forage géothermiquee

  La réponse ADEME  
     
 

Une aide exceptionnelle de
1,4 M euros

Le forage géothermique d’Orly constitue une opération exceptionnelle. La demande d’aide de l’Opac du Val-de-Marne auprès de l’ADEME a donc été instruite en dehors des cadres habituels ; c’est finalement le conseil d’administration de l’Agence qui a décidé d’allouer, à titre dérogatoire, une subvention de 1,4 million d’euros. Un système d’aide relatif aux opérations de géothermie devrait entrer en vigueur en 2008. L’ADEME a également financé la moitié de l’étude de faisabilité de 122 000 euros réalisée par le cabinet Alain Boisdet, chargé d’une mission d’information et de conseil auprès du maître d’ouvrage.

 
 
 

 

Ile-de-France
Géothermie, des nappes au goût du jour

Les vastes nappes d’eau chaude qui composent son sous-sol permettent à l’Ile-de-France d’alimenter une partie de son chauffage urbain. La géothermie, une idée à creuser.

L’Ile-de-France possède dans son sous-sol de vastes formations aquifères contenant de l’eau chaude. Prélevée, cette eau chaude peut être valorisée thermiquement via un échangeur de chaleur pour alimenter un réseau de chauffage urbain. C’est la géothermie. Une trentaine de doublets (voir encadré « Bonne pratique ») desservent plus de 150 000 équivalent logements en région parisienne (sur 200 000 en France). À Orly et Choisy, 8 000 logements seront bientôt chauffés par de l’eau à 76 °C prélevée à 1 700 mètres de profondeur : la construction d’un doublet de forage a été lancée, en juillet 2007, par l’Office public d’aménagement et de construction (Opac) du Val-de-Marne. C’est le premier dans la région depuis 1996. Car les travaux d’un doublet coûtent cher : celui réalisé à Orly devrait atteindre 11 millions d’euros. Malgré ce prix, l’Opac du Val-de-Marne espère réaliser des économies sur son système actuel de chauffage : la géothermie revient à 27 euros le MWh, contre 40 euros pour le gaz. L’économie annuelle atteint 150 à 200 euros pour une famille de quatre personnes, soit l’équivalent de 20 à 30 % d’une facture moyenne de chauffage.

Réduction de CO2 et économies
L’opération a commencé en 2006 dans le cadre du plan de relance de la géothermie profonde en Ile-de-France initié en 2004 par l’ADEME, l’Arene (Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies), et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). L’ADEME a financé 50 % de l’étude de faisabilité réalisée en 2006 par le bureau d’études Antea. Après l’obtention des autorisations administratives, l’entreprise Cofor a été sélectionnée en 2007 pour le forage. La mise en service du doublet est intervenue à la fin février 2008. « Deux autres opérations devraient avoir lieu en Ile-de-France en 2008 – signe que la géothermie repart», observe Norbert Bommensatt, ingénieur énergie à la délégation Ile-de-France de l’ADEME .Pour permettre au maître d’ouvrage de se prémunir contre les risques géologiques (une ressource géothermale présentant une température insuffisante, par exemple), l’ADEME a réactivé le fonds de garantie créé en 1981 par l’AFME et géré par la Société auxiliaire de financement (SAF) Environnement, filiale de la Caisse des dépôts et consignations. L’Opac a signé une convention avec la SAF en juillet 2007. Avec un débit de 300 m3/h, contre 250 m3/h auparavant, le nouveau puits sera plus performant. Et il évitera le rejet annuel de 10 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

 
Bonnes pratiques
 
Un doublet sinon rien
L’eau prélevée par un forage géothermique, à plus de 1 500 mètres de profondeur, est généralement salée et/ou chargée en sulfures, donc corrosive. Il est interdit de la rejeter en surface. Après utilisation, il faut donc la réinjecter dans l’aquifère d’origine à l’aide d’un second puits, ce qui permet aussi de préserver la ressource : c’est le concept de doublet géothermique. Pour que l’eau réinjectée ne vienne pas refroidir l’eau chaude prélevée, le forage est réalisé avec déviation pour que le puits de réinjection se trouve éloigné du puits de production.