Efficacité énergétique : quatre ruptures historiques  

  Le programme national d’amélioration de l’efficacité énergétique (PNAEE) démontre la détermination du gouvernement à s’engager pleinement en faveur de la maîtrise de l’énergie. L’ADEME est chargée du pilotage de nombreuses actions avec des moyens financiers et humains renforcés. Précisions avec Pierre Radanne, président de l’ADEME.  
     
 
© R.Bourguet/ADEME
 

 

« Si l’on se réfère au passé, explique Pierre Radanne, ce programme contient quatre grandes ruptures historiques qui vont mettre la France en position d’atteindre les objectifs de Kyoto en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. »

Première rupture :
l’ADEME informera le grand public.

Dans sa communication, l’ADEME s’adressait jusqu’à présent aux acteurs intermédiaires, entreprises et collectivités locales. « Une organisation d’autant plus logique, souligne Pierre Radanne, que nos activités principales portaient ces dernières années sur les déchets et la qualité de l’air, sujets sur lesquels les entreprises et les collectivités sont nos partenaires naturels. »
Avec la réémergence des questions énergétiques, tirée par le phénomène de l’effet de serre, la cible change car 50 % de la consommation énergétique globale est le fait de particuliers ou de petites entreprises. D’où la nécessité de mettre en place une communication grand public pour laquelle le gouvernement a défini deux outils : de grandes campagnes nationales de communication et un réseau de Points Info Énergie (PIE) afin de faire évoluer les comportements et fournir des informations et des conseils de proximité.
L'ADEME est chargée de l’organisation et de l’animation de ce réseau qui devrait comporter plus d’une centaine de PIE fin 2001.


Deuxième rupture :
un coup d’accélérateur sur le développement des énergies renouvelables.

Une directive européenne, votée en première lecture par le Parlement européen et le Conseil des ministres, fixera à chaque État des objectifs de production d’électricité à partir des énergies renouvelables à l’horizon 2010. Pour la France, la part des énergies renouvelables devra passer de 15 à 21 %. « Le gouvernement met en place les moyens pour atteindre cet objectif, reprend Pierre Radanne. Et le changement de braquet est spectaculaire. »
En 2001, l’ADEME bénéficiera de 200 millions de Francs de crédits supplémentaires pour favoriser le développement des énergies renouvelables. De plus, le tarif de rachat de l’énergie éolienne par EDF fixé pour les cinq premières années à 55 centimes par kWh « correspond à un soutien financier considérable », se félicite le président de l’ADEME. Ces mesures permettent de prévoir des investissements massifs dans ce domaine.

Troisième rupture :
les économies d’énergie s’appliquent aussi aux transports.

« Après les chocs pétroliers, la politique d’économies d’énergie avait porté prioritairement sur l’industrie et le bâtiment, rappelle Pierre Radanne. Avec des résultats très positifs. Or la hausse du prix du pétrole de septembre 2000 a fait apparaître un “choc transports”. Alors que notre dépendance pétrolière est passée de 57 % au début des années 70 à 37 % aujourd’hui, la consommation de pétrole dans les transports a augmenté de 70 %. Ce secteur absorbe désormais les 2/3 du pétrole consommé en France. »
Le gouvernement a décidé de faire porter ses efforts sur la mise en œuvre des plans de déplacements urbains (PDU) et le développement du fret ferroviaire. L'ADEME, qui travaillera dans ce domaine avec le ministère de l'Equipement, du Logement et des Transports, disposera à cette fin d’une dotation supplémentaire de 150 millions de Francs. Dans le secteur des économies d’énergie, le budget Transports devient ainsi le plus important de l’Agence.


Quatrième rupture :
les subventions cèdent la place à de nouveaux outils financiers à fort effet de levier.

Depuis deux ans, l’ADEME est engagée dans la recherche de nouveaux modes d’intervention en faveur des PME/PMI. C’est ainsi qu’ont été montés des partenariats avec des établissements bancaires se traduisant par la création de deux instruments :
- Le FOGIME (Fonds de garantie pour les investissements de maîtrise de l’énergie) permet aux petites et moyennes entreprises d'obtenir auprès de la BDPME une garantie de leur emprunt à hauteur de 70 %,
- Le FIDEME (Fonds d’investissement de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) associera prochainement financements publics (ADEME) et privés pour aider les entreprises qui manquent de fonds propres à monter leurs projets.
« Avec ce programme, nous retrouvons les niveaux d’intervention que nous avions connus à la fin des années 70 et au début des années 80, fait remarquer le président de l’ADEME. Ce qui signifie que nous sommes sur la bonne trajectoire. »

sommaire rubrique

 
© R.Bourguet/ADEME
 

  Le programme en chiffres
——————————————————————————————————

En 2001, le budget de l’ADEME consacré à la maîtrise de l’énergie se monte à 1,120 milliard de Francs. Il a été multiplié par 10 en trois ans.
Avec l'engagement des collectivités locales aux côtés de l’ADEME, la capacité globale d’intervention publique approche 1,5 milliard de Francs, sans compter le soutien tarifaire aux EnR. Grâce notamment à la mobilisation des industriels, du monde associatif et des relais bancaires, ce programme devrait générer 10 à 15 milliards de Francs d’investissements par an.
L'ADEME créera 100 postes supplémentaires en 2001 afin de mener à bien, avec l'aide de ses partenaires, la mise en œuvre de ce programme.

 



 

 

   
Moteur de recherche Retour au sommaire Consulter les numéros précédents Retour au sommaire de la lettre Consultez les anciens articles de la rubrique