bois, confiée à Épinal Énergies et Environnement (filiale de Cofely GDF-Suez, ex-Elyo Suez), en délégation de service public de production, de transport et de distribution de la chaleur pour une durée de 19 ans à compter d’octobre 2006.
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La nouvelle chaudière est alimentée par différents types de biomasse.
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Des ressources en provenance de la région
Mise en service en juin 2008, la nouvelle chaudière, de 7 000 kW, qui produit 34 800 MWh/an, est alimentée par différents types de biomasse : plaquettes forestières, bois issu de coupes mais non utilisable par les scieries et déchets de bois propre broyé (palettes ou cagettes). Cette ressource provient de la région d’Épinal, dans un rayon maximal de 150 kilomètres autour de la chaufferie, et ce afin de limiter les nuisances relatives au transport. « En tout, ce sont 14 800 tonnes de biomasse bois qui seront consommées chaque année, souligne Marc Volpini, chargé de mission biomasse énergie au sein de la délégation régionale Lorraine de l’ADEME. D’un point de vue environnemental, la nouvelle chaudière permettra chaque année de substituer 3 324 tep, et de réduire les émissions nettes de CO2 d’environ 12 000 tonnes. Par ailleurs, comme 60 % de l’énergie est produite à partir de biomasse, la chaleur livrée bénéficie d’une TVA de 5,5 %. »
Pour Michel Heinrich, député-maire d’Épinal, les bénéfices sont réels. « La nouvelle chaufferie réduit en moyenne de 20 à 30 % les coûts du chauffage, ce qui, bien sûr, se répercute sur la facture des consommateurs et sur celle de la ville pour tout ce qui concerne les bâtiments publics. Autre bienfait, le projet a donné l’occasion de structurer la filière bois locale. Nous sommes donc très satisfaits et nous envisageons d’étendre ce dispositif à d’autres quartiers de la ville à travers des opérations similaires. »
En 2008, des travaux d’extension du réseau d’origine des années 60 ont été réalisés en interconnexion avec le réseau du quartier de la Colombière, équipé d’une chaudière bois de 1 750 kW. Désormais, le réseau de chaleur d’Épinal atteint 16 kilomètres et alimente 7 200 équivalents logements. « Un nouveau programme de travaux de raccordement sur ce réseau de chauffage devrait voir le jour en 2009, pour une puissance souscrite complémentaire de 7 200 kW. Une opération typiquement éligible au Fonds chaleur », conclut Marc Volpini. |