digesteurs
Dans ses digesteurs, les matières organiques
se dégradent et émettent un méthane riche en biogaz.

 
UN PROCEDE QUI FAIT DES EMULES

 
     
 

Le Gaec Oudet a ouvert la voie :
Depuis, la méthanisation a fait des émules en Champagne-Ardenne avec de nouvelles installations plus puissantes. L’unité du Gaec du château d’Étrépigny produit 313 000 kWh d’électricité et 626 000 kWh d’énergie thermique par an. Celle du Gaec Forget fournit jusqu’à 1 171 555 kWh d’électricité et 1 168 000 kWh d’énergie thermique ! « Avec les tarifs d’achat par EDF qui ont beaucoup augmenté en 2006 et la réglementation qui devient plus lisible, le contexte est assez favorable, indique Christelle Lancelot. Mais attention, l’effort à fournir reste important, sur le plan financier et humain. »« Il faut compter entre 5 000 et 6 000 euros par kW installé », complète Olivier Thiercy. « Il est possible de se lancer à condition de remplir trois conditions, souligne Christelle Lancelot.
Il faut disposer de suffisamment de matières à transformer dans un rayon proche, s’assurer que les matières “digérées” auront un débouché et que la possibilité de valoriser le biogaz existe à proximité. »

 
 
 

 

Gaec Oudet

Un biogaz fertile en ressources

Le Gaec* Oudet, en Champagne-Ardenne, a commencé dès 2005 à transformer ses résidus d’élevage et de culture en gaz utilisé pour produire de l’électricité et de la chaleur. À la clé, des économies d’énergie et une réduction significative des émissions de CO2. Sans oublier les matières organiques, utilisées pour l’épandage.

Relativement nouvelle, la méthanisation agricole commence à se développer dans les campagnes. Rien d’étonnant pour Christelle Lancelot, ingénieur en charge de l’agriculture et de l’agro-industrie, de la délégation régionale Champagne-Ardenne de l’ADEME, car « ce procédé biologique permet de valoriser efficacement les effluents d’élevage (lisiers, fumiers) et les résidus de culture dans les fermes ». Le principe de la méthanisation est très simple : les matières organiques sont placées dans un digesteur, une cuve maintenue à une température de 40°C où, sous l’effet de bactéries et en l’absence d’oxygène, elles se dégradent et émettent un biogaz riche en méthane. Ce gaz peut alors servir à produire de l’électricité et de la chaleur. Quant aux matières organiques restantes, débarrassées en grande partie de leurs odeurs et de leurs germes grâce au procédé utilisé, elles deviennent des engrais de bonne qualité. « Les bénéfices sont intéressants, souligne Olivier Thiercy, conseiller bioénergies de la Chambre d’agriculture des Ardennes, autant sur le plan agricole qu’environnemental. » Ils le sont aussi sur le plan économique, car EDF s’engage à acheter l’électricité produite à un prix fixé par l’État.

Une expérience concluante

Le Gaec Oudet est l’un des tout premiers en France à avoir monté, en 2005, une unité de méthanisation, avec le soutien de l’ADEME, de la région Champagne-Ardenne, du conseil général des Ardennes et du Crédit agricole du Nord-Est. Fonctionnant en cogénération, celle-ci est constituée d’un moteur qui fait marcher un générateur. La chaleur dégagée par le moteur et les gaz d’échappement est utilisée pour chauffer le digesteur et les habitations. L’électricité produite est vendue à EDF. Les matières organiques, après être restées 40 jours dans le digesteur, sont évacuées dans une fosse de stockage avant d’être utilisées pour l’épandage. Chaque année, 2 000 tonnes de fumier, lisier et résidus sont traitées et produisent 233 750 kWh/an d’électricité et 450 000 kWh/an d’énergie thermique, dont 26 % sont utilisées pour le chauffage des habitations. Pour Nicolas Delaporte, responsable technique du Gaec Oudet, en dépit d’une mise au point qui a demandé beaucoup de temps et d’énergie, les résultats sont probants sur tous les plans. L’investissement s’est monté à 201 400 euros (dont 67 600 euros d’aide de l’ADEME et de la région Champagne-Ardenne). « Aujourd’hui, indique-t-il, entre les 18 400 euros de vente d’électricité à EDF et les 1 800 euros d’engrais que nous n’achetons pas, nous réalisons chaque année 20 200 euros d’économies. Ce qui veut dire un retour sur l’argent que nous avons investi en 6 ans. » Pas si long pour une solution qui permet de réduire les rejets de CO2 de près de 178 tonnes par an, soit l’équivalent de 1 000 voitures parcourant 1 000 kilomètres.