Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 91 / avril - mai 03 Lettre | Dossier | Newsletter Archives 
À Voutré, les pierres
prennent le chemin du rail

Depuis début 2002, la société des Carrières de Voutré a souhaité privilégier le rail aux camions pour le transport de ses matériaux. Une opération exemplaire sur le plan environnemental et qui représente une source d'économies.

PAYS DE LA LOIRE
S
ituée dans la Mayenne, la société des Carrières de Voutré, appartenant au groupe Basaltes, extrait 2,5 millions de tonnes de granulats par an. Ces matériaux sont ensuite acheminés vers l'Ile-de-France, mais aussi vers des départements limitrophes (dont la Sarthe) pour une utilisation dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.

En partenariat avec la SNCF
Début 2002, la société a souhaité réduire la “ronde” des camions en privilégiant le rail. Pour y parvenir, elle a tissé un partenariat avec la SNCF. Elle disposait déjà d'un embranchement ferré particulier rejoignant la ligne Paris-Brest. À proximité de la carrière, au-dessus de l'une des voies ferrées, un portique automatique permet de charger les trains qui partent vers la région francilienne.
Les granulats destinés aux clients dans la Sarthe sont acheminés par train vers une plate-forme située près du Mans, en bordure de la gare de triage à partir de laquelle les camions effectuent les livraisons de courtes distances. Frédéric Delorme, directeur commercial de SNCF Fret, explique :
« Nous avons signé avec notre client un contrat commercial portant sur le respect d'un tonnage minimum, des heures de remise pour les opérations de chargement et de déchargement. La SNCF s'engage pour sa part à respecter les horaires prévus. Cet accord prévoit des pénalités en cas de non-respect de ces engagements par l'un ou l'autre partenaire. »

Un moindre impact environnemental
Cette navette ferroviaire entre la carrière et la plate-forme sarthoise est quotidienne.
Les 21 wagons d'une capacité de 1 300 tonnes qui circulent chaque jour équivalent à 50 camions. Chaque année, on estime que 269 tep (tonnes équivalent pétrole) sont économisées, ce qui évite le rejet de près de 1 000 tonnes de CO2 à l’atmosphère. « Notre volonté de limiter l'impact sur l'environnement est essentielle pour la survie de notre activité. Cela nous permet aussi de réaliser des gains en énergie et de réduire notre budget transport », assure Henry Darcy, président du directoire de la société des Carrières de Voutré : « Un autre projet nous motive : nous souhaitons utiliser le transport par rail en sens retour pour rapporter sur Voutré des déchets inertes issus de démolition et travaux publics dans l'agglomération mancelle. Ceci nous permettrait de combler les immenses trous créés par l'exploitation de la carrière et de nous mettre ainsi en conformité avec l'obligation réglementaire de réhabiliter le site au moment de sa fermeture. »

Un bilan économique positif
L'ADEME a soutenu cette opération en apportant une aide financière de 200 000 euros sur un investissement total d'1 million d'euros consacré aux engins de manutention, aux portiques et à l'aménagement de la plate-forme. « Le bilan économique global révèle l'intérêt général de l'opération dès lors que l’on prend en compte les coûts externes supportés par la Collectivité liés aux accidents, au bruit, à la pollution locale et régionale, aux émissions de gaz à effet de serre… », conclut Gilles Mériodeau, de la délégation Pays de la Loire de l'ADEME.


© B. Lebeau/ADEME


21 wagons circulent chaque jour.
© B. Lebeau/ADEME

 Encourager le transport  combiné
 Aides à l’investissement
Le contrat TOP, co-financé par l'ADEME, le ministère chargé des transports et EDF, propose aux PME des transports une bonification de loyer de crédit-bail en échange d'objectifs de trafic en transport combiné.
 Soutien d’opérations
exemplaires

L'ADEME accompagne les chargeurs dans l'introduction de l'intermodalité au sein de leur schéma logistique et soutient des opérations exemplaires ou de démonstration dans ce domaine.

 CONTACT  Gilles Mériodeau
Tél. : 02 40 35 80 19
gilles.meriodeau@ademe.fr


Des transports propres à Montpellier

La politique de Montpellier Agglomération, développant les transports propres et l’intermodalité de façon durable, allie des choix techniques et d'organisation pertinents à une action soutenue de sensibilisation des usagers.

LANGUEDOC-ROUSSILLON
D
epuis 1992, la ville et le district de Montpellier, puis sa communauté d’agglomération, se sont engagés dans la lutte contre les émissions polluantes engendrées par les transports. « Nous avons multiplié nos efforts pour mettre en œuvre une politique de transports en commun cohérente, avec des modes de déplacement propres et complémentaires », souligne Christophe Moralès, Vice-président de Montpellier Agglomération.

Une offre diversifiée
Dès 1992, des "Petibus", minibus au GPL desservant le centre-ville, ont été mis en place. Une nouvelle étape est franchie en 2000 avec les premiers "bus propres" fonctionnant au gaz naturel (GNV) et l'ouverture de la ligne de tramway numéro 1. Aujourd’hui, la moitié des bus fonctionne au GNV (soit 71 véhicules), l’autre à l’aquazole, ce qui engendre déjà une importante réduction des émissions de polluants par rapport à l'ancien parc Diesel. En 2005, tous les bus seront équipés au GNV. D'autres véhicules sont concernés : bennes à ordures, voitures et camionnettes municipales.

Intermodalité : une approche globale
En 1996, le premier service de location de vélos en France est créé par la société TAM*. Progressivement, de nombreuses pistes cyclables quadrillent Montpellier. Pour favoriser l'intermodalité vélo-tramway, certaines jouxtent la première ligne de tramway. Depuis quelques mois, les usagers peuvent déposer gratuitement leur bicyclette ou en louer une dans divers parcs à vélos gardiennés. Les automobilistes disposent de plusieurs parkings-relais qui leur facilitent l'accès aux transports collectifs (bus et tramway). Un plan de déplacements urbains (PDU) a été adopté l’an passé. Il engage Montpellier Agglomération à organiser les déplacements des voyageurs et le transport des marchandises pour les 10 ans à venir.

Un impact sur la qualité de l'air
« Depuis la mise en place du réseau TAM* organisé autour de la première ligne de tramway, la fréquentation des transports en commun s’est accrue de 30 %, notamment grâce à des actions soutenues d'information et de sensibilisation des usagers », constate Christophe Moralès. La nouvelle organisation des transports en commun a contribué à la baisse de la concentration en dioxyde d’azote (- 40 % par rapport à 1997).
« Dans la mise en œuvre de ce programme, nous avons joué un rôle de conseil technique lors de la concertation avec les services de l'État pour la seconde ligne de tramway et participé à l'étude concernant les marchandises en centre-ville que nous finançons. Nous avons également apporté notre soutien à la campagne d'information des usagers sur le véloparc et à l'équipement en véhicules propres », indique Martine Cheylan, de la délégation Languedoc-Roussillon de l'ADEME.

* Transports de l'agglomération de Montpellier.





La moitié des bus fonctionne au GNV.
© G. Plagnol/ADEME


 La ville reçoit
 le Trophée ATMOS
Pour sa politique de transports, Montpellier a reçu en décembre 2002 le Trophée ATMOS décerné par l'ADEME, l'Association des Maires de France, BP France, EDF, GDF et France Télécom. Ce prix récompense chaque année les villes œuvrant pour l'amélioration de la qualité de l'air (surveillance, systèmes de transports et de véhicules propres, politique de déplacements, information du public).

 CONTACT  Martine Cheylan
Tél. : 04 67 99 81 85
martine.cheylan@ademe.fr