Local de la blanchisserie de Martigues
Le local a été aménagé pour réorganiser
les flux de linge.

  EN CHIFFRES  
 

Économie d’énergie : 1 GWh par an
Surcoût de l’investissement : 1,1 million d’euros
Gains nets sur cinq ans : 214 417 d’euros

Financement :
• Ville de Martigues : 150 000 euros
• Centre hospitalier de Martigues :
185 000 euros
• GIP Blanchisserie Ouest Étang-de-
Berre : 1 590 874 euros
• ADEME : 267 579 euros
• Région PACA : 178 386 euros
• Fonds européen de développement régional (Feder) : 267 579 euros

 
 
 

 

PACA
le linge passe sur programme court

À Martigues, un service de blanchisserie utilise une technique inédite permettant d’économiser jusqu’à 40 % d’énergie. Soutenu par l’ADEME, le projet, initié en 2004 par une demande du centre hospitalier, a bientôt associé deux autres structures : comment laver son linge sale en GIP…

La blanchisserie de Martigues (Bouches-du-Rhône), le linge est bien lavé : il est nettoyé par des machines «éco-performantes», dans un local respectueux de l’environnement. Aboutissement d’un travail de longue haleine engagé en 2004 avec l’ADEME au centre hospitalier, l’installation a été inaugurée en septembre dernier.
«Le centre hospitalier de Martigues nous a contactés, cette année-là, parce qu’il souhaitait remplacer le matériel de sa blanchisserie au fur et à mesure de son obsolescence», explique Anne-Marie Fruteau de Laclos, ingénieur au pôle entreprise de la délégation PACA de l’ADEME. L’atelier traitait alors 3,8 tonnes de linge par jour, dans une vaste pièce de 910 m2 ventilée par de l’air rafraîchi, sans aucun cloisonnement phonique ni thermique des équipements.

Du diagnostic énergie à la création d’un GIP
L’ADEME a proposé au centre hospitalier de réaliser dans un premier temps un diagnostic énergie, suivi d’une étude de faisabilité pour finaliser le choix de son matériel. Le projet a pris ensuite une autre dimension : devant la demande de deux autres structures – la Ville de Martigues et la maison de retraite d’Istres – pour un service de blanchisserie traitant 200 kg de linge par jour, un groupement d’intérêt public rassemblant les trois structures, le GIP Blanchisserie Ouest étang-de-Berre, a été créé en mai 2005. L’objectif ? Se doter de matériel performant, capable d’accepter une augmentation des flux de linges à traiter (4 tonnes par jour), tout en limitant les consommations énergétiques. L’ADEME a apporté au GIP son retour d’expérience sur les blanchisseries au niveau national, des conseils sur le choix des appareils et son soutien financier avec la région et l’Europe.

Une technique innovante
Le GIP, associant étroitement le personnel de la blanchisserie à la prise de décision, a choisi le chauffage en gaz direct pour le séchage du linge : un brûleur, et non une chaudière, produit directement l’air chaud soufflé dans les tambours des machines. Une première dans une blanchisserie de cette capacité en France. Cette technologie diminue considérablement les coûts, puisque toute la chaleur provenant de la combustion du gaz est contenue dans l’air de séchage, offrant un gain potentiel d’énergie de 40 %. La chaudière, dont la fourniture d’énergie se limite désormais aux besoins du tunnel de lavage, a pu être remplacée par une unité moins puissante. Le tunnel de lavage, lui aussi, a été remplacé par un équipement permettant de compartimenter les étapes de lavage, avec en outre une réutilisation de la chaleur des rejets liquides. Les consommations en eau sont ainsi réduites de 50 % et celles de lessive de 30 %. Enfin, le local a été aménagé pour réorganiser les flux de linge (tri, lavage, pliage, séchage…) et cloisonner les activités selon leurs caractéristiques (chaleur, ventilation, humidité…). Au total, la nouvelle blanchisserie économise, chaque année, près de 1 GWh d’énergie.

 
Bonne pratique
 
Un aménagement économe en énergie
Le projet du GIP Blanchisserie Ouest Étang-de-Berre s’est aussi attaché à réaliser un aménagement cohérent des locaux techniques, anciennement configurés en une vaste enceinte non cloisonnée, comme dans la plupart des blanchisseries industrielles traditionnelles. Pour réduire les dépenses énergétiques et augmenter le confort du personnel, un cloisonnement a été réalisé selon la nature des impacts à traiter : émission de chaleur, ventilation, production d’humidité… Le traitement de l’air est ainsi limité aux espaces de présence du personnel, réduisant par dix les besoins en air neuf. Les plafonds et les parois entourant le matériel émissif ont été dotés d’une isolation phonique et thermique. Des économies supplémentaires sont attendues avec la mise en place d’éclairages performants poste par poste et l’installation d’échangeurs thermiques sur les rejets d’air extrait.