Coopération transfrontalière
L’énergie de rive en rive

Initié en 2000, un programme de coopération entre la Corse, la Sardaigne et la Toscane sur les questions énergétiques, s’est achevé en 2006. Énergies renouvelables, maîtrise des consommations, réseaux de gaz naturel… : comment tenir le cap.

Corse, Sardaigne, Toscane… Trois territoires liés par la mer Tyrrhénienne, unis par l’histoire et de nombreux échanges économiques et culturels. C’est justement sous le signe de l’échange qu’a démarré en 2000 le projet communautaire Interreg III A Sergan. Objectif : favoriser le travail en commun sur des questions énergétiques, et plus précisément sur le développement des énergies renouvelables, la maîtrise des consommations dans le secteur du bâtiment, et les possibilités de mise en place de réseaux locaux d’approvisionnement en gaz naturel. Pour mener à bien le programme, les institutions régionales, autorités de gestion du programme, ont désigné trois partenaires opérationnels. L’Agence régionale de l’énergie de Livourne (EALP) – par ailleurs coordinatrice générale du projet – était en charge des actions pour la Toscane, l’ADEME a été mandatée pour suivre le dossier en Corse, tandis que l’Agence de l’énergie de la province de Sassari (Multiss) a géré les opérations pour la partie sarde.

Optimiser l’implantation des parcs éoliens
Côté énergies renouvelables, le projet a débouché sur la réalisation, en partenariat avec l’Université de Gênes, d’un logiciel d’optimisation territoriale de l’implantation des parcs éoliens. «Concrètement, à partir des historiques de relevés météorologiques effectués sur une dizaine de sites du littoral corse, cet outil permet, à partir de l’analyse des régimes de vents, de déterminer la meilleure répartition sur le territoire des projets de parcs éoliens dans le but d’optimiser la quantité et la régularité de l’énergie injectée sur le réseau électrique », explique Philippe Istria, ingénieur à la délégation régionale de l’ADEME en Corse. Deuxième volet du programme : l’efficacité énergétique des bâtiments, ou comment consommer moins, et mieux… En Corse, dans un supermarché d’Ajaccio, a ainsi été testé un système d’enregistrement des consommations électriques, capable d’identifier et d’évaluer les différents postes de consommation. Les informations transmises automatiquement par Internet permettent au fournisseur du système d’établir un diagnostic précis et d’améliorer la performance énergétique globale. À l’issue de cette première expérimentation, le système Watteco a été utilisé par le centre hospitalier départemental de Castelluccio, toujours à Ajaccio, pour réaliser un diagnostic des consommations électriques de l’établissement.
Les enjeux du gazoduc Galsi Le troisième et dernier axe de travail était consacré au développement de réseaux de gaz naturel, actuellement inexistants en Corse.
« Un projet de mise en place d’un gazoduc entre l’Algérie, la Sardaigne et la Toscane a pris forme simultanément au lancement d’Interreg, souligne Philippe Istria.
Nous avons donc profité de cette opportunité pour entamer une étude de faisabilité de raccordement de la Corse à cette installation.» En novembre 2006, un colloque a réuni à Ajaccio Jean-Louis Bal (qui représentait Michèle Pappalardo, alors présidente de l’ADEME), les présidents du conseil exécutif et de l’Assemblée de Corse, le préfet de région ainsi que des partenaires institutionnels et industriels italiens pour présenter les résultats de cette étude. Aujourd’hui, le projet de gazoduc Galsi est en phase d’études d’investissements, et l’État français a instauré un groupe de travail avec EDF, Gaz de France et sa filiale GrT – en charge du transport du gaz – qui doit analyser de manière approfondie les possibilités de connexion et le trajet envisagé.
Les conclusions de cette étude sont attendues pour le milieu de l’année 2009.