Bonne pratique  
 

Mesurer l’impact réel des actions mises en place
L’ADEME a initié des projets de maîtrise de l’énergie sur les îles de Sein et d’Hoëdic, en Bretagne. Elle se charge également de leur évaluation. Une vingtaine d’habitants se sont portés candidats pour faire l’objet d’un suivi de leurs consommations. Il sera ainsi possible de mesurer les impacts réels des actions mises en place. L’ADEME assiste également la commune de Sein dans la mise en place du recyclage des appareils frigorifiques.

 
 
 

 

Bretagne
La lutte des îles pour l’autonomie énergétique

À l’est de La Rochelle, la communauté de communes Plaine d’Aunis est la première collectivité de moins de 20 000 habitants à obtenir une certification ISO 14001 pour la réalisation d’une zone artisanale. Un projet exemplaire respectueux du Système de management environnemental (SME) soutenu par l’ADEME.

Comment réduire sa dépendance au fioul ? Cette question touche de nombreuses îles. Nombre d’entre elles ne sont pas raccordées au réseau électrique et utilisent l’énergie fossile pour s’éclairer, se chauffer, produire du froid et de l’eau chaude sanitaire. Sur l’île de Sein, au large de la Pointe-du-Raz, les groupes électrogènes au fioul produisent chaque année 1 450 MWh d’électricité dont 10 % pour le désalinisateur d’eau de mer qui fournit l’eau potable aux 250 habitants. L’ADEME, EDF et la région Bretagne se sont associées pour aider 100 foyers à maîtriser leur consommation d’énergie. «L’objectif est d’éviter la production annuelle de 15 tonnes de CO2», explique Nicolas Picou, ingénieur en charge des économies d’énergie à la délégation régionale Bretagne de l’ADEME.

15 000 kWh économisés par an
750 ampoules basse consommation, achetées par EDF, ont été livrées chez les particuliers depuis 2005. Prix : 1 euro. Elles permettent une économie de 30 000 kWh par an. 52 réfrigérateurs et congélateurs de classe A+ ou A++ ont été installés dans les foyers entre janvier et août 2007, réduisant la facture énergétique annuelle de
15 000 kWh. Les habitants bénéficient d’une aide de 50 %, plafonnée à 300 euros, financée par la Région et EDF. 20 appareils sont encore disponibles. Sur le même principe, 326 économiseurs d’eau sont proposés. La moyenne de consommation d’eau par habitant, déjà peu élevée à Sein (50 litres par jour, contre 120 litres pour l’ensemble des Bretons), pourrait être abaissée à 40 litres.

Osmoseur et économiseur…
Une large partie du programme est consacrée à la réduction de l’activité de l’unité de désalinisation ; 1 m3 d’eau potable nécessite 8,6 kWh, soit 2,4 litres de fioul et un rejet de 7,7 kg de CO2. Le nouvel osmoseur, équipé d’un récupérateur d’énergie, devrait permettre d’économiser 60 % d’énergie, soit 54 000 kWh par an. «Les Sénans ont été bien sensibilisés, mais il faut aussi informer les touristes, qui ont une influence notable sur la courbe des consommations : en été, la population passe à 1 500 habitants, souligne Nicolas Picou. L’ADEME va donc apposer des affiches, des plaquettes et des autocollants dans les gîtes et les maisons en location.»
L’opération de distribution des équipements s’est poursuivie jusqu’à la fin 2007. L’ADEME, qui assure l’animation de ce programme de maîtrise de l’énergie sur l’île de Sein, aimerait aller plus loin, et discute avec ses partenaires sur les moyens de rendre l’île encore plus autonome : une installation photovoltaïque de 50 kWc et l’implantation de petites éoliennes pourraient ainsi réduire de moitié l’activité des groupes électrogènes. «Les énergies marines sont aussi envisagées, mais nous devons d’abord nous assurer de la faisabilité technique : les courants sont tellement forts dans le raz de Sein qu’ils rendent les fonds marins instables», conclut Nicolas Picou.

 
Kemenez, une île réhabilitée grâce aux énergies renouvelables
 
 
  L’île de Kemenez (Finistère) n’est pas raccordée au réseau électrique.
Kemenez, une autre île de la mer d’Iroise non raccordée au réseau électrique.
Après de nombreuses démarches administratives, le Conservatoire du littoral l’acquiert en 2003, avec un projet : préserver le patrimoine naturel
et architectural. L’île est mise à disposition d’un couple, qui doit mettre sur pied une petite exploitation agricole et ouvrir, dès 2008, des chambres d’hôtes pour 6 à 8 personnes. L’ADEME réalise un diagnostic énergétique qui conduit à proposer une solution hybride photovoltaïque et éolienne pour la production d’électricité et une installation solaire thermique pour la production de chaleur. Un groupe électrogène diesel fait l’appoint. Coût : 210 000 euros. L’ADEME, le Conservatoire du littoral, le Conseil régional de Bretagne et EDF en financent chacun un quart. L’Union européenne apporte aussi son soutien financier à travers le programme Interreg Isla.