panneaux solaires  sur un auvant

 
La réponse de l’ADEME

 
     
 

L’investissement pour l’ensemble de l’installation - panneaux et ballons compris - était de 17 570 euros, pour le GAEC de la Grange-Vagnot. L’ADEME a apporté une subvention de 5 950 euros, et la région Rhône-Alpes 4 120 euros – soit 57 % d’aides.
«Le frein majeur, c’est l’investissement de départ. Mais les subventions sont là pour aider à sauter le pas. Grâce aux subventions, le retour sur investissement se fait dans les six à huit ans qui suivent l’installation. Une fois celle-ci amortie, c’est de la chaleur produite gratuitement pendant la durée de vie des panneaux solaires», indique Hervé Baffie, ingénieur entreprises à l’ADEME.
De nombreux agriculteurs de la région s’intéressent à la maîtrise de leur consommation d’énergie. Afin de faciliter leurs démarches, la délégation régionale de l’ADEME en Rhône-Alpes formalise actuellement un partenariat avec les chambres d’agriculture de la région.

 
 

 

GAEC La Grange Vagnot
L’eau chaude solaire, pour les vaches aussi

Un Groupement agricole d’exploitation en commun chauffe grâce à l’énergie solaire l’eau utilisée pour nettoyer la salle de traite des vaches. Économie substantielle et bénéfice environnemental : l’énergie solaire n’est pas un pis-aller.

  Les trois ballons d’eau de 600 litres chacun alimentés par les panneaux solaires
Les panneaux solaires alimentent trois ballons d’eau de 600 litres chacun.
   

Depuis 2006, le groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) de La Grange Vagnot, dans l’Ain, recourt à l’énergie solaire pour produire l’eau chaude nécessaire à l’entretien de sa salle de traite. Cette exploitation n’en est pas à son premier geste environnemental : elle a déjà acquis, il y a plusieurs années, un système de pré-refroidissement du lait qui fonctionne sans électricité, par un échange thermique avec un flux d’eau froide. L’élevage de 100 vaches et la production de lait constituent en effet une part importante de l’activité de ce GAEC, qui a décidé d’aménager une salle de traite de 20 places en 2005. Problème : l’entretien de cette salle, du tank à lait et des vaches nécessite la production quotidienne de 750 litres d’eau à 60 °.
Un poste de dépense énergétique important… Comment réduire à la fois la facture et les émissions polluantes ? Le GAEC s’est alors intéressé à des équipements solaires, déjà mis en place dans une exploitation voisine. Alain Grenier, l’un des trois associés, s’est renseigné auprès d’Hélianthe, l’Espace Info-énergie de l’Ain, à Bourg-en-Bresse. Hélianthe a accompagné le GAEC tout au long du projet, en commençant par définir avec eux les besoins et l’énergie qui pourrait être apportée par le solaire.
Résultats : le chauffage de l’eau pour la salle de traite requiert 15 700 kWh par jour pour la production de 750 litres d’eau chaude ; 8 200 kWh (soit 52 %) pourraient être fournis par des panneaux solaires thermiques.
Pour la réalisation du projet, la délégation régionale de l’ADEME en Rhône-Alpes a orienté Alain Grenier vers un chauffagiste spécialisé dans ce type d’équipements. Celui-ci a commandé les panneaux (17,5 m2 au total) et les a installés sur la façade sud du bâtiment agricole en 2006. Il a également mis en place trois ballons de 600 litres.
Soit une capacité maximale de 1 800 litres d’eau chaude.

Réduction des charges
En été et au printemps, la seule énergie solaire d’une journée suffit à remplir deux ballons... De quoi faire des réserves appréciables d’eau chaude. Un des trois ballons est raccordé à la fois aux panneaux solaires et à deux résistances électriques : c’est le système d’appoint, qui ne fonctionne plus qu’en automne et en hiver, soit la moitié de l’année. «La facture d’électricité est d’ores et déjà réduite de moitié sur l’année. De plus, le système d’appoint, qui est beaucoup moins sollicité, va durer plus longtemps. Enfin, conséquence pour l’environnement: les panneaux solaires permettent d’éviter la production de 1,5 tonne de CO2 par an, explique Hervé Baffie, ingénieur Entreprises à l’ADEME. Dans des activités comme la production laitière, où les coûts sont fixes, la seule marge de gain est la réduction des charges, en premier lieu de l’énergie. Ce qui est possible grâce au solaire».
L’énergie solaire est donc un pari gagnant, et qui offre un intérêt économique substantiel pour les agriculteurs.