AIR
La pression sur les POP s'intensifie. Entrée en vigueur en mai 2004, la convention de Stockholm vise à contrôler à l'échelle planétaire les émissions de 12 de ces substances (dont les dioxines-furannes).Le protocole d'Aarhus de 1998, en cours de révision, fixe par pays des objectifs chiffrés de réduction des émissions et devrait inclure de nouveaux POP (16 actuellement). « Ces deux textes incitent à recourir aux meilleures techniques disponibles. Pour les nouveaux POP visés, l'identification des sources d'émission les plus importantes va constituer un enjeu de taille à moyen terme », précise Emmanuel Fiani du département industrie et agriculture de l'ADEME.
Des polluants toxiques et persistants
Les POP ont des effets toxiques sur la santé
humaine et la faune. Ils présentent une forte
persistance dans l'environnement, des propriétés
de bioaccumulation (dans les tissus vivants) et peuvent
être transportés sur de longues distances.
Certains sont des sous-produits de réaction,
très souvent issus d'une combustion incomplète.
Principaux émetteurs les UIOM (Usines d'incinération
des ordures ménagères), certains procédés
industriels tels que la métallurgie ou des
sources diffuses comme les feux de décharge
ou de forêts. « Il est très
important de quantifier les émissions de ces
polluants afin d'une part, de pouvoir informer la
population et d'autre part, de savoir si les objectifs
de réduction sont bien respectés
», constate Emmanuel Fiani.
Améliorer les techniques de mesure
L'ADEME contribue à l'amélioration des techniques de mesure des émissions et au développement de méthodologies adaptées aux POP non encore mesurés ou aux émissions industrielles particulières telles que les émissions diffuses. C'est notamment le cas avec LECES pour les dioxines d'origine sidérurgique. L'Agence soutient aussi des programmes de R&D visant à mieux connaître les sources d'émission : le programme mené actuellement avec le secteur de la fonderie en est un exemple.
Agir à la source et traiter les rejets
La réduction des POP passe par une optimisation
des conditions de combustion (maintenir des températures
supérieures à 850°C par exemple).
Elle implique aussi une limitation des matières
organiques chlorées entrant dans le procédé
industriel. Dans certains process, il est possible
d'ajouter des inhibiteurs ou de refroidir rapidement
les gaz à des températures inférieures
à 250°C afin d'éviter la reformation
de dioxines/furannes. Un traitement des effluents
est souvent nécessaire : dépoussiérage
pour les dioxines particulaires, captation par un
adsorbant ou par oxydation catalytique (SCR) pour
les dioxines gazeuses. « Nous avons contribué
au développement de ces nouvelles techniques.
Celles-ci ont fait leurs preuves en incinération
de déchets avec, fin 2003, la moitié
du parc français équipée
», souligne Emmanuel Fiani. Mais ces techniques
ne sont pas systématiquement transposables
à toutes les situations. Avant de prendre une
décision, les industriels doivent faire des
études préalables pour trouver les solutions
les mieux adaptées. L'ADEME soutient ce type
d'études et peut apporter une aide à
l'investissement », conclut Emmanuel Fiani.
|