| DÉCHETS
Les centres de stockage de déchets ménagers
et assimilés souffrent de l’image désastreuse
des “décharges” d’avant l’arrêté
du 9 septembre 1997 (modifié le 31 décembre
2001) qui les soumet à de strictes normes environnementales.
D’autant que la loi de juillet 1992 - qui fixe
à 2002 l’échéance à
laquelle seuls les déchets ultimes pourraient
être stockés - a souvent été
interprétée à tort comme un texte
programmant la mort des décharges. «
Même si la politique des déchets en France
vise à juste titre leur valorisation maximale,
le stockage reste l’ultime maillon indispensable
à toute filière de traitement »,
précise Isabelle Hébé, de la direction
des déchets municipaux de l’ADEME.
Double barrière de sécurité
Depuis l’arrêté de 1997, le respect
de l’environnement est devenu une priorité
lors de la création des centres de stockage des
déchets ménagers, qui doivent tous être
implantés à 200 m minimum des zones habitées.
Les technologies de stockage sont de plus en plus performantes
et les contrôles renforcés. Pour éviter
que les lixiviats (les eaux qui ont transité
à travers les déchets) ne polluent les
nappes phréatiques, les déchets sont stockés
dans un volume confiné, c’est-à-dire
isolés du milieu naturel. L’étanchéité
est garantie par une double barrière de sécurité
: active pour éviter les risques de pollution
(une géomembrane tapisse le fond du site et est
associée à un réseau de drainage
des lixiviats) et passive, qui minimise les effets des
pollutions potentielles grâce à une couche
de matériaux imperméable. Avant d’être
rejetés, les lixiviats sont récupérés
et traités par différents procédés
adaptés à leur nature et à leur
quantité : traitements biologiques, chimiques,
physico-chimiques... La réglementation impose
également la collecte et le traitement du biogaz
(gaz à effet de serre) afin de limiter ses nuisances.
Il est donc capté, puis souvent brûlé
en torchère. Certains sites le valorisent en
produisant de l’électricité ou de
la chaleur, ou en le purifiant pour l’utiliser
comme carburant.
Ouvrir de nouvelles installations
Il existe près de 400 centres de stockage de
déchets ménagers et assimilés qui
représentent environ 70 % du parc français
de décharges autorisées et reçoivent
plus de
3 000 tonnes de déchets par an.
À eux seuls, ils reçoivent environ 90
% du tonnage contre 8 % pour les décharges ne
respectant pas encore l’arrêté et
2 % pour les 6 000 à 9 000 décharges illégales
recensées. « Mais il y a urgence à
en créer de nouveaux, insiste Isabelle Hébé.
D’ici dix ans, le parc existant sera en effet
saturé. Or il faut compter entre six et neuf
ans de délai entre la prise de décision
et l’ouverture d’un centre. Les collectivités
ou les sociétés privées doivent
dès maintenant lancer de nouveaux chantiers,
dans le cadre du plan départemental de gestion
des déchets. » Identifier un site demande
du temps, surtout si le projet se heurte à l’opposition
des riverains. L’ADEME, au travers de ses délégations
régionales, informe les collectivités
et les associations sur ces nouveaux concepts de centres
de stockage et les conseille dans leurs actions de communication.
* Les CDS
remplacent les CET (centres d’enfouissement technique). |