Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 99 / décembre-janvier 2005 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 

Un SIVOM mise sur la méthanisation des déchets

La méthanisation peut constituer une solution intéressante de traitement des déchets organiques. L'Ile-de-France possède un gisement méthanisable important qui pourrait représenter un potentiel énergétique de plus de 100 000 tep/an. À Varennes-Jarcy (Essonne), une première usine de traitement est mise en exploitation.

ILE-DE-FRANCE

En Ile-de-France, plus de 4,7 millions de tonnes de déchets ménagers (hors déchets verts et encombrants) et 260 000 tonnes de déchets verts sont produits chaque année. Selon une étude de l'ARENE, le gisement mobilisable à l'horizon 2006 pour la méthanisation s'élèverait à 1,6 million de tonnes, soit une production annuelle de biogaz équivalente à 110 000 tep/an et une production de 500 000 tonnes de compost.

Associer bioréacteurs stabilisateurs et digesteurs
Une unité de traitement des déchets saturée, un compost de qualité moyenne, l'émanation de mauvaises odeurs..., l'usine de tri-compostage de Varennes-Jarcy gérée par le SIVOM Vallée de l'Yerres et des Sénarts avait atteint ses limites. « Après une étude lancée en 1997, nous avons opté pour un procédé de méthanisation avec préparation des déchets par les bioréacteurs stabilisateurs (BRS) rénovés. Pour la phase méthanisation, trois digesteurs d'une capacité unitaire de 4 500m3 ont été construits, explique David Nadeau, directeur général adjoint du SIVOM. L'ensemble des installations a été conçu afin de limiter l'émanation d'odeurs : tout au long du process, des systèmes de captage de l'air vicié ont été mis en place et une "tour de lavage" de l'air - unique en France - permet d'éliminer toute odeur d'ammoniac. » Depuis sa mise en service en 2003, la nouvelle usine reçoit des biodéchets et des ordures ménagères résiduelles. Les biodéchets sont issus d'un tri préalable effectué par les ménages (essentiellement dans les zones pavillonnaires) et font l'objet d'un contrôle lors de leur réception, ce qui garantit leur qualité. Les deux types de déchets sont traités dans des digesteurs spécifiques : un pour les biodéchets, deux pour les ordures ménagères.
Deux gammes de composts (destinés soit aux agriculteurs soit aux riverains) sont produits, celui réalisé à partir des biodéchets étant de qualité supérieure. La décomposition des déchets dans les digesteurs entraîne la production de biogaz qui est récupéré. Les installations marcheront à plein régime en 2005 et permettront de traiter les déchets produits par les 160 000 habitants des quinze communes adhérant au SIVOM, soit 80 000 tIan. De plus, chaque tonne de déchet fournira 180 kWh d'énergie sous forme de biogaz.

Valoriser le biogaz
Actuellement, le biogaz est converti en électricité et alimente le site du SIVOM, ce qui représente une économie de plus de 120 k€/an. Le surplus est acheté par EDF. Plusieurs autres filières de valorisation du biogaz sont à l'étude : transformation en carburant pour les 40 véhicules du SIVOM et chauffage du nouvel Hôtel de ville de Combs-la-Ville. L'opération s'inscrit dans le cadre d'un contrat Terres Vives signé entre le SIVOM, l'ADEME, Eco-Emballages, la Région Ile-de-France et les départements de Seine-et- Marne et de l'Essonne. « Sur 20 M€ d'investissement consacrés aux travaux de rénovation et de construction, l'ADEME a pris en charge une partie du coût des installations de méthanisation (3,35 M€), indique Isabelle Descos, de la délégation régionale Ile-de-France de l'ADEME. L'intérêt de cette opération est double. D'une part, la filière méthanisation permet à la fois une valorisation organique et une valorisation énergétique des déchets. D'autre part, grâce à l'association bioréacteurs stabilisateurs et digesteurs, les déchets sont préparés (pré-fermentation, élimination des indésirables) et peuvent entrer plus facilement dans la phase méthanisation

