TRANSPORT
Le gouvernement a engagé
en 2005 un plan visant à faire passer la part
des biocarburants de 1 % des carburants mis à
la consommation en France à 7 % en 2010 et
10 % en 2015. Ils représentent en effet une
solution complémentaire aux dérivés
pétroliers, chers et issus d’une ressource
non renouvelable. De plus, ils offrent des débouchés
intéressants à la filière agricole.
Enfin, alors que la France s’est engagée
à stabiliser ses émissions de gaz à
effet de serre d’ici 2010 à leur niveau
de 1990, « ils affichent un bilan ‘‘du
puits à la roue’’ beaucoup plus
favorable », précise Etienne
Poitrat, du département bioressources de l'ADEME.
UNE TECHNOLOGIE ÉPROUVÉE
Un moteur essence ‘‘classique’’
peut fonctionner avec un carburant contenant une quantité
fixe d’éthanol. La réglementation
européenne autorise d’ailleurs l’incorporation
directe de cet alcool, produit à partir de
betteraves à sucre ou de céréales,
jusqu’à 5 % en volume (E5). Les moteurs
dédiés peuvent, eux, utiliser des carburants
à très forte teneur en éthanol.
Enfin, les voitures Flex Fuel, que l’ADEME a
testées sur banc d’essai cette année,
offrent une alternative intermédiaire puisqu’ils
sont capables d’adapter automatiquement leur
fonctionnement aux carburants contenant de 0 à
85 % d’alcool. Cette technologie éprouvée
est largement répandue au Brésil, aux
Etats-Unis et en Suède, et la première
expérimentation nationale vient d’être
lancée en France (voir encadré). Leurs
moteurs ne sont pas fondamentalement différents
des modèles traditionnels. Mais les soupapes
et les sièges de soupape sont réalisés
dans un matériau trempé spécial,
les pompes d’alimentation et les injecteurs
ont été modifiés pour faire face
au débit de carburant supplémentaire
; la gestion électronique de l’injection
s’adapte à la proportion d’éthanol
et d’essence ; enfin, l’éthanol
étant moins performant lors des démarrages
à froid, le bloc-cylindre des modèles
livrés en Suède dispose d’un dispositif
de préchauffage lorsque la température
chute en dessous de – 15°C.
La consommation moyenne est légèrement supérieure quand le conducteur utilise exclusivement de l’E85. Cependant, les émissions de CO2 sont sensiblement identiques et les niveaux de NOx nettement inférieurs. Mais surtout le dioxyde de carbone rejeté lors de la combustion est en grande partie absorbé lors de la croissance des plantes qui servent à fabriquer l’éthanol. Sur l’ensemble de la chaîne, l’utilisation d’éthanol pur permet une réduction de 60% des rejets et 45 % avec l’E85.
E85 AUTORISÉ DÉBUT 2007
Le gouvernement français a annoncé vouloir autoriser la distribution de ce carburant à compter du 1er janvier 2007. Il a installé début juin un groupe de travail chargé d’élaborer « un plan d’action permettant à l’horizon 2010 à chaque Français de pouvoir choisir et d’utiliser sans contraintes un véhicule roulant indifféremment à l’essence ou au bioéthanol ». Ford et Saab commercialisent déjà des modèles Flex Fuel en France. D’ici mi-2007, PSA (Peugeot- Citroën) proposera certains modèles et mi-2009, Renault présentera la moitié de sa gamme avec cette motorisation.
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