Une
technologie propre
pour vaincre les COV
Depuis
décembre 2003, la société Erhel Hydris
utilise de la peinture en poudre pour assurer la finition
des hayons élévateurs. Une technologie qui évite
tout rejet de COV dans l’atmosphère, tout en
améliorant la productivité. |
| BOURGOGNE
Basée à Dijon, l'entreprise Erhel
Hydris fabrique depuis 30 ans des hayons élévateurs
à plates-formes en acier et en aluminium, à
raison de 500 unités par mois. Situés
à l'arrière de bon nombre de camions,
ces matériels sont particulièrement exposés
aux chocs et à la corrosion. « Jusqu'en
2003, nous utilisions de la peinture contenant des solvants,
procédé qui présentait deux inconvénients
majeurs : le rejet dans l'atmosphère de 5 tonnes
de COV par an et une tenue insuffisante »,
précise Jean-Pierre Bec, directeur général
d'Erhel Hydris. Pour répondre aux exigences de
ses clients et par anticipation se mettre en conformité
avec les réglementations sur les rejets de polluants
qui entreront en vigueur en 2005, Erhel Hydris a décidé
en 2002 de changer sa ligne de peinture. Deux solutions
ont été envisagées : l’utilisation
de peinture liquide ou l’emploi de peinture en
poudre polymérisable.
Des gains environnementaux et de productivité
« Malgré son coût deux fois
plus élevé, la deuxième solution
était nettement plus satisfaisante sur les plans
technique et environnemental, explique Jean-Pierre
Bec. La peinture en poudre améliore la qualité
des produits : elle offre une plus grande résistance
aux brouillards salins, responsables de la corrosion.
De plus, elle n'engendre aucun rejet de COV ».
L’ADEME a confirmé cet intérêt
environnemental. « Cette technologie
propre permet la réduction à la source
de toute émission de solvant et évite
ainsi un traitement des COV par incinération.
Le taux de perte est de moins 5 % avec la peinture
en poudre (contre 50 % avec la peinture liquide),
ce qui conduit à économiser la matière
première », déclare Cécile
Colson de la délégation Bourgogne de l'ADEME.
Une aide au surcoût d'investissement
D'un montant de 1 400 000 €, ce
projet d'envergure, qui a impliqué d'importantes
transformations des installations (grenaillage des pièces
d’acier, cabine de peinture, four…), a bénéficié
d'une aide de 192 000 € correspondant
à 30 % du surcoût lié à
l'emploi de la peinture à poudre . Cette aide
a été accordée par l’Union
européenne et le dispositif Prométhée.
Ce programme, auquel participent l’État,
le Conseil régional de Bourgogne et l'ADEME,
est destiné à soutenir les entreprises
locales désireuses d’investir dans des
technologies propres. « La démarche
d’Erhel Hydris illustre l’intérêt
de ces technologies. Elles représentent certes
un coût d’investissement élevé
pour l’entreprise. Mais elles engendrent des gains
environnementaux importants en allant au-delà
des contraintes réglementaires en vigueur. Enfin,
elles peuvent avoir des avantages induits conséquents
en termes de qualité des produits »,
conclut Cécile Colson. |
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Cap
sur la réhabilitation des décharges
Fin 2003, sur
les 585 décharges brutes ou sauvages recensées
dans le Puy-de-Dôme, 226 ont été réhabilitées
et 179 ont fait l’objet d’un pré-diagnostic
en vue de leur remise en état. Un programme d’une
ampleur exceptionnelle.
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| AUVERGNE
En 1999, à la demande du Conseil général
du Puy-de-Dôme et de l’ADEME, le BRGM a
réalisé un diagnostic des décharges
brutes dans le cadre du Plan départemental d’élimination
des déchets ménagers et assimilés
(PDEDMA). Objectifs : dresser un inventaire exhaustif
et évaluer les impacts écologiques (cours
d’eau, nappe phréatique…) et sanitaires
éventuels. « Ce travail a permis
de hiérarchiser les priorités d’action
et de proposer aux élus locaux des solutions
techniques de mise en sécurité »,
indique Christine Pagès, responsable déchets
au Conseil général.
Un "guichet unique"
Hydrologie, géologie, volume des déchets,
composition des dépôts… : la prise
en compte de huit “critères de sensibilité”
spécifiquement définis par l’ADEME
pour cette opération a permis de remplir une
grille d’analyse et de créer une base de
données informatisée. Chaque décharge
est ainsi, à une date donnée, caractérisée
avec une liste des travaux de remise en état.
« Le rôle du Conseil général
consiste à informer les municipalités
sur les financements auxquels elles peuvent prétendre
et à les accompagner pour monter les dossiers
de leur projet, poursuit Christine Pagès.
Nous constituons un “guichet unique”,
centralisant toutes les demandes. »
L’ADEME travaille en partenariat avec le Conseil
général et les services de l’État
au travers notamment de l’inspection des installations
classées. Elle participe au comité de
gestion des dossiers présentés par les
communes et décide avec ses partenaires de l’attribution
des aides financières. Celles-ci s’élèvent
à 50 % du montant des études de faisabilité
et à 40 % de celui des travaux. Une dernière
somme qui peut être doublée par des subventions
de l’Union européenne (FEOGA) jusqu’en
2006.
Un soutien jusqu’en 2009
Les travaux effectués varient selon le type de
décharge : élimination des encombrants,
confinement sous une couche d’argile, végétalisation,
aménagement en aire de jeux ou de pique-nique…
« Depuis le début du programme,
l’aide attribuée à la réhabilitation
des décharges s’est élevée
à 6,8 M€, dont 2,5 M€ du Conseil général
et de l’ADEME, précise Frédéric
Vernet, de la délégation Auvergne de l'ADEME.
Nous intervenons aussi sur le plan technique, notamment
à travers le suivi de la base de données
référençant l’ensemble des
sites, mais aussi par des conseils comme par exemple
la possibilité de trouver de l’argile adaptée
au confinement des dépôts à proximité. »
Un soutien appréciable pour les communes, qui
se poursuivra jusqu’en 2009. « L'exemplarité
réside dans la coordination par le Conseil général
des différents intervenants, le nombre important
de décharges concernées ainsi que dans
l’aide de longue durée accordée
à l’opération »,
conclut Frédéric Vernet. |
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