* ARENE : Agence régionale de l'énergie et de l'environnement




Les bioréacteurs stabilisateurs (BRS) ont été rénovés.
© G. Plagnol / ADEME


Un des trois digesteurs construits pour la phase méthanisation.
© G. Plagnol / ADEME


 CONTACT  Isabelle Descos
Tél. : 01 49 01 45 51
isabelle.descos@ademe.fr


Le port de la Trinité-sur-Mer
se met au vert

Depuis quatre ans, le port de la Trinité-sur-Mer (Morbihan) mène de façon progressive des actions efficaces afin de réduire les pollutions engendrées par ses activités. Fin 2003, le port s'est engagé dans une démarche de certification ISO 14 001.

BRETAGNE

Soutenu par le Conseil général du Morbihan et la Fédération française des ports de plaisance (FFPP), le port de la Trinité-sur-Mer, qui compte plus de 1 200 places à flot, s'est lancé dans une démarche volontariste en matière de respect de l'environnement. Tout a commencé en 2001 par l'obtention du label "Pavillon bleu d'Europe", qui s'est traduite par la mise aux normes des équipements sanitaires et la valorisation des espaces verts du port. La même année, la mise en place d'un débourbeur-séparateur traitant les eaux de carénage chargées en métaux lourds et hydrocarbures a permis de diviser par mille la concentration de plomb des eaux de carénage.

Économies d'énergie et tri des déchets
Depuis 2002, les plaisanciers disposent d'une pastille électronique pour s'approvisionner en eau et en électricité. Cette mesure a notamment permis une économie d'eau d'environ 1 000 m3 par an. Parallèlement, le port a mis en place une zone de tri sélectif des déchets dangereux où les usagers peuvent déposer pots de peinture vides, matériels et emballages souillés, filtres à huile, batteries ou huiles usagées. « Si au départ les plaisanciers, surtout ceux de passage, ont montré quelques réticences, souligne Jean-Jacques Prévost, responsable d'exploitation du port, depuis, les comportements ont évolué grâce notamment à la mise en place de panneaux d'information dans l'enceinte portuaire

Certification ISO 14001
Souhaitant s’engager encore plus dans la protection de l’environnement, le port, avec la société d’exploitation Sagemor qui gère également huit autres ports du Morbihan, s’est engagé fin 2003 dans une démarche de certification ISO 14 001. Cette certification se traduira par de nouveaux axes de progrès : dépôt possible des piles dans la zone de tri, enterrement de la cuve à huile, ramassage plus fréquent des ordures ménagères par l’entreprise de collecte, plus grande qualité des conteneurs, meilleur suivi des consommations d’énergie et d’eau…
La formation du personnel et la sensibilisation des usagers (plaisanciers, prestataires, professionnels, riverains, promeneurs) sont plus que jamais à l’ordre du jour. Une nouvelle campagne de communication est en préparation,
basée sur la diffusion d’une quinzaine de dessins humoristiques aussi bien sur
les panneaux d’information du port que dans les documents de communication.
« Après avoir fortement contribué à la promotion du référentiel ISO 14 001, notamment auprès des PME/PMI bretonnes, grâce à des aides financières, techniques et organisationnelles, - aujourd’hui plus d’une dizaine d’entreprises
sont certifiées - nous avons décidé de soutenir cette opération qui est novatrice dans le domaine de la plaisance car la certification ISO 14 001 ne concerne pour le moment que deux ou trois structures de même type en France. Elle est exemplaire car elle fait partie d’une démarche groupée qui pourrait déboucher sur la certification de huit autres ports »
, conclut Patrick Danvert de la délégation régionale Bretagne de l’ADEME.





© L.Richard / SAGEMOR

 CONTACT  Patrick Danvert
Tél. : 02 99 85 87 00
patrick.danvert@ademe.fr