Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 92 / juin 2003 Lettre | Dossier | Newsletter Archives 
Centre de tri de Fumay :
une conception HQE

La démarche HQE (Haute qualité environnementale) entreprise par le centre de tri des déchets de Fumay (08) est une première pour ce type de structure. Bien intégrée au paysage, cette construction contribue à donner une meilleure image du traitement des déchets.

CHAMPAGNE-ARDENNE
À
250 mètres d’altitude, au cœur de la forêt ardennaise, le centre de tri des déchets ménagers de Fumay complète, depuis février 2003, celui de Charleville-Mézières qui arrivait à saturation. Cette construction récente, qui s'inscrit dans le programme d'implantation d’installations de gestion des déchets du département, est exemplaire dans sa conception (choix des matériaux, intégration harmonieuse dans l'environnement, confort, sécurité…), ce qui a contribué à son acceptation par les populations locales.

Une intégration paysagère réussie
« Le choix de la démarche HQE vise à donner une meilleure image du traitement des déchets » commente Sébastien Forget, chargé de la communication au SMTDA (Syndicat mixte de traitement des déchets ardennais), qui est maître d’ouvrage de l’opération. En concertation avec la DDAF (Direction départementale de l’agriculture et de la forêt), le SMTDA a délégué la construction du centre à ARCAVI (société anonyme d’économie mixte). À la suite d’un appel d’offres, ce sont le bureau d’études TRIVALOR et l'architecte Bruno Squévin de 3 ARCHES qui ont conçu le bâtiment. Parmi les priorités retenues, l’intégration paysagère.
Des espaces verts sont en cours d’aménagement. Sur le sol, des matériaux naturels (cailloux, anciennes traverses de chemin de fer en bois) ont été préférés au béton pour mieux absorber l’eau pluviale.
Les murs extérieurs, dont les lignes de pente épousent l’horizon, sont habillés de bois qui n’exige aucun traitement d’entretien. Une structure métallique a été préférée à un lamellé collé, pour exploiter le savoir-faire en métallurgie de la région.

La maîtrise des impacts extérieurs
Pour optimiser l’accueil des 7 000 visiteurs annuels prévus (dont 2/3 de scolaires), éviter gêne et accidents, les mouvements d’engins s’opèrent à l’arrière du bâtiment tandis que les cars se garent devant. Deux coursives ont été aménagées pour faciliter le circuit sans perturber l’exploitation.
Une grande attention enfin a été portée aux conditions de travail : abondance de lumière naturelle, absence d’odeurs et de fumée. L’air est en effet renouvelé jusqu'à 10 fois par jour par une hotte aspirante. Un système de désenfumage et une climatisation complètent le dispositif.

Des freins levés
Les élus locaux ont mené une campagne d'information pour vaincre les réticences initiales de la population locale. Dans un secteur où le chômage avoisine les 20 %, la création de 25 emplois a aussi compté. Olivier Flahaut, de la délégation Champagne-Ardenne de l'ADEME, déclare : « Rien de comparable n’existait pour illustrer une démarche HQE dans un bâtiment industriel de cette taille. Cette démarche a été conduite dans le respect et la maîtrise des coûts et les contraintes réglementaires ont été anticipées ». En partenariat avec le Conseil régional, l’ADEME a subventionné 80 % du surcoût de l’étude lié à la HQE (14 480 euros).


© A. Parinet/ADEME


Salle de pré-tri.
© A. Parinet/ADEME

 Démarche HQE :
 la Région s’engage
Une charte reprenant les grandes lignes de la démarche HQE adaptées aux spécificités locales a été élaborée. « Nous ne voulions pas de contractualisation mais un engagement des acteurs concernés (organismes privés, collectivités locales, architectes, EDF…) à soutenir la démarche HQE sur les plans technique, financier ou sur celui de la communication », commente Olivier Flahaut. Opérationnelle depuis 2002, cette charte a été signée le 24 février 2003 en présence du professeur Jean-Claude Etienne, président du Conseil régional, et de Michèle Pappalardo, présidente de l’ADEME.
De plus, l’ADEME et la Région financent à 80 % un chargé de mission embauché pour trois ans à la Fédération régionale du bâtiment de Champagne-Ardenne. Ses missions : communiquer sur la démarche HQE (conception de guides, fiches d’opérations exemplaires…) et accompagner les 35 projets en cours.

 CONTACT  Olivier Flahaut
Tél. : 03 26 69 20 96
olivier.flahaut@ademe.fr


PSI prend en charge les déchets industriels

Depuis quatre ans, la société Pyrénées Service Industrie (PSI) exploite une déchèterie d’entreprises à Lannemezan qui peut accueillir tout type de produits grâce à la création d'un pôle environnemental.

MIDI-PYRÉNÉES
S
pécialisée dans le nettoyage industriel, PSI s’est vu confier la réhabilitation de la décharge municipale de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) en 1999 par la commune. « Nous avons réhabilité un site exploité depuis soixante-dix ans, explique Didier Mailhes, responsable commercial et développement de PSI. Nous pouvons recevoir tout type de déchets, en totale sécurité pour l’environnement. »

Un dispositif complet
Aujourd’hui, dans un cadre reverdi, le pôle environnemental est composé de plusieurs entités : une déchèterie qui comprend des espaces de stockage pour les déchets banals des entreprises (DBE), les déchets dangereux et les déchets toxiques en quantités dispersées (DTQD) ; un centre d'enfouissement technique de classe III qui peut recevoir les matériaux inertes et un second dédié aux déchets d’amiante ; une unité de valorisation du bois récupéré où celui-ci est broyé pour entrer dans la fabrication de panneaux de particules ou servir à l’alimentation de chaudières industrielles. Une traçabilité totale des arrivages, quelle que soit la nature des déchets, est assurée.
Chaque année, PSI gère l’équivalent de 200 bennes de déchets provenant d'entreprises situées dans un rayon d’une trentaine de kilomètres, exception faite de l’amiante qui est issue des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées.

Conseil et soutien financier
« Nous avons accompagné l'entreprise PSI tout au long de la mise en place du projet, notamment lors du démarrage de la réhabilitation de la décharge, relate Gérard Bardou, de la délégation Midi-Pyrénées de l'ADEME. Nous avons joué un rôle central de conseil technique pour l’autorisation d’ouverture de la déchèterie. Nous avons également participé au financement de l'unité de broyage du bois. » Sur un investissement total d'1 million d'euros, 100 000 € de subventions ont été accordées conjointement par l'ADEME et le Conseil régional Midi-Pyrénées, dans le cadre du Programme régional de lutte contre l’effet de serre et pour le développement durable (PRELUDDE).

Une activité rentable et pérenne
L’activité a atteint aujourd’hui son rythme de croisière. Maintenant rentable, après les premières années d'exploitation, le pôle environnemental a permis la mise en place d'une filière pérenne dans la région. Chaque type de déchets est soumis à une tarification spécifique, les produits dangereux étant les plus onéreux à traiter.
Depuis le 1er juillet 2002, PSI a ouvert une seconde déchèterie d’entreprises à Tarbes, projet soutenu financièrement par l'ADEME et la Région à hauteur de 165 000 euros sur 550 000 (soit 30 % de l'investissement). L'entreprise est en cours de certification ISO 14001. « Cette initiative est un bon exemple de ce qui peut être réalisé en termes de gestion des déchets d’entreprises par une PME en France », conclut Gérard Bardou.





© A. Parinet/ADEME

 CONTACT  Gérard Bardou
Tél. : 05 62 24 00 28
gerard.bardou@ademe.fr