Loire-Atlantique
Au pays de Retz, on est très partageur
Pour réduire leur facture énergétique et leur consommation d’eau, six petites communes du pays de Retz se sont groupées pour utiliser le Conseil en énergie partagée. Une initiative efficace, et la possibilité pour les collectivités concernées d’échanger et de partager leur expérience à moindre coût.
CEP : trois lettres pour désigner une pratique qui s’affirme dans le contexte énergétique actuel, le Conseil en énergie partagé. Ce service met un conseiller à la disposition des communes, durant trois ans, pour optimiser leurs consommations d’eau et leurs dépenses énergétiques. Il s’adresse aux petites collectivités qui ne possèdent pas la compétence en local et peuvent, ainsi, mutualiser leurs moyens. En Loire-Atlantique, le Conseil en énergie partagée a séduit dès 2004 six communes du pays de Retz. L’ADEME a apporté son soutien financier ainsi que son expertise technique et méthodologique tout au long du projet. Première étape de la démarche, la constitution d’un cahier des charges et la sélection d’un prestataire à même de déléguer un conseiller en énergie partagé auprès des communes. Son rôle est fondamental car il doit non seulement suivre et évaluer les progrès de chaque commune, mais aussi impulser une vraie culture énergie auprès des différents acteurs (élus et usagers), « un facteur de succès déterminant » pour Christophe de Saint-Jores, de la délégation régionale Pays de la Loire de l’ADEME. Une fois la sélection faite, il s’agit d’établir le diagnostic des bâtiments et de l’éclairage public. Analyse approfondie des factures, des consommations, visites détaillées des bâtiments… En 2002, 2003, 2004, le conseiller a tout passé au crible afin d’évaluer le potentiel d’économie d’énergie. Ensuite, il a élaboré pour chaque commune une recommandation stratégique, au regard de ses perspectives.
Un accompagnement personnalisé
« C’est la force de cet accompagnement, souligne Christophe de Saint-Jores.
Les collectivités bénéficient d’un conseil adapté à leur situation et peuvent ensuite arbitrer en fonction de leurs priorités. » Autre atout de la démarche, elle est collective. L’occasion pour les communes d’échanger sur leurs pratiques et de s’inspirer du partage d’expérience. Aujourd’hui, la mission – qui va être reconduite – est un succès puisque deux nouvelles communes ont rejoint le CEP et que d’autres territoires se sont montrés intéressés.
Les résultats sont plus que probants : alors que la population a augmenté de 10 % sur la période 2002 à 2006, la consommation n’a augmenté que de… 1 % ! Coût de la mission : 50 000 euros pour 16 mois, pris en charge à 20 % par la région, à 45 % par l’ADEME et le reste par les communes, soit un coût de 0,50 euro par habitant et par an. Parmi les actions phares, la rénovation de l’éclairage public, qui a permis à la commune de Legé de diminuer d’un quart le budget qu’elle y consacrait. Ou encore la construction de tous les nouveaux bâtiments qui intègrent dès la conception les enjeux d’économies d’énergie, preuve que le réflexe énergie a bien été acquis.
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