tomate observée à la loupe sur une paillasse
  À savoir  
  Depuis de nombreuses années, l’ADEME accompagne le développement d’étiquetages environnementaux. Une expertise forgée d’abord avec l’étiquette énergie, mise en place dès 1994 pour les réfrigérateurs, avant de s’étendre à tout l’électroménager puis à l’automobile et au bâtiment. L’ADEME est également référent technique impliqué dans l’élaboration des référentiels écolabels français et européen. L’ADEME est aujourd’hui chargée de piloter l’ensemble du dispositif de mise en place de l’affichage écologique des produits et services de grande consommation, de l’expérimentation sur le terrain à la généralisation grâce à l’élaboration de référentiels. Elle apportera ainsi un soutien technique et financier au développement, à l’évaluation et à la diffusion de bases de données d’analyse du cycle de vie (ACV) génériques.

 
 
Empreinte écologique
La grande distribution prend des mesures pour l’environnement

Le 1er janvier 2011, l’affichage de l’impact environnemental des biens de grande consommation sera obligatoire. Les acteurs concernés mettent actuellement au point les méthodes d’évaluation et d’affichage de
« l’empreinte écologique » des produits.

À côté du prix en euros du paquet de pâtes, du kilo de tomates ou du baril de lessive, les enseignes de grande distribution, pour respecter un des engagements du Grenelle Environnement, devront afficher en 2011 leur «prix écologique», traduisant le coût environnemental cumulé de toutes les étapes du «cycle de vie» du produit : production, transformation, négoce, conditionnement, transport, vente en magasin et recyclage en fin de vie.
Forts de leur position stratégique entre les industriels et les consommateurs, les distributeurs se sont investis activement dans la préparation de cet affichage. «Certaines enseignes ont même agi en précurseurs, souligne Christine Cros, chef du département Écoconception et consommation durable à l’ADEME.
À commencer par le groupe Casino, qui s’est lancé dès 2006 dans la recherche d’une méthode pour évaluer l’impact environnemental de ses produits à marque propre. Casino et le groupe Leclerc testent d’ores et déjà l’affichage écologique dans leurs réseaux.» (voir article p. 6).

Un affichage multicritère
Pour élargir le champ d’expérimentation, le ministère du Développement durable a signé en début d’année une convention avec la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), qui regroupe la plupart des enseignes concernées. Objectif : tester l’affichage écologique sur 300 produits de grande consommation (alimentation, droguerie, hygiène, parfumerie et textile). L’affichage, qui commencera en septembre 2008, sera multicritère, c’est-à-dire qu’il prendra en compte tous les impacts environnementaux et pas seulement les rejets de CO2 comme dans les expériences menées par Casino et Leclerc. La démarche sera progressivement étendue en 2009 en fonction des résultats obtenus. L’Association nationale des industries alimentaires (Ania), qui rassemble les principaux acteurs de l’agroalimentaire, s’est associée à cette expérimentation.
Parallèlement, le Comité opérationnel 23 du Grenelle (Comop 23) a chargé l’ADEME de piloter à l’Afnor l’élaboration de référentiels visant à garantir la pertinence des informations affichées.
La multiplication des initiatives individuelles de professionnels rend en effet nécessaire l’harmonisation des méthodes pour fournir aux consommateurs des critères de choix objectifs et homogènes. Une plateforme méthodologique a été ouverte dès le 23 mai, afin de construire un référentiel de «bonnes pratiques».
«Une centaine de participants ont contribué à définir les principes méthodologiques communs d’évaluation des impacts environnementaux, publiés mi-juillet. Ce travail va se poursuivre à partir de septembre, dans le cadre de groupes de travail qui vont préciser des indicateurs et des modes de calcul par familles de produits», explique Christine Cros. Autre chantier clé : la mise en place d’une base de données publiques pour alimenter l’affichage. «Certains éléments du cycle de vie sont propres à un produit ou à un distributeur, d’autres sont génériques. À titre d’illustration, il est inutile de recalculer le coût écologique de la production de l’acier pour chaque produit contenant cette matière, il suffit d’avoir un chiffre standard. Par ailleurs, certaines informations, concernant par exemple les étapes agricoles, sont difficiles à collecter sur le terrain.»
Pour permettre un affichage portant sur le cycle de vie complet des produits, il reste donc à rassembler des données normalisées utilisables par tous, en les créant lorsqu’elles ne sont pas disponibles, et en intégrant les référentiels européens en cours d’élaboration. Un gros travail pour l’ADEME, qui doit aboutir avant l’entrée en vigueur de l’obligation d’affichage, dans moins de trois ans…

 

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