Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 96 / avril-mai 2004 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Une technologie propre
pour vaincre les COV
Depuis décembre 2003, la société Erhel Hydris utilise de la peinture en poudre pour assurer la finition des hayons élévateurs. Une technologie qui évite tout rejet de COV dans l’atmosphère, tout en améliorant la productivité.

BOURGOGNE
B
asée à Dijon, l'entreprise Erhel Hydris fabrique depuis 30 ans des hayons élévateurs à plates-formes en acier et en aluminium, à raison de 500 unités par mois. Situés à l'arrière de bon nombre de camions, ces matériels sont particulièrement exposés aux chocs et à la corrosion. « Jusqu'en 2003, nous utilisions de la peinture contenant des solvants, procédé qui présentait deux inconvénients majeurs : le rejet dans l'atmosphère de 5 tonnes de COV par an et une tenue insuffisante », précise Jean-Pierre Bec, directeur général d'Erhel Hydris. Pour répondre aux exigences de ses clients et par anticipation se mettre en conformité avec les réglementations sur les rejets de polluants qui entreront en vigueur en 2005, Erhel Hydris a décidé en 2002 de changer sa ligne de peinture. Deux solutions ont été envisagées : l’utilisation de peinture liquide ou l’emploi de peinture en poudre polymérisable.

Des gains environnementaux et de productivité
« Malgré son coût deux fois plus élevé, la deuxième solution était nettement plus satisfaisante sur les plans technique et environnemental, explique Jean-Pierre Bec. La peinture en poudre améliore la qualité des produits : elle offre une plus grande résistance aux brouillards salins, responsables de la corrosion. De plus, elle n'engendre aucun rejet de COV ». L’ADEME a confirmé cet intérêt environnemental. « Cette technologie propre permet la réduction à la source de toute émission de solvant et évite ainsi un traitement des COV par incinération. Le taux de perte est de moins 5 % avec la peinture en poudre (contre 50 % avec la peinture liquide), ce qui conduit à économiser la matière première », déclare Cécile Colson de la délégation Bourgogne de l'ADEME.

Une aide au surcoût d'investissement
D'un montant de 1 400 000 €, ce projet d'envergure, qui a impliqué d'importantes transformations des installations (grenaillage des pièces d’acier, cabine de peinture, four…), a bénéficié d'une aide de 192 000 € correspondant à 30 % du surcoût lié à l'emploi de la peinture à poudre . Cette aide a été accordée par l’Union européenne et le dispositif Prométhée. Ce programme, auquel participent l’État, le Conseil régional de Bourgogne et l'ADEME, est destiné à soutenir les entreprises locales désireuses d’investir dans des technologies propres. « La démarche d’Erhel Hydris illustre l’intérêt de ces technologies. Elles représentent certes un coût d’investissement élevé pour l’entreprise. Mais elles engendrent des gains environnementaux importants en allant au-delà des contraintes réglementaires en vigueur. Enfin, elles peuvent avoir des avantages induits conséquents en termes de qualité des produits », conclut Cécile Colson.



Cabine de peinture.
© G. Plagnol / ADEME


© G. Plagnol/ADEME

 Mise en œuvre de la  réglementation
Les installations ont jusqu’au 30 octobre 2005 pour se mettre en conformité avec la réglementation nationale et européenne qui fixe des valeurs limites d’émissions de COV. Les industries ont la possibilité de mettre en place un schéma de maîtrise de ces émissions qui permet une grande flexibilité dans la gestion de ces rejets. L’ADEME, le MEDD et les Fédérations professionnelles ont conçu à cet effet des guides de schémas de réduction des émissions de COV. L’ADEME propose également des aides à la décision.

 CONTACT  Cécile Colson
Tél. : 03 80 76 89 76
cecile.colson@ademe.fr


Cap sur la réhabilitation des décharges

Fin 2003, sur les 585 décharges brutes ou sauvages recensées dans le Puy-de-Dôme, 226 ont été réhabilitées et 179 ont fait l’objet d’un pré-diagnostic en vue de leur remise en état. Un programme d’une ampleur exceptionnelle.

AUVERGNE
E
n 1999, à la demande du Conseil général du Puy-de-Dôme et de l’ADEME, le BRGM a réalisé un diagnostic des décharges brutes dans le cadre du Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés (PDEDMA). Objectifs : dresser un inventaire exhaustif et évaluer les impacts écologiques (cours d’eau, nappe phréatique…) et sanitaires éventuels. « Ce travail a permis de hiérarchiser les priorités d’action et de proposer aux élus locaux des solutions techniques de mise en sécurité », indique Christine Pagès, responsable déchets au Conseil général.

Un "guichet unique"
Hydrologie, géologie, volume des déchets, composition des dépôts… : la prise en compte de huit “critères de sensibilité” spécifiquement définis par l’ADEME pour cette opération a permis de remplir une grille d’analyse et de créer une base de données informatisée. Chaque décharge est ainsi, à une date donnée, caractérisée avec une liste des travaux de remise en état. « Le rôle du Conseil général consiste à informer les municipalités sur les financements auxquels elles peuvent prétendre et à les accompagner pour monter les dossiers de leur projet, poursuit Christine Pagès. Nous constituons un “guichet unique”, centralisant toutes les demandes. »
L’ADEME travaille en partenariat avec le Conseil général et les services de l’État au travers notamment de l’inspection des installations classées. Elle participe au comité de gestion des dossiers présentés par les communes et décide avec ses partenaires de l’attribution des aides financières. Celles-ci s’élèvent à 50 % du montant des études de faisabilité et à 40 % de celui des travaux. Une dernière somme qui peut être doublée par des subventions de l’Union européenne (FEOGA) jusqu’en 2006.

Un soutien jusqu’en 2009
Les travaux effectués varient selon le type de décharge : élimination des encombrants, confinement sous une couche d’argile, végétalisation, aménagement en aire de jeux ou de pique-nique… « Depuis le début du programme, l’aide attribuée à la réhabilitation des décharges s’est élevée à 6,8 M€, dont 2,5 M€ du Conseil général et de l’ADEME, précise Frédéric Vernet, de la délégation Auvergne de l'ADEME. Nous intervenons aussi sur le plan technique, notamment à travers le suivi de la base de données référençant l’ensemble des sites, mais aussi par des conseils comme par exemple la possibilité de trouver de l’argile adaptée au confinement des dépôts à proximité. »
Un soutien appréciable pour les communes, qui se poursuivra jusqu’en 2009. « L'exemplarité réside dans la coordination par le Conseil général des différents intervenants, le nombre important de décharges concernées ainsi que dans l’aide de longue durée accordée à l’opération », conclut Frédéric Vernet.




Décharge réhabilitée.
© G. Plagnol/ADEME

 Un plan global de gestion  des déchets
Parallèlement à la fermeture des décharges, le Conseil général du Puy-de-Dôme a mis à la disposition des usagers toutes les filières adéquates pour une gestion cohérente des déchets : collecte sélective, vente de composteurs à bas prix et création d’un réseau de déchèteries à travers le département. La mise en place de ce programme global de gestion des déchets a été l’une des clés de la réussite de la réhabilitation des décharges.

 CONTACT  Frédéric Vernet
Tél. : 04 73 31 52 80
frederic.vernet@ademe.fr