Un SIVOM mise sur la méthanisation des déchets
La méthanisation peut constituer une solution intéressante de traitement des déchets organiques. L'Ile-de-France possède un gisement méthanisable important qui pourrait représenter un potentiel énergétique de plus de 100 000 tep/an. À Varennes-Jarcy (Essonne), une première usine de traitement est mise en exploitation.
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ILE-DE-FRANCE
En Ile-de-France,
plus de 4,7 millions de tonnes de déchets ménagers
(hors déchets verts et encombrants) et 260
000 tonnes de déchets verts sont produits chaque
année. Selon une étude de l'ARENE, le
gisement mobilisable à l'horizon 2006 pour
la méthanisation s'élèverait
à 1,6 million de tonnes, soit une production
annuelle de biogaz équivalente à 110
000 tep/an et une production de 500 000 tonnes de
compost.
Associer bioréacteurs stabilisateurs
et digesteurs
Une unité de traitement des déchets
saturée, un compost de qualité moyenne,
l'émanation de mauvaises odeurs..., l'usine
de tri-compostage de Varennes-Jarcy gérée
par le SIVOM Vallée de l'Yerres et des Sénarts
avait atteint ses limites. « Après
une étude lancée en 1997, nous avons
opté pour un procédé de méthanisation
avec préparation des déchets par les
bioréacteurs stabilisateurs (BRS) rénovés.
Pour la phase méthanisation, trois digesteurs
d'une capacité unitaire de 4 500m3 ont été
construits, explique David Nadeau, directeur
général adjoint du SIVOM. L'ensemble
des installations a été conçu
afin de limiter l'émanation d'odeurs : tout
au long du process, des systèmes de captage
de l'air vicié ont été mis en
place et une "tour de lavage" de l'air -
unique en France - permet d'éliminer toute
odeur d'ammoniac. » Depuis sa mise en service
en 2003, la nouvelle usine reçoit des biodéchets
et des ordures ménagères résiduelles.
Les biodéchets sont issus d'un tri préalable
effectué par les ménages (essentiellement
dans les zones pavillonnaires) et font l'objet d'un
contrôle lors de leur réception, ce qui
garantit leur qualité. Les deux types de déchets
sont traités dans des digesteurs spécifiques
: un pour les biodéchets, deux pour les ordures
ménagères.
Deux gammes de composts (destinés soit aux
agriculteurs soit aux riverains) sont produits, celui
réalisé à partir des biodéchets
étant de qualité supérieure.
La décomposition des déchets dans les
digesteurs entraîne la production de biogaz
qui est récupéré. Les installations
marcheront à plein régime en 2005 et
permettront de traiter les déchets produits
par les 160 000 habitants des quinze communes adhérant
au SIVOM, soit 80 000 tIan. De plus, chaque tonne
de déchet fournira 180 kWh d'énergie
sous forme de biogaz.
Valoriser le biogaz
Actuellement, le biogaz est converti en électricité
et alimente le site du SIVOM, ce qui représente
une économie de plus de 120 k€/an. Le
surplus est acheté par EDF. Plusieurs autres
filières de valorisation du biogaz sont à
l'étude : transformation en carburant pour
les 40 véhicules du SIVOM et chauffage du nouvel
Hôtel de ville de Combs-la-Ville. L'opération
s'inscrit dans le cadre d'un contrat Terres Vives
signé entre le SIVOM, l'ADEME, Eco-Emballages,
la Région Ile-de-France et les départements
de Seine-et- Marne et de l'Essonne. « Sur
20 M€ d'investissement consacrés aux travaux
de rénovation et de construction, l'ADEME a
pris en charge une partie du coût des installations
de méthanisation (3,35 M€), indique
Isabelle Descos, de la délégation régionale
Ile-de-France de l'ADEME. L'intérêt
de cette opération est double. D'une part,
la filière méthanisation permet à
la fois une valorisation organique et une valorisation
énergétique des déchets. D'autre
part, grâce à l'association bioréacteurs
stabilisateurs et digesteurs, les déchets sont
préparés (pré-fermentation, élimination
des indésirables) et peuvent entrer plus facilement
dans la phase méthanisation.»
