Valorisation

Point P récupère les déchets du BTP

 

  L’enseigne Point P teste depuis deux ans un centre de reprise de sous-produits du BTP près de Chartres. L’expérience va être étendue à plusieurs centaines de magasins en France.  

 

«Les enseignes comme Point P doivent avoir une démarche citoyenne et volontariste dans la gestion des déchets du bâtiment et donc de la protection de l’environnement», affirme Michel Chrétien qui dirige le Point P de Mainvilliers (Eure-et-Loir), dans lequel a été installé un centre pilote de reprise de sous-produits du BTP depuis mars 1998. En venant acheter des fournitures, les 650 entreprises clientes du magasin peuvent déposer leurs déchets dans un espace de récupération spécialement aménagé près du hangar de l’enseigne. «C’est une première nationale, explique Gilles Clerget, ingénieur à la délégation régionale Centre de l’ADEME. Les accords interentreprises pour la mise en place de déchetteries sont plutôt rares. L’ADEME recherche ce type d’opération qui permet de regrouper et prétrier les déchets de chantiers d’entretien ou de réhabilitation. Elle a apporté son aide au niveau de la mise en conformité du centre d’apports avec les réglementations existantes. Elle a aussi financé une plaquette informative sur cette action qui a permis de sensibiliser les professionnels du BTP de la région de Chartres.» Les apports (au maximum 1,5 tonne) doivent être triés et sont réceptionnés par un magasinier qui estime leur volume ou leur poids. Le dépôt est facturé «au prix de revient», c’est-à-dire au coût d’enlèvement par le prestataire déchets de l’opération.

Quarante entreprises fidélisées
En 1999, l’enseigne a récupéré 647 t de déchets, soit un quasi-doublement des quantités reçues en 1998. Cette année, les prévisions tablent sur des quantités équivalentes à 1999. Les principaux déchets recueillis sont des gravats (75%), les DIB (15%) et l’amiante-ciment (10%).
En terme qualitatif, les résultats sont particulièrement positifs pour l’amiante-ciment puisque les dépôts sont passés de 600 kg en 1998 à 47 t l’an dernier. Pour les premiers mois de cette année, 28 t ont déjà été déposées. «Il y a une grande sensibilisation en ce qui concerne ce produit», confirme Michel Chrétien. Aujourd’hui, plus de 40 entreprises apportent régulièrement leurs déchets au Point P de Mainvilliers, situé sur une zone de chalandise de 60 000 habitants. Une expérience d’ores et déjà jugée satisfaisante par l’enseigne qui souhaite équiper 200 autres centres (sur les 1 000 existants) de ce type d’installation d’ici deux ans.
Les résultats sont cependant plus mitigés en ce qui concerne la récupération des palettes et des DTQD (déchets toxiques en quantités dispersées) puisqu’à Mainvilliers les conteneurs de récupération restent vides : les palettes continuent probablement à être brûlées sur les chantiers, mais on peut craindre que les déchets toxiques soient déposés en déchetteries non autorisées aux artisans ou mélangés aux déchets ménagers...
Outre leur réelle efficacité, les initiatives comme celle de Point P ont une valeur de sensibilisation et d’exemplarité. Cependant, le taux de recyclage des sous-produits du BTP au niveau national, hors gravats, reste faible. Il est estimé à 4% et ne concerne essentiellement que les papiers et cartons. La marge de progrès est donc considérable à travers des filières diversifiées : valorisation sous forme de granulats pour la construction des routes, recyclage des ferrailles, des métaux non-ferreux et des produits verriers, séparation des composants, recyclage des fonds de pots de peinture… .

 

 
Collecter les déchets du bâtiment
Outre des actions engagées avec des distributeurs comme Point P, l’ADEME soutient financièrement une dizaine de chantiers de déconstruction sélective de bâtiments à travers l’Hexagone. Elle participe également, en partenariat avec les entreprises du BTP, à la mise en place d’un réseau de plates-formes de regroupement et de tri des déchets.
 
 


 
 
Gilles Clerget
Tél. : 02 38 24 09 10
gilles.clerget@ademe.fr
sommaire rubrique



   

   
Moteur de recherche Retour au sommaire Consulter les numéros précédents Retour au sommaire de la lettre Consultez les anciens articles de la rubrique