Torefaction chez les Cafés Coït
Les systèmes de préparation du gaz naturel de ville et de préparation du mélange gaz naturel de ville-COV.

 
En chiffres

 
     
 

• Le système de récupération de chaleur permet une réduction de 12 % puis de 20 %, en 2009, de la consommation de combustible – soit un gain annuel de 271 000 euros.
• L’investissement a été de 1,35 million d’euros. Le surcoût par rapport à la solution de mise aux normes la moins coûteuse a été de 806 000 euros (en tenant compte de la deuxième série d’économiseurs installée en 2009).
Ce surcoût sera donc rentabilisé au bout de trois ans.
• Grâce au gaz naturel de ville, les SO2 (dioxyde de soufre) et les NOx (oxydes d’azote), à l’origine des pluies acides, chutent respectivement de près de 100 % et de 59 % sur le site
d’Eliokem au Havre.
• Les études ont coûté 32 000 euros : l’ADEME en a financé la moitié.

 

 

Eliokem
Des économies à toute vapeur

Au Havre, l’usine d’industrie chimique Eliokem a choisi de rénover entièrement son système de chaudières plutôt que de se contenter de le mettre aux normes. Un investissement lourd au départ, mais rentable dès la troisième année, grâce aux économies d’énergie réalisées.

  étiquette énergie/CO2
Façade de la chaudière n° 2 avec les deux brûleurs, l’un pour chauffer l’eau, l’autre dédié à la combustion des COV.
   

En 2003, une loi stipulait que les rejets des chaudières industrielles devaient être mis aux normes avant 2008.
« Comment s’y prendre ? » se sont demandé les responsables de l’usine Eliokem du Havre (Seine-Maritime) : celle-ci fabrique des polymères dérivés (caoutchoucs synthétiques, résines, latex) et dispose de deux chaudières pour la production de vapeur d’eau. Eliokem a consulté l’ADEME et le bureau d’études Bernard Hennuyer. Les deux partenaires ont alors suggéré de ne pas se contenter d’une mise aux normes élémentaire, mais de remettre à plat tout le système en vue d’améliorer ses performances énergétique et environnementale. Plusieurs solutions techniques ont été étudiées et comparées. Entre deux scénarios, l’un à 900 000 euros, proposant une réfection a minima, et l’autre à 1,35 million d’euros, Eliokem a choisi la solution la plus coûteuse de prime abord… qui s’avère la plus rentable à moyen terme.

Récupération de la chaleur des fumées
Première innovation : un économiseur a été installé entre les chaudières et les cheminées. Objectif : « Récupérer la chaleur des fumées pour préchauffer l’eau à 140 ° avant son admission dans les circuits d’alimentation, via un échangeur qui met en contact l’eau et les fumées », explique Eddy Poitrat, ingénieur énergie et effet de serre à la délégation régionale Haute-Normandie de l’ADEME. Ce qui permet de réduire de 12 % l’énergie nécessaire pour chauffer l’eau ! Et en 2009, une deuxième série d’économiseurs va être posée, qui portera les économies à 20 %.
Ce système a imposé de changer de combustible ; en effet, les fumées de combustion du fioul lourd, jusque-là utilisé par l’usine, étaient trop acides pour qu’il soit possible d’en récupérer la chaleur dans un échangeur. Eliokem est donc passée au gaz naturel de ville, qui présente un double avantage : il est moins difficile à stocker que le fioul… et il est surtout beaucoup moins émetteur de CO2 : c’est un gain annuel de 2 900 tonnes qui est ainsi réalisé. Un argument de taille pour cette usine soumise aux quotas de CO2

Incinération des COV
Enfin, le service hygiène-environnement de l’usine cherchait une solution pour les 54 tonnes de composés organiques volatils (COV) rejetés chaque année dans l’atmosphère… Pourquoi, là encore, ne pas profiter de la remise aux normes des chaudières pour y associer un système de destruction de ces rejets ? Le principe adopté : les COV, captés à la sortie des lignes de production, sont acheminés jusqu’aux chaudières pour y être incinérés dans un brûleur dédié. « Mieux vaut voir grand au départ pour faire d’une pierre trois coups pour l’environnement, conclut Joël Rasse, responsable maintenance et utilités chez Eliokem : récupération de chaleur, choix d’un combustible moins polluant et destruction des COV. »