La réponse ADEME  
     
 

La chaufferie bois ? Une solution d’avenir
La nouvelle chaufferie a fait l’objet d’un investissement conséquent – plus de 4 millions d’euros – compensé en grande partie par les économies à venir. Elle va permettre de chauffer environ 6 000 logements, soit près de 30 % des habitants de Blois, tout en constituant un débouché non négligeable pour les industries de bois de la région. L’ADEME a joué un rôle d’incitateur et a accompagné la ville de Blois dans toute la démarche, de la réalisation de l’étude d’approvisionnement en bois à la visite d’autres chaufferies au bois.
Elle a également contribué au projet en versant, avec le conseil régional, une subvention calculée pour que le projet soit amorti en 10 ans. «Ce projet est en phase avec le plan énergie mené par le Gouvernement et par l’ADEME. Dans un contexte énergétique incertain, il constitue une solution très sécurisante», estime Francis Pellevoizin.

 
 
 

 

Centre
Blois donne des ailes au bois

Une chaufferie équipant principalement des logements sociaux valorise la ressource locale de bois. Réduction d’émission de CO2 et économies financières : voilà de quel bois on se chauffe à Blois.

À Blois, en région Centre, une chaufferie bois destinée à alimenter le réseau de chaleur des quartiers nord de la ville vient d’être mise en service. «Techniquement, le projet n’est pas particulièrement innovant – il en existe d’autres en France –, mais il est exemplaire car il s’appuie sur l’exploitation des ressources locales», souligne Pierre-Louis Cazaux, de la délégation régionale Centre de l’ADEME. La région regorge en effet de bois et de scieries produisant quantité de produits connexes (écorces et sciures). «Il était intéressant de les valoriser», continue-t-il. Dans les années 80, la ville de Blois, très soucieuse du respect de l’environnement, avait déjà fait le choix de raccorder la chaufferie, alimentée à l’époque au fioul lourd, à l’usine d’incinération des ordures ménagères. En 2005, la ville a décidé de franchir un pas supplémentaire dans l’utilisation des énergies renouvelables. Très abondant au plan local, le bois semblait une solution intéressante. «Si le bois brûlé sans contrôle peut engendrer des pollutions dommageables, il faut savoir que les chaudières au bois se conforment à des arrêtés extrêmement précis qui permettent de limiter les émissions polluantes», tient à préciser Pierre-Louis Cazaux. Pour s’assurer de la faisabilité du projet, deux études ont été menées : l’une sur l’implantation d’une chaudière bois, l’autre sur la disponibilité en bois de la région. Il est apparu que sur les 20 000 tonnes de bois non valorisées en Loir-et-Cher, la nouvelle chaudière permettrait d’en valoriser 11 000. Le projet a donc été adopté.

D’importantes économies en perspective
Ce choix fait d’autant plus sens qu’il va pour l’essentiel équiper des logements sociaux. «Nous y voyons au moins trois sources d’économies dont vont pouvoir bénéficier, de manière plus ou moins directe, les usagers de ces habitations à loyer modéré», se félicite Francis Pellevoizin, responsable du service énergie au service technique de la ville de Blois. Premier point, la TVA. La part d’énergies renouvelables dépassant le seuil de 60 %, celle-ci va passer de 19,6 % à 5,5 % sur la totalité de la facture. Autre avantage, la chaudière permettra d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 5 000 tonnes de CO2 par an. Or, comme toute chaufferie urbaine, elle est soumise à un seuil d’émission de CO2 appelé quotas de CO2. La réduction des émissions jusqu’au-dessous du seuil imposé ouvrira droit à un apport financier qui sera répercuté sur les abonnés, c’est-à-dire les offices HLM. Dernier élément, le contrat d’approvisionnement en bois a été négocié sur une durée de 10 ans, garantissant des prix stables sur le long terme. Un argument de poids à l’heure où le pétrole et, dans une moindre mesure, le gaz ne cessent d’augmenter