Midi-Pyrénées

Castres mise sur le solaire

 

  La “moquette solaire”, constituée de capteurs non vitrés, permet de chauffer l’eau de la piscine.
© S. Fernand/ADEME
 

  À Castres, plusieurs bâtiments municipaux dont la piscine utilisent l’énergie solaire. Cet investissement, qui témoigne d’un fort engagement de cette collectivité en faveur des EnR, est rentabilisé grâce aux économies réalisées.  

 

Pour les nageurs, rien n’a changé : l’eau de la piscine de Bisséous, dans le Tarn, est toujours à 27°C. Par contre, la mairie de Castres a vu sa facture de gaz diminuer de près de 40 % depuis que le stade nautique chauffe son bassin à l’énergie solaire.

432 m2 de capteurs

Il y a deux ans, 432 m2 de capteurs non vitrés ont été installés sur un terrain attenant au bassin de plein air, ouvert d’avril à septembre. À l’intérieur de cette “moquette solaire” circule une partie de l’eau du bassin. Lorsque la température de l’eau est supérieure à celle du bassin, la pompe se met en route et reverse l’eau réchauffée dans la piscine. Si l’ensoleillement est insuffisant, le chauffe-eau au gaz assure automatiquement le relais. Enfin, la nuit, une bâche de polyéthylène posée sur la surface de l’eau empêche des pertes de chaleur trop importantes.
Le chauffage solaire doit couvrir entre 3 % (en avril) et 94 % (en juillet) de l’énergie nécessaire au maintien de la température du bassin, ce qui devrait permettre d’éviter l’émission de 186 tonnes de CO2 et d’économiser jusqu’à 22 105 € de gaz par an. De quoi amortir, théoriquement, en quatre ans l’investissement initial de 85 524 € HT, subventionné à hauteur de 32 % par l’ADEME et le Conseil régional Midi-Pyrénées dans le cadre du contrat de plan État-Région.

Une véritable stratégie
En fait, l’amortissement sera un peu plus long que prévu. « Cette nouvelle technique suppose en effet une qualification que nos agents acquièrent progressivement. En 2001, nous avons réalisé 10 671 € d’économies de gaz », explique Patrick Trégoat, responsable du service énergie.
Outre le stade nautique, trois autres bâtiments municipaux (équipement de restauration collective et équipements sportifs) recourent aujourd’hui au solaire thermique pour la production d’eau chaude et un cinquième (un bâtiment administratif neuf à démarche environnementale) est équipé de cellules photovoltaïques produisant de l’électricité pour assurer l’éclairage. « Nous avons embauché en janvier 1999 un agent chargé du développement des énergies renouvelables qui, par la suite, est devenu salarié de la Communauté d’agglomération de Castres-Mazamet. Cette dernière, regroupant seize communes, a décidé de suivre l’exemple de Castres », précise Patrick Trégoat.
« L’ensemble de ces opérations, soutenues par l’ADEME, ont été menées dans le cadre de PRELUDDE (Programme régional de lutte contre l’effet de serre et pour le développement durable). Elles témoignent d’une véritable stratégie de la municipalité de Castres en faveur du solaire et plus largement des énergies renouvelables », conclut Thierry de Mauléon, de la délégation Midi-Pyrénées de l’ADEME.

 


  Les aides au solaire thermique
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Le Plan Soleil vise le décollage du marché du solaire thermique individuel et collectif pour l’eau chaude et le chauffage. Un objectif qui passe entre autres par le soutien aux opérations collectives de plus de 20 m2 de capteurs installés. L’ADEME octroie des subventions aux maîtres d’ouvrages de ces projets aux trois étapes de leur élaboration : aide au diagnostic à hauteur de 90 % plafonnée à 2 300 € ; aide aux études de faisabilité à hauteur de 50 % ; soutien aux investissements plafonné à 60 % du coût total du projet, avec une limite de 400 € HT / m2 de capteurs.
 


   
 
Thierry de Mauléon
Tél. : 05 62 24 00 31
thierry.demauleon@ademe.fr



   

   
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