Photographie aérienne à infrarouge
La photographie à infrarouge permet d’établir des thermicartes précises.

  Une opération d'envergure qui mobilise de nombreux acteurs  
     
 

Économiser l’énergie et développer des énergies alternatives : la thermographie aérienne paraît bien adaptée à la ville de Bordeaux, qui possède beaucoup de maisons individuelles.
« Le bâtiment est un gisement important d’économies d’énergie. Dans une ville
qui possède autant de maisons, il y a beaucoup d’économies à faire en sensibilisant les habitants à l’état de leur isolation », indique Éric Aufaure. L’opération s’est montée à l’initiative de la mairie, en partenariat avec la chambre économique de Bordeaux, et de l’ADEME. La mairie a investi 60 000 euros, l’ADEME, 45 000. Deux opérateurs énergétiques, Gaz de Bordeaux et EDF, ainsi que Leroy Merlin, ont également soutenu l’opération à hauteur respectivement de 35 000, 20 000
et 50 000 euros.

 
 
 
 
Aquitaine
Bordeaux prend les fuites de haut

À Bordeaux, la thermographie aérienne est utilisée pour mesurer les pertes d’énergie dues aux toits mal isolés. Cette initiative est suivie d’actions de sensibilisation et d’information sur les travaux à réaliser. Pour ne plus jeter la chaleur par les toits.

Après Dunkerque et Reims, c’est au tour de Bordeaux de se lancer dans la thermographie aérienne. Un mot savant pour désigner un concept simple :
la photographie à infrarouge des toitures de la ville.
« L’objectif, explique Éric Aufaure, ingénieur en charge du pôle Bâtiment et Activité économique à la délégation régionale Aquitaine de l’ADEME, était de qualifier les performances énergétiques de l’ensemble des toits de Bordeaux. »
Problèmes d’isolation récurrents ou fuites ponctuelles, la thermographie permet de mettre en évidence les pertes d’énergie, avec un degré de précision étonnant. Pourquoi mesurer les performances énergétiques des toits ?
«Parce qu’à eux seuls, ils peuvent faire perdre 30 % de l’énergie de chauffage d’un bâtiment et que les retours sur investissement, si l’on choisit de rénover, sont assez rapides, de l’ordre de 5 à 10 ans», précise Éric Aufaure.
Réalisée en plein hiver, entre 6 h et 8 h du matin, l’étape photographique a donné lieu à une analyse des résultats qui s’est achevée fin mai. Elle a ensuite été suivie d’une phase de communication et d’accompagnement, adaptée selon la cible.
Les bailleurs sociaux sont contactés individuellement par l’ADEME, et les particuliers
– propriétaires et locataires – sont invités à venir constater l’efficacité énergétique de leur toiture dans les Espaces Info-Énergie de l’ADEME ainsi que sur des salons et forums. «L’opération est d’abord un moyen de sensibiliser les habitants et d’amorcer un dialogue entre ceux-ci et les conseillers Info-Énergie. Ce qui fournit l’occasion de parler d’autres sources d’économie d’énergie, comme l’entretien des chaudières», souligne Éric Aufaure.

  2tudiant bordelais participants à l'information du public
Des étudiants bordelais ont participé à l’information du public.
   

Bénéficier d’un diagnostic fiable
Au cours de cette visite, les habitants peuvent bénéficier d’une aide en deux temps : d’abord une interprétation de la thermographie de leur toit couplée à un prédiagnostic (quels travaux réaliser en fonction des points à améliorer) ; ensuite, un conseil personnalisé sur les solutions techniques et matérielles à mettre en place, accompagné d’une information concernant les crédits d’impôts. L’opération de sensibilisation va s’étendre sur deux ans pour permettre aux habitants de planifier leurs travaux dans le temps. Et s’il est encore trop tôt pour en mesurer l’impact, les appels et les prises de rendez-vous commencent à se multiplier, preuve qu’elle a été bien ciblée. «L’actualité fait que les particuliers sont très sensibles aux problématiques énergétiques et environnementales, ils veulent bien faire. Ils sont donc friands de conseils précis en matière d’économie d’énergie», conclut Éric Aufaure.