Huiles végétales

Des solvants qui ne polluent pas

 

  Les solvants “bio”, issus d'huiles végétales, ont été sous les feux de l'actualité lors de la marée noire de l'Erika. Ils trouvent également de plus en plus d’applications dans l’industrie.  

 
Nettoyage des rochers couverts de fioul à l'aide d'un biosolvant.

© Club des villes Diester

Depuis une dizaine d’années, on assiste à l’émergence de nouveaux débouchés des huiles végétales, pour le plus grand bénéfice de l’environnement. Ces nouveaux usages concernent les solvants, les lubrifiants et les tensioactifs.
La marée noire provoquée par l'Erika aurait pu être encore plus catastrophique en matière de pollution si le fioul lourd restant dans les cuves ou recouvrant les rochers avait été retiré à l’aide de solvants d'origine chimique ou minérale. C’est au contraire de l'ester méthylique d'huile végétale (EMVH) qui a été utilisé pour nettoyer les plages et fluidifier le fioul afin de faciliter son pompage.

Un solvant efficace et biodégradable
Des tests normalisés de biodégradabilité et d'écotoxicité (sur des bactéries, poissons, algues, crevettes) réalisés en 1999 et 2000 révèlent des résultats bien supérieurs aux produits classiques. Par exemple, les résultats de biodégradabilité sont de 87,4 % à 94,5 % pour ces solvants contre 38,7 % pour un gazole de référence.

Moins nocif pour l’atmosphère
Ces solvants ont également d'autres atouts. Ils sont moins volatils que les solvants habituels. Ils génèrent donc moins d'émissions de composés organiques volatils (COV) qui contribuent à la formation d'ozone troposphérique et présentent un danger pour la santé.
Leurs applications industrielles se développent, notamment pour les encres d’imprimeries et la dilution du bitume dans le BTP.
D’autres applications sont attendues: peintures industrielles, revêtements, cosmétiques…
« Ces biosolvants permettent de respecter les exigences actuelles et à venir en matière d’hygiène, de sécurité et d’émissions de COV, ce qui constitue un avantage important pour les industriels », indique Hilaire Bewa, ingénieur à la Direction de l’agriculture et des bioénergies de l’ADEME.

Lubrifiants, tensioactifs : des filières émergentes
« Les utilisations des biolubrifiants sont multiples : moulage des bétons, chaînes de tronçonneuses, fluides hydrauliques ou de forage… Elles constitueraient, en valeur hors taxe, une meilleure valorisation économique des huiles végétales que leur usage carburant », précise Etienne Poitrat, ingénieur dans cette même Direction. Les marchés des tensioactifs (comme la cosmétique, la pharmaceutique, la détergence…) présentent également une haute valeur ajoutée.
Le développement de procédés économiquement et techniquement compétitifs est un des axes importants du programme AGRICE (Agriculture pour la chimie et l’énergie) (1).

(1) Créé en 1994 et géré par l’ADEME, AGRICE accompagne et aide au financement de recherches visant à valoriser les produits agricoles non-alimentaires dans les domaines de l'énergie, de la chimie et des matériaux (cf. Rapport d’activité AGRICE 1994-1999, décembre 2000, réf. 3910).

À consulter sur le web ademe.fr (dossiers d’actualité) “les biocarburants au secours de l’Erika”.

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Repères
             
Huiles végétales
La production d’EMVH
Obtenu par réactions chimiques entre l'huile végétale et le méthanol en
présence d'un catalyseur alcalin, l'ester méthylique d'huile végétale (EMVH) provient, en majorité, de colza et de tournesol. Quatre usines (Rouen, Toulouse, Verdun et Compiègne) transforment, chaque année, environ
300 000 tonnes d'huiles végétales.
Les utilisations
- Additifs au carburant : c’est l’utilisation actuelle la plus importante. Environ 300 000 ha de cultures lui sont dédiés.
- Filières émergentes : biosolvants, biolubrifiants, tensioactifs…
Les avantages environnementaux
- Contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, substitution de matières premières fossiles, utilisation et stockage du carbone par les cultures (photosynthèse).
- Amélioration de l’innocuité des produits.
 


 
  c o n t a c t s
 
 
Etienne Poitrat
Tél. : 01 47 65 20 19
etienne.poitrat@ademe.fr
Hilaire Bewa
Tél. : 02 41 20 43 21
hilaire.bewa@ademe.fr
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