Projet Mepred
L'Afrique de l'Ouest rassemble
son énergie

L’ADEME a coordonné les travaux du projet Mepred – Mainstreaming Energy for Poverty Reduction and Economic Development –, destiné à promouvoir l’accès à l’énergie en Afrique de l’Ouest. Une conférence internationale, organisée à Dakar en mars, a conclu ce projet lancé en avril 2005.

  Livre blanc pour un politique régionale

   

En septembre 2000, 191 pays adoptaient la Déclaration du millénaire de l’ONU fixant huit objectifs de développement pour 2015, parmi lesquels la réduction de l’extrême pauvreté, l’accès à l’éducation primaire universelle, la santé maternelle, la lutte contre le sida, l’accès à l’eau et la protection de l’environnement. Autant d’objectifs liés aux questions énergétiques. L’énergie est en effet vitale pour le fonctionnement des écoles, des hôpitaux, des systèmes de pompage de l’eau…
Pourtant, à la veille du sommet de Johannesburg, en 2002, « l’approche en cours visait à privatiser les opérateurs du secteur de l’énergie, les mécanismes de marché devant alors permettre de résoudre l’ensemble des problèmes. Cette approche a trouvé ses limites, comme en témoignent les initiatives visant à associer les financements publics et privés dans le domaine de l’énergie, publiées lors du Sommet mondial du développement durable », commente Michel Hamelin, directeur adjoint de la direction internationale de l’ADEME. Ainsi, en 2004, dans l’ensemble des 15 pays de la CEDEAO (Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest), seulement 19,6 % de la population, soit 262,5 millions d’habitants, avaient accès à l’électricité.

Mobiliser les structures locales
D’un montant total de 2,2 millions d’euros, cofinancé à hauteur de 987 000 euros par le programme Coopener de la Commission européenne et soutenu par le ministère des Affaires étrangères et européennes, le projet Mepred a été lancé en avril 2005.
Il s’inscrit dans le prolongement direct de l’Initiative européenne pour l’énergie (EUEI) lancée à Johannesburg par la Commission et les États membres de l’Union européenne. Coordonné par l’ADEME, ce projet a contribué à l’élaboration du Livre blanc pour une politique régionale d’accès aux services énergétiques des populations rurales et périurbaines afin d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Il a permis la réalisation des travaux contribuant à sa mise en œuvre, au Sénégal sous le pilotage de GTZ (Allemagne), au Mali avec SenterNovem
(Pays-Bas), au Burkina avec Danida (Danemark), et au Niger avec l’ADEME.

Bilan… et recherche de financements
Dans chacun des pays, le programme Mepred a œuvré pour intégrer l’énergie dans les stratégies de développement visant l’accès aux services essentiels (eau, santé, éducation, agriculture, génération de revenus…) et proposer des modèles économiques et financiers adéquats, pour répondre à la demande correspondante, en favorisant le respect de l’environnement et la mobilisation des ressources locales.
Cette démarche a été développée au niveau institutionnel, avec les ministères en charge de l’énergie, dans le cadre de groupes de travail « multisectoriels » visant à apporter des réponses opérationnelles au niveau local.
Accueillie à Dakar les 26 et 27 mars, la conférence internationale Meswad – Mainstreaming Energy services for West African Development – a permis de dresser le bilan du projet Mepred (téléchargeable sur le site www.energie-omd.org).
Au-delà du succès rencontré par le Livre blanc, « des résultats prometteurs ont été obtenus au Niger où de véritables discussions se sont engagées entre les acteurs des différents secteurs, souligne Michel Hamelin. Un inventaire des besoins en énergie a été dressé pour trois régions du pays considérées comme pilotes : Maradi, Tahoua et Dosso. » L’analyse des textes juridiques notamment, relatifs à la décentralisation, aux compétences des communes et à la distribution d’électricité, permet d’envisager des structures dédiées pour la mise en place d’un service énergétique local assuré par des opérateurs privés, dans le cadre d’une délégation de service public.

L’occasion d’échanger sur de futurs développements
Au Sénégal, des avancées significatives ont été aussi obtenues dans le domaine de la gestion forestière pour la production de bois de feu ou de charbon de bois ou encore la valorisation de déchets végétaux. Au Burkina, l’accent a été mis sur le développement de mécanismes financiers et l’élaboration de 13 atlas régionaux sur l’accès aux services énergétiques. Le Mali a pour sa part porté son effort sur l’intégration de l’énergie dans les plans de développement économique, social et culturel des communes et le développement des énergies renouvelables. « Au-delà du bilan du projet Mepred, la conférence réunissant des représentants d’une douzaine de pays a donné l’occasion d’échanger sur des développements possibles avec d’autres États africains », rappelle Michel Hamelin.
Les travaux de Mepred sont achevés : ils ont permis une prise en compte de l’accès à l’énergie dans les politiques de développement et dans les documents institutionnels de stratégie d’où il était trop souvent absent jusqu’alors. L’heure est maintenant au montage et à la réalisation pilote en bénéficiant d’un environnement administratif et politique favorable à la recherche des financements nécessaires.