Nord
Lille a un ticket avec le biogaz
Inauguré en septembre, le Centre de valorisation organique (CVO) de Sequedin va produire chaque année plus de 4 millions de m3 de méthane issus du traitement des biodéchets de la métropole lilloise. Le biogaz alimentera une centaine de bus de la communauté urbaine. Un projet exemplaire et inédit en France.
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Le CVO est installé
en bordure du canal de
la Deûle, ce qui a permis l’installation d’un système de transport des déchets par voie fluviale. |
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Lille Métropole n’en est pas à son coup d’essai dans l’aventure du biogaz. En 1994 déjà, la collectivité avait expérimenté un centre de production de méthane-carburant sur la station d’épuration de Marquette. Cinq ans plus tard, après avoir étendu la collecte sélective des ordures ménagères, la communauté votait le remplacement total et progressif de sa flotte de bus au fioul par des véhicules fonctionnant au gaz et au biogaz. «Le projet était dès l’origine très avant-gardiste, s’inscrivant dans un triptyque “Jeter moins, trier plus, traiter mieux”», souligne Agnès Jacques, responsable du dossier CVO à la délégation Nord-Pas-de-Calais de l’ADEME.
L’Agence a en effet accompagné Lille Métropole (voir encadré ci-contre) tout au long des phases préparatoires à la construction, entamée en 2005, du Centre de valorisation organique, aujourd’hui en phase de test.
«Le CVO produit du biogaz brut depuis mai dernier et nous travaillons actuellement à la mise en place des instruments d’épuration permettant d’obtenir un carburant de qualité similaire au gaz naturel», explique François Flamant, chef du projet à la Communauté urbaine de Lille. Le gaz obtenu sera ensuite directement injecté dans une canalisation dédiée vers le dépôt de bus nouvellement créé à côté du CVO.
Navette fluviale
Avec une capacité de traitement de 108 000 tonnes de biodéchets par an, le centre de Sequedin est l’un des plus importants de France. Les déchets proviennent des ménages, des déchèteries, des marchés et du secteur de la restauration collective… Et le CVO, installé en bordure du canal de la Deûle, est associé à un système de transport par voie d’eau des différents flux de déchets. «Le territoire est divisé en deux zones de collecte. L’ensemble des ordures ménagères du sud de l’agglomération arrive par benne au CVO où sont traités les biodéchets. La partie incinérable est quant à elle acheminée par barges jusqu’au Centre de valorisation énergétique d’Halluin, au nord. De la même manière, les biodéchets collectés au nord du territoire et réceptionnés à Halluin sont transportés à Sequedin par péniche», précise Agnès Jacques. Cette navette Nord-Sud permet d’éviter chaque année la circulation de 11 000 camions dans la métropole lilloise.
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Bonne pratique |
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Démarche pionnière
Le système mis en place par la Communauté urbaine de Lille est actuellement unique en France. Le Bilan carbone® global pour l’équipement est équivalent à une économie de 2 490 tonnes équivalent CO2. En Europe, Stockholm et Göteborg ont adopté le même principe. Lille Métropole coordonne par ailleurs le projet Biogasmax, rassemblant 28 partenaires européens. Objectif : démontrer que les collectivités peuvent, à partir notamment du traitement des déchets organiques, produire du carburant de haute qualité destiné aux transports publics, aux bennes à ordures, etc. |
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