Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 99 / décembre-janvier 2005 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Les POP dans la ligne de mire

Face à l'inquiétude suscitée par la présence dans l'atmosphère de polluants organiques persistants (POP) dont la toxicité est reconnue, la réglementation se durcit et conduit à recourir à des techniques de réduction des émissions de plus en plus performantes.

AIR

La pression sur les POP s'intensifie. Entrée en vigueur en mai 2004, la convention de Stockholm vise à contrôler à l'échelle planétaire les émissions de 12 de ces substances (dont les dioxines-furannes).Le protocole d'Aarhus de 1998, en cours de révision, fixe par pays des objectifs chiffrés de réduction des émissions et devrait inclure de nouveaux POP (16 actuellement). « Ces deux textes incitent à recourir aux meilleures techniques disponibles. Pour les nouveaux POP visés, l'identification des sources d'émission les plus importantes va constituer un enjeu de taille à moyen terme », précise Emmanuel Fiani du département industrie et agriculture de l'ADEME.

Des polluants toxiques et persistants
Les POP ont des effets toxiques sur la santé humaine et la faune. Ils présentent une forte persistance dans l'environnement, des propriétés de bioaccumulation (dans les tissus vivants) et peuvent être transportés sur de longues distances. Certains sont des sous-produits de réaction, très souvent issus d'une combustion incomplète. Principaux émetteurs les UIOM (Usines d'incinération des ordures ménagères), certains procédés industriels tels que la métallurgie ou des sources diffuses comme les feux de décharge ou de forêts. « Il est très important de quantifier les émissions de ces polluants afin d'une part, de pouvoir informer la population et d'autre part, de savoir si les objectifs de réduction sont bien respectés », constate Emmanuel Fiani.

Améliorer les techniques de mesure
L'ADEME contribue à l'amélioration des techniques de mesure des émissions et au développement de méthodologies adaptées aux POP non encore mesurés ou aux émissions industrielles particulières telles que les émissions diffuses. C'est notamment le cas avec LECES pour les dioxines d'origine sidérurgique. L'Agence soutient aussi des programmes de R&D visant à mieux connaître les sources d'émission : le programme mené actuellement avec le secteur de la fonderie en est un exemple.

Agir à la source et traiter les rejets
La réduction des POP passe par une optimisation des conditions de combustion (maintenir des températures supérieures à 850°C par exemple). Elle implique aussi une limitation des matières organiques chlorées entrant dans le procédé industriel. Dans certains process, il est possible d'ajouter des inhibiteurs ou de refroidir rapidement les gaz à des températures inférieures à 250°C afin d'éviter la reformation de dioxines/furannes. Un traitement des effluents est souvent nécessaire : dépoussiérage pour les dioxines particulaires, captation par un adsorbant ou par oxydation catalytique (SCR) pour les dioxines gazeuses. « Nous avons contribué au développement de ces nouvelles techniques. Celles-ci ont fait leurs preuves en incinération de déchets avec, fin 2003, la moitié du parc français équipée », souligne Emmanuel Fiani. Mais ces techniques ne sont pas systématiquement transposables à toutes les situations. Avant de prendre une décision, les industriels doivent faire des études préalables pour trouver les solutions les mieux adaptées. L'ADEME soutient ce type d'études et peut apporter une aide à l'investissement », conclut Emmanuel Fiani.






La réglementation sur les dioxines-furannes
Seule l'incinération des déchets fait l'objet d'une valeur limite à l'émission au niveau national (arrêtés de 2002). Toutes les UIOM existantes devront respecter le seuil de 0,1 ng I-TEQ / Nm3 à compter de décembre 2005. Pour les autres secteurs d'activités, les préfets peuvent fixer des valeurs limites pour certains sites, sur la base des meilleures techniques disponibles définies au niveau international.

 CONTACT    Emmanuel Fiani
Tél. : 02 41 91 40 14
emmanuel.fiani@ademe.fr