Polynésie française
Sable blanc, cocotiers et centrales électriques
Petite île isolée de l’archipel des Tuamotu, Makatea s’est dotée d’une centrale hybride. Une initiative appuyée par l’ADEME.
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Rangiroa. Un atoll de l’archipel des Tuamotu, à 350 km de Tahiti. Des cocotiers, des plages de sable blanc, de merveilleux sites de plongée. À 100 km de Rangiroa, une de ses trois communes associées : l’île de Makatea (7,5 km du nord au sud sur 7 km de large), cernée de falaises impressionnantes… Ce qui distingue Makatea de toutes les îles voisines ? Sa centrale électrique hybride. La première du genre en Polynésie française. Fonctionnant à la fois au solaire, via des panneaux photovoltaïques, et au diesel classique, cette centrale approvisionne en électricité
les 90 habitants de l’île, jusqu’alors abonnés aux groupes électrogènes.
L’idée de construire une centrale à Makatea date de 1999. «La Polynésie française est constituée d’archipels isolés, éloignés les uns des autres et très peu habités, explique Rémi Bonnet, représentant de l’ADEME dans la région. Pour des raisons pratiques, bon nombre de communes possèdent des groupes électrogènes et gèrent elles-mêmes leur électricité.» Or les groupes électrogènes produisent une électricité chère – à base de gasoil – et polluante. « D’autant qu’il faut acheminer les bidons de gasoil et de lubrifiants par bateau, les stocker, puis les renvoyer aux distributeurs, ce qui accroît encore les risques de pollution», précise Rémi Bonnet.
Le solaire, une solution adaptée à la Polynésie
Difficile d’accès en raison de ses falaises escarpées (près de 70 mètres de haut), ne disposant ni d’un aéroport ni d’un port réellement opérationnel, Makatea cherche une alternative. En 1999, elle choisit de confier la concession de sa production et de sa distribution d’électricité à l’opérateur public EDT (Électricité de Tahiti), via sa filiale Electra. Electra propose d’expérimenter une énergie à la fois plus propre, plus économique et très abondante : l’énergie solaire.
Une centrale pilote, mi-photovoltaïque mi-diesel, voit donc le jour. Les bénéfices sont immédiats : outre la suppression des risques de pollution et les économies effectives réalisées – on importe aujourd’hui à Makatea quatre fois moins de gasoil qu’avant la construction de la centrale –, les coûts de maintenance et d’exploitation sont considérablement allégés. L’entretien courant est très simple : il suffit de s’occuper du niveau des batteries et du nettoyage des panneaux. Les habitants disposent désormais d’une carte de pré-paiement pour régler leurs factures d’électricité. La nouvelle centrale a offert l’occasion de les responsabiliser sur le coût de l’énergie.
Pour Rémi Bonnet, le photovoltaïque et/ou l’éolien sont incontournables en Polynésie française. Les coûts de l’électricité y sont parmi les plus chers du monde, en raison de l’éloignement et du marché réduit. «Ici, l’ensoleillement est exceptionnel et les alizés réguliers, conclut-il. Ce serait vraiment dommage de ne pas profiter de ces atouts
100 % naturels.»
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