« Concilier
consommation quotidienne et protection de l’environnement
est un enjeu majeur du développement durable
», insiste Michèle Pappalardo, présidente
de l’ADEME. Un Européen consomme en effet
en moyenne 155 kg d’emballages ménagers
et industriels, 26 kg de journaux ou encore 14 kg
de textiles. Or, chaque type de produit entraîne,
de sa fabrication à son élimination,
des impacts spécifiques sur l’environnement
et participe à la disparition des ressources
non renouvelables, à la hausse des émissions
des gaz à effet de serre (la consommation annuelle
moyenne d’un Européen représente
9,3 t éq. CO2), etc. Nos achats entraînent
également des dépenses importantes pour
la collectivité, à travers le coût
du traitement de l’eau ou de l’élimination
des déchets. « Au-delà des
discours qui stigmatiseraient quelques produits particuliers
comme les sacs de caisse, les lingettes ou les produits
à usage unique, il convient avant tout d’améliorer
les performances de chaque produit et service, et
de s’interroger sur la multiplication de nos
biens et le raccourcissement de leur durée
de vie », explique Nadia Boeglin, responsable
du département Eco-conception et Consommation
durable de l’ADEME.
IDENTIFIER LES ÉCO-PRODUITS
Certains industriels ont d’ores et déjà développé des éco-produits, conçus ou améliorés pour réduire, tout au long de leur cycle de vie, leurs impacts environnementaux, sans nuire à leur qualité et à leur efficacité. De la chaussette à l’article de papeterie en passant par la lessive ou la peinture, une quarantaine de catégories de produits et services sont aujourd’hui couverts par les deux écolabels officiels. Rien qu’en France, 300 références portent l’écolabel européen et près de 70 sociétés sont titulaires de la marque NF environnement. Outre leurs bénéfices pour l’environnement, ces labels représentent un facteur de différenciation pour les entreprises qui anticipent ainsi les contraintes du marché, développent des concepts innovants et répondent aux nouvelles attentes des consommateurs.
UN COMPORTEMENT ÉCO-CITOYEN
Ces derniers peuvent agir concrètement en privilégiant ces produits et ceux issus de l’agriculture biologique ou du commerce équitable, ainsi que les éco-recharges, les appareils économes en énergie… Il leur suffit également de se poser les bonnes questions avant tout achat – « En ai-je réellement besoin ? » ; de veiller à les utiliser au mieux en se limitant à la juste dose ou bien encore en les faisant réparer pour prolonger leur durée ; puis de les trier pour favoriser leur valorisation de fin de vie. L’éco-consommation n’est rien d’autre que l’ensemble de ces comportements d’achat et d’utilisation qui visent à réduire les impacts environnementaux. « Tous ces petits actes sont essentiels et permettront à chacun d'être, ou de redevenir, acteur de sa consommation », précise Nadia Boeglin.
UN MOMENT CHARNIÈRE
Mais si 53 % des Français considèrent
que leur consommation a un impact négatif sur
l’environnement, ils sont encore peu nombreux
à traduire cette préoccupation dans
leurs achats. Différentes études expliquent
cela par le sentiment d’impuissance, le manque
de pression sociale ou encore l’attente d’exemplarité
des pouvoirs publics (voir encadré). Pourtant,
le développement des écolabels ou bien
encore l’adhésion grandissante autour
de la non-utilisation des sacs de caisse, par exemple,
sont autant de signaux d’une prise de conscience
naissante de l’opinion.
« Nous sommes probablement à un moment charnière, propice à la création de cercles vertueux où offre et demande s’alimenteraient l’une et l’autre pour croître simultanément », affirme Nadia Boeglin. Les pouvoirs publics et l’ADEME mettent donc en place des actions visant à informer et à sensibiliser les différents acteurs. L’agence vient ainsi d’organiser un colloque sur l’éco-consommation, “À la recherche produit vert”, réunissant près de 450 industriels, distributeurs, associations… qui a rencontré un fort succès. Et une campagne de promotion des écolabels va être lancée à la veille de la rentrée scolaire.