Centre
de tri de Fumay :
une conception HQE
La démarche
HQE (Haute qualité environnementale) entreprise par
le centre de tri des déchets de Fumay (08) est une
première pour ce type de structure. Bien intégrée
au paysage, cette construction contribue à donner une
meilleure image du traitement des déchets.
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CHAMPAGNE-ARDENNE
À 250 mètres d’altitude,
au cœur de la forêt ardennaise, le centre
de tri des déchets ménagers de Fumay complète,
depuis février 2003, celui de Charleville-Mézières
qui arrivait à saturation. Cette construction
récente, qui s'inscrit dans le programme d'implantation
d’installations de gestion des déchets
du département, est exemplaire dans sa conception
(choix des matériaux, intégration harmonieuse
dans l'environnement, confort, sécurité…),
ce qui a contribué à son acceptation par
les populations locales.
Une intégration paysagère réussie
« Le choix de la démarche HQE vise
à donner une meilleure image du traitement des
déchets » commente Sébastien
Forget, chargé de la communication au SMTDA (Syndicat
mixte de traitement des déchets ardennais), qui
est maître d’ouvrage de l’opération.
En concertation avec la DDAF (Direction départementale
de l’agriculture et de la forêt), le SMTDA
a délégué la construction du centre
à ARCAVI (société anonyme d’économie
mixte). À la suite d’un appel d’offres,
ce sont le bureau d’études TRIVALOR et
l'architecte Bruno Squévin de 3 ARCHES qui ont
conçu le bâtiment. Parmi les priorités
retenues, l’intégration paysagère.
Des espaces verts sont en cours d’aménagement.
Sur le sol, des matériaux naturels (cailloux,
anciennes traverses de chemin de fer en bois) ont été
préférés au béton pour mieux
absorber l’eau pluviale.
Les murs extérieurs, dont les lignes de pente
épousent l’horizon, sont habillés
de bois qui n’exige aucun traitement d’entretien.
Une structure métallique a été
préférée à un lamellé
collé, pour exploiter le savoir-faire en métallurgie
de la région.
La maîtrise des impacts extérieurs
Pour optimiser l’accueil des 7 000 visiteurs
annuels prévus (dont 2/3 de scolaires), éviter
gêne et accidents, les mouvements d’engins
s’opèrent à l’arrière
du bâtiment tandis que les cars se garent devant.
Deux coursives ont été aménagées
pour faciliter le circuit sans perturber l’exploitation.
Une grande attention enfin a été portée
aux conditions de travail : abondance de lumière
naturelle, absence d’odeurs et de fumée.
L’air est en effet renouvelé jusqu'à
10 fois par jour par une hotte aspirante. Un système
de désenfumage et une climatisation complètent
le dispositif.
Des freins levés
Les élus locaux ont mené une campagne
d'information pour vaincre les réticences initiales
de la population locale. Dans un secteur où le
chômage avoisine les 20 %, la création
de 25 emplois a aussi compté. Olivier Flahaut,
de la délégation Champagne-Ardenne de
l'ADEME, déclare : « Rien de comparable
n’existait pour illustrer une démarche
HQE dans un bâtiment industriel de cette taille.
Cette démarche a été conduite dans
le respect et la maîtrise des coûts et les
contraintes réglementaires ont été
anticipées ». En partenariat avec
le Conseil régional, l’ADEME a subventionné
80 % du surcoût de l’étude lié
à la HQE (14 480 euros). |
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Salle de pré-tri.
© A. Parinet/ADEME |
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Démarche
HQE :
la Région s’engage |
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Une charte
reprenant les grandes lignes
de la démarche HQE adaptées
aux spécificités
locales a été
élaborée. « Nous
ne voulions pas de contractualisation
mais un engagement des acteurs
concernés (organismes
privés, collectivités
locales, architectes, EDF…)
à soutenir la démarche
HQE sur les plans technique,
financier ou sur celui de la
communication »,
commente Olivier Flahaut. Opérationnelle
depuis 2002, cette charte a
été signée
le 24 février 2003 en
présence du professeur
Jean-Claude Etienne, président
du Conseil régional,
et de Michèle Pappalardo,
présidente de l’ADEME.
De plus, l’ADEME et la
Région financent à
80 % un chargé de mission
embauché pour trois ans
à la Fédération
régionale du bâtiment
de Champagne-Ardenne. Ses missions
: communiquer sur la démarche
HQE (conception de guides, fiches
d’opérations exemplaires…)
et accompagner les
35 projets en cours. |
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PSI
prend en charge les déchets industriels
Depuis quatre
ans, la société Pyrénées Service
Industrie (PSI) exploite une déchèterie d’entreprises
à Lannemezan qui peut accueillir tout type de produits
grâce à la création d'un pôle environnemental.
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MIDI-PYRÉNÉES
Spécialisée dans le nettoyage industriel,
PSI s’est vu confier la réhabilitation
de la décharge municipale de Lannemezan (Hautes-Pyrénées)
en 1999 par la commune. « Nous avons réhabilité
un site exploité depuis soixante-dix ans,
explique Didier Mailhes, responsable commercial et développement
de PSI. Nous pouvons recevoir tout type de déchets,
en totale sécurité pour l’environnement. »
Un dispositif complet
Aujourd’hui, dans un cadre reverdi, le pôle
environnemental est composé de plusieurs entités
: une déchèterie qui comprend des espaces
de stockage pour les déchets banals des entreprises
(DBE), les déchets dangereux et les déchets
toxiques en quantités dispersées (DTQD)
; un centre d'enfouissement technique de classe III
qui peut recevoir les matériaux inertes et un
second dédié aux déchets d’amiante
; une unité de valorisation du bois récupéré
où celui-ci est broyé pour entrer dans
la fabrication de panneaux de particules ou servir à
l’alimentation de chaudières industrielles.
Une traçabilité totale des arrivages,
quelle que soit la nature des déchets, est assurée.
Chaque année, PSI gère l’équivalent
de 200 bennes de déchets provenant d'entreprises
situées dans un rayon d’une trentaine de
kilomètres, exception faite de l’amiante
qui est issue des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées.
Conseil et soutien financier
« Nous avons accompagné l'entreprise
PSI tout au long de la mise en place du projet, notamment
lors du démarrage de la réhabilitation
de la décharge, relate Gérard Bardou,
de la délégation Midi-Pyrénées
de l'ADEME. Nous avons joué un rôle
central de conseil technique pour l’autorisation
d’ouverture de la déchèterie. Nous
avons également participé au financement
de l'unité de broyage du bois. »
Sur un investissement total d'1 million d'euros, 100 000
€ de subventions ont été accordées
conjointement par l'ADEME et le Conseil régional
Midi-Pyrénées, dans le cadre du Programme
régional de lutte contre l’effet de serre
et pour le développement durable (PRELUDDE).
Une activité rentable et pérenne
L’activité a atteint aujourd’hui
son rythme de croisière. Maintenant rentable,
après les premières années d'exploitation,
le pôle environnemental a permis la mise en place
d'une filière pérenne dans la région.
Chaque type de déchets est soumis à une
tarification spécifique, les produits dangereux
étant les plus onéreux à traiter.
Depuis le 1er juillet 2002, PSI a ouvert une seconde
déchèterie d’entreprises à
Tarbes, projet soutenu financièrement par l'ADEME
et la Région à hauteur de 165 000
euros sur 550 000 (soit 30 % de l'investissement).
L'entreprise est en cours de certification ISO 14001.
« Cette initiative est un bon exemple
de ce qui peut être réalisé en termes
de gestion des déchets d’entreprises par
une PME en France », conclut Gérard
Bardou. |
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