* ARENE : Agence régionale de l'énergie
et de l'environnement
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Les bioréacteurs stabilisateurs (BRS) ont été rénovés.
© G. Plagnol / ADEME |

Un des trois digesteurs construits pour la phase méthanisation. © G. Plagnol / ADEME |
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Le port de la Trinité-sur-Mer
se met au vert
Depuis quatre
ans, le port de la Trinité-sur-Mer (Morbihan) mène
de façon progressive des actions efficaces afin de
réduire les pollutions engendrées par ses activités.
Fin 2003, le port s'est engagé dans une démarche
de certification ISO 14 001.
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BRETAGNE
Soutenu par le Conseil général du Morbihan et la Fédération française des ports de plaisance (FFPP), le port de la Trinité-sur-Mer, qui compte plus de 1 200 places à flot, s'est lancé dans une démarche volontariste en matière de respect de l'environnement. Tout a commencé en 2001 par l'obtention du label "Pavillon bleu d'Europe", qui s'est traduite par la mise aux normes des équipements sanitaires et la valorisation des espaces verts du port. La même année, la mise en place d'un débourbeur-séparateur traitant les eaux de carénage chargées en métaux lourds et hydrocarbures a permis de diviser par mille la concentration de plomb des eaux de carénage.
Économies d'énergie et tri
des déchets
Depuis 2002, les plaisanciers disposent d'une pastille
électronique pour s'approvisionner en eau et
en électricité. Cette mesure a notamment
permis une économie d'eau d'environ 1 000 m3
par an. Parallèlement, le port a mis en place
une zone de tri sélectif des déchets
dangereux où les usagers peuvent déposer
pots de peinture vides, matériels et emballages
souillés, filtres à huile, batteries
ou huiles usagées. « Si au départ
les plaisanciers, surtout ceux de passage, ont montré
quelques réticences, souligne Jean-Jacques
Prévost, responsable d'exploitation du port,
depuis, les comportements ont évolué
grâce notamment à la mise en place de
panneaux d'information dans l'enceinte portuaire.»
Certification ISO 14001
Souhaitant s’engager encore plus dans la protection
de l’environnement, le port, avec la société
d’exploitation Sagemor qui gère également
huit autres ports du Morbihan, s’est engagé
fin 2003 dans une démarche de certification
ISO 14 001. Cette certification se traduira par de
nouveaux axes de progrès : dépôt
possible des piles dans la zone de tri, enterrement
de la cuve à huile, ramassage plus fréquent
des ordures ménagères par l’entreprise
de collecte, plus grande qualité des conteneurs,
meilleur suivi des consommations d’énergie
et d’eau…
La formation du personnel et la sensibilisation des
usagers (plaisanciers, prestataires, professionnels,
riverains, promeneurs) sont plus que jamais à
l’ordre du jour. Une nouvelle campagne de communication
est en préparation,
basée sur la diffusion d’une quinzaine
de dessins humoristiques aussi bien sur
les panneaux d’information du port que dans
les documents de communication.
« Après avoir fortement contribué
à la promotion du référentiel
ISO 14 001, notamment auprès des PME/PMI bretonnes,
grâce à des aides financières,
techniques et organisationnelles, - aujourd’hui
plus d’une dizaine d’entreprises
sont certifiées - nous avons décidé
de soutenir cette opération qui est novatrice
dans le domaine de la plaisance car la certification
ISO 14 001 ne concerne pour le moment que deux ou
trois structures de même type en France. Elle
est exemplaire car elle fait partie d’une démarche
groupée qui pourrait déboucher sur la
certification de huit autres ports », conclut
Patrick Danvert de la délégation régionale
Bretagne de l’ADEME.
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