Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 111 / juillet - août 2006 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Faire émerger une dynamique de
l’éco-consommation

Les Français sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales mais tardent à traduire cette préoccupation dans leurs actes d’achat. L’ADEME veut faire émerger une dynamique constructive pour permettre aux produits les plus respectueux de l’environnement de sortir des marchés de niche.

« Concilier consommation quotidienne et protection de l’environnement est un enjeu majeur du développement durable », insiste Michèle Pappalardo, présidente de l’ADEME. Un Européen consomme en effet en moyenne 155 kg d’emballages ménagers et industriels, 26 kg de journaux ou encore 14 kg de textiles. Or, chaque type de produit entraîne, de sa fabrication à son élimination, des impacts spécifiques sur l’environnement et participe à la disparition des ressources non renouvelables, à la hausse des émissions des gaz à effet de serre (la consommation annuelle moyenne d’un Européen représente 9,3 t éq. CO2), etc. Nos achats entraînent également des dépenses importantes pour la collectivité, à travers le coût du traitement de l’eau ou de l’élimination des déchets. « Au-delà des discours qui stigmatiseraient quelques