Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 111 / juillet - août 2006 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Le transport fluvial revient
sur le devant de la scène

Pour faire face aux impératifs d’approvisionnement et d’expédition de sa production, l’entreprise Roquette a choisi de miser sur le transport fluvial. Une expérience réussie.


NORD-PAS-DE-CALAIS

Leader mondial de la fabrication des édulcorants et des hydrates de carbone utilisés dans les produits alimentaires dits « sans sucre », la société Roquette possède quatre usines en France, dont une située à Lestrem, dans le Pas-de-Calais. Pour assurer sa production quotidienne, plus de 5 000 t de céréales lui sont nécessaires. Si l’on totalise les entrées de matières premières et les sorties de produits finis, ce sont près de 15 000 t de marchandises qui transitent chaque jour par le site. « L’augmentation de notre production entre 2000 et 2003 nous a incités à chercher de nouveaux moyens de transports, résume Patrick Lemay, directeur Sécurité, Sûreté et Environnement de l’usine de Lestrem. Les transports ferroviaires et routiers n’arrivant plus à répondre à nos besoins, nous avons envisagé de profiter de la proximité de la rivière "La Lys" pour miser sur le transport fluvial. »

4 000 CAMIONS EN MOINS
Membre de l’Association d’entreprises pour la réduction de l’effet de serre (AERES), la société Roquette a lancé un projet ambitieux visant à transférer de la route vers la voie d’eau une partie des acheminements de sa production destinée à ses clients belges et néerlandais. Pour cela, dès 2004, elle a procédé à l’aménagement d’un quai sur le canal de la Lys ainsi qu’à l’installation d’une station permettant de charger des péniches de 250 t en 5 heures seulement. Les Voies Navigables de France (VNF) ont contribué à cette opération en réalisant le dragage du canal de la Lys afin de permettre une navigation sans problème des bateaux. Le coût global de l’opération s’est élevé à 1,5 M€ et a permis à Roquette d’atteindre rapidement l’objectif initialement fixé : transporter plus de 100 000 t de co-produits par an, soit environ 4 000 camions en moins sur les routes… et près de 1 000 t de CO2 non rejetées dans l’atmosphère.

UN TRANSPORT À MOINDRE COÛT
Soutenue par la région Nord Pas-de-Calais, l’initiative de Roquette a également bénéficié de l’aide de l’ADEME, tant au niveau du suivi du projet que sur le plan financier. « Nous sommes particulièrement sensibles au développement de modes de transports alternatifs au transport routier, tels que le ferroviaire, le fluvial, le cabotage maritime ainsi que les solutions combinées rail-route, souligne Denis Massol, de la délégation Nord Pas-de-Calais de l’ADEME. L’utilisation de péniches et de barges permet de diminuer considérablement l’occupation de l’espace… et de décongestionner le réseau routier. » Enfin, le transport fluvial présente des coûts internes et externes (nuisances sonores, pollution, sécurité, etc.) bien plus avantageux que la route.



repere

Le transport fluvial deux fois plus efficace
En terme d’efficacité énergétique, le transport fluvial est certainement celui qui représente le meilleur rapport coût/bénéfice. En effet, par camion, 1 kg de pétrole permet de déplacer 39 t de marchandises sur 1 km alors que par voie fluviale la même quantité d’énergie donne la possibilité de transporter 83 t sur la même distance, soit + 113 %.


 CONTACT

Denis Massol
Tél. : 03 27 95 71 96
denis.massol@ademe.fr



Un jardin botanique comme vitrine solaire

Pour subvenir aux besoins énergétiques de son jardin botanique, la Ville de Bordeaux mise sur le solaire. Près de 700 m2 de cellules photovoltaïques sont installées sur la toiture des serres.

AQUITAINE

Le nouveau jardin botanique situé sur les quais de Bordeaux est original à plus d’un titre. D’une part, parce qu’il permet aux visiteurs de découvrir une multitude de plantes bien souvent méconnues et, d’autre part, parce qu’il a été conçu dans le cadre d’un projet où la recherche de la qualité environnementale était omniprésente. Deux orientations majeures ont été suivies : l’utilisation de bois pour la construction des serres tropicales et le recours au solaire comme source d’énergie. « Nous voulions avoir une démarche exemplaire dans l’utilisation des énergies renouvelables, souligne Philippe Richard, responsable du projet. L’installation de panneaux photovoltaïques nous a été proposée par l’architecte, Françoise Hélène Jourda. Cela répondait parfaitement à notre préoccupation. » Une première à Bordeaux et dans la région pour un bâtiment à caractère public.

ÉNERGIE, OMBRE ET LUMIÈRE
400 m2 de panneaux photovolataïques, directement intégrés dans la toiture de verre, recouvrent les serres. Les concepteurs du jardin botanique ont ainsi répondu à leurs préoccupations : utiliser une énergie renouvelable, laisser passer de la lumière dans la serre tout en créant de l’ombrage pour les plantes, en diminuant de 30 % l’intensité lumineuse. Une façon originale de faire rimer production énergétique, rentabilité des installations et esthétique. La puissance maximale produite atteint 38 kW et l’installation est raccordée sur le réseau EDF qui rachète l’électricité ainsi fournie. L’opération menée a reçu le soutien de l’Union européenne, du Conseil régional Aquitaine et de l’ADEME (à hauteur de 17 % environ).

LA PREUVE PAR L’EXEMPLE
« Nous avons participé à cette opération dès son lancement, en 2001, précise Alain Mestdagh, de la délégation Aquitaine de l’ADEME. Conseils, étude de faisabilité, recherche de subventions : à chacune des différentes étapes, nous avons apporté notre pierre à un projet particulièrement exemplaire quant à l’utilisation des énergies renouvelables. Il s’agit également d’une formidable vitrine de ce qui peut être fait en la matière auprès du grand public. »
Conjointement avec la mairie de Bordeaux, EDF et TENESOL, il est prévu d’organiser une campagne de communication sur l’originalité du positionnement des cellules photovoltaïques et leur intégration architecturale.





Intégration
architecturale : l’énergie à meilleur prix

En mai 2006, l'Etat a affiché sa volonté d’augmenter les tarifs de rachat d’électricité. Lorsque cette décision sera appliquée, chaque kWh sera payé 0,30 €, contre 0,15 € actuellement. Ce montant sera porté à 0,55  € lorsque les panneaux solaires sont intégrés dans le bâti, ce qui est le cas du jardin botanique de Bordeaux.

 CONTACT 

Alain Mestdagh
Tél. : 05 56 33 80 29
alain.mestdagh@ademe.fr