Energie
La recherche industrielle
a un bon fonds
Le Fonds démonstrateurs de recherche a été créé en juillet 2008, selon l’engagement du Grenelle Environnement. Géré par l’ADEME, il a vocation à financer l’expérimentation préindustrielle des nouvelles technologies portant sur la production ou l’utilisation de l’énergie.
La France ambitionne de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Cet objectif passe par des évolutions de modes de vie, mais aussi par de nouvelles options technologiques et industrielles en matière de production ou d’utilisation de l’énergie, au cours des prochaines décennies. « Or, il n’est pas évident pour les industriels de s’inscrire dans cette logique de long terme, souligne François Moisan, directeur exécutif de la stratégie et de la recherche à l’ADEME. Les structures de R & D des entreprises doivent préparer et valider dès maintenant des ruptures technologiques qui ne trouveront leur plein débouché sur les marchés qu’entre 2020 et 2030 – soit le temps requis pour reconfigurer le parc automobile ou nos outils de production d’électricité d’ici 2050. »
Le Grenelle Environnement a identifié la nécessité d’un soutien public à ce stade crucial du développement des technologies, situé entre la phase de recherche en laboratoire et celle du déploiement industriel et commercial. C’est à ce besoin qu’a répondu la mise en place, en juillet 2008, d’un Fonds démonstrateurs de recherche doté d’un budget de 400 M€ sur quatre ans (2009-2012).
Qu’est ce qu’un démonstrateur et à quoi sert-il ? La réalisation d’un démonstrateur se justifie lorsqu’une maquette de laboratoire ou une simulation sur ordinateur ne suffisent pas à valider une option technologique : il faut alors pouvoir l’expérimenter dans des conditions « préindustrielles », en grandeur réelle (par exemple un prototype de voiture ou de bâtiment) ou à échelle plus réduite pour un procédé (généralement 1/10). « Ces opérations peuvent conduire à relancer des recherches appliquées pour optimiser les projets ou lever certains verrous – c’est pourquoi nous parlons de “démonstrateurs de recherche”. Elles seront également des vitrines du savoir-faire des entreprises », précise François Moisan, en rappelant que « d’autres grands pays industrialisés, comme les États-Unis et le Japon, ont précédé la France dans cette voie.»
Les ministères concernés en première ligne
Toutes les filières des nouvelles technologies de l’énergie sont éligibles au Fonds démonstrateurs. Cela couvre notamment les énergies renouvelables (solaire, éolien, biocarburants de 2e génération, énergies de la mer…), l’hydrogène, les transports non polluants économes en énergie, les bâtiments et l’urbanisme innovants économes en énergie, le stockage de l’énergie, les réseaux « intelligents », le captage et le stockage du carbone.
Les industriels ou groupements d’industriels avec des partenaires publics ou privés peuvent bénéficier du soutien pour des projets de taille significative (de quelques millions à une centaine de millions d’euros).
La gouvernance du fonds est assurée par un comité de pilotage (Copil) rassemblant les ministères concernés*, chargé d’identifier les filières stratégiques puis de valider les feuilles de route proposées par l’ADEME, les appels à manifestation d’intérêt (AMI) et la sélection des projets. Un comité consultatif qui réunit, outre les ministères et les agences de financement de la recherche, des personnalités qualifiées et des experts, contribue à ces validations. Les deux premiers AMI, lancés en juillet et clos le 30 septembre, ont porté sur les biocarburants de 2e génération et les véhicules routiers à faibles émissions de gaz à effet de serre.
Les dossiers, en cours d’instruction, pourraient donner lieu à quelques premiers engagements avant la fin de 2008. Un troisième AMI, dédié au captage et au stockage du CO2 s’est clos le 30 novembre.
*MEEDDAT, MESR, MINEFE.
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