| Quels
changements la nouvelle stratégie déchets
de l’ADEME implique-t-elle ?
Ils sont de deux ordres. D’une part, l’attitude
de l’ADEME évolue. Nous souhaitons être
aussi présents que possible auprès des
acteurs de terrain et renforcer auprès d’eux
l’expertise et l’assistance technique de
l’Agence, notre véritable cœur de
métier. Pour être efficace, la politique
des déchets doit en effet être adaptée
aux contextes locaux. Dans le même temps, l’ADEME
cesse de pratiquer un système d’aides financières
quasi systématique, de type “guichet”.
Moins nombreuses, les aides à l’investissement
se concentrent sur des opérations exemplaires
ou des priorités locales. La part du budget de
l’ADEME consacrée à la gestion des
déchets s’élève en 2004 à
70 millions d’euros. 25 millions d’euros
seront consacrés à la recherche, aux aides
à l’animation et à la décision,
à la sensibilisation, à l’observation
et 17,5 millions d’euros devront être réservés
au financement de la filière des huiles usagées.
Il reste environ 27 millions d’euros pour des
aides ciblées aux investissements. Les autres
changements découlent des nouvelles priorités
définies par le ministère de l’écologie
et du développement durable.
J’en citerai trois essentielles :
• la prévention, avec la mise en œuvre
du Plan national de prévention de la production
de déchets qui vient d’être adopté.
Nous allons multiplier les actions d’éco-conception
avec les industriels producteurs de biens de consommation,
les actions de réduction des déchets industriels,
les opérations avec les collectivités
locales, les campagnes de sensibilisation grand public,
• le développement d’observatoires
locaux (départementaux, régionaux…)
pour suivre la mise en œuvre des plans au plus
près du terrain et dresser une image fidèle
de la situation nationale,
• la limitation des risques de pénurie
de capacités de traitement, risques avérés
pour une cinquantaine de départements. La cause
en est bien souvent l’opposition de la population
à un projet d’incinérateur ou de
centre de stockage. Dans ce cas, les aides financières
ne résolvent rien. En revanche, notre intervention
technique pour aider les élus à expliquer
la réalité des impacts environnementaux
de la nouvelle génération de ces procédés
peut aider à débloquer la situation.
Concrètement, quelles seront les conséquences
pour les collectivités et les entreprises ?
Un autre rapport va s’établir entre les
collectivités et l’Agence. Il privilégiera
le contenu technique des projets. Notre intervention
vise in fine les communes et leurs groupements. Pour
les atteindre, nos partenaires naturels sont les départements
et les régions. Avec eux, nous définissons
une politique conjointe de priorités et de soutiens
techniques et financiers, politique que nous tentons
ensemble de faire partager et d’appliquer aux
collectivités locales et autres acteurs. Il s’agira,
par exemple, d’incitations conjointes aux actions
de prévention, à la gestion biologique
des déchets, à la réhabilitation
d’anciennes décharges. Avec les entreprises,
nous allons aussi mettre l’accent sur les nouvelles
priorités.
La prévention va ainsi devenir un thème
majeur, dans une ambition plus large de développement
du management environnemental.
Comment la réorganisation de l’ADEME
va-t-elle lui permettre d’accompagner plus efficacement
ses partenaires ?
En créant une direction unique en charge des
déchets, la nouvelle organisation de l’Agence
a décloisonné et rassemblé les
équipes en charge des déchets municipaux,
des déchets industriels, des déchets de
l’agriculture et ceux du BTP. Cette organisation
devient ainsi plus cohérente avec notre message.
Nous incitons en effet les collectivités locales
à appréhender l’ensemble des déchets
de toutes origines produits sur leur territoire pour
mieux mettre en synergie les opérations de prévention
et de gestion. Dans ce type de démarches, une
équipe de l’Agence compétente sur
l’ensemble de la problématique déchets
est évidemment parfaitement adaptée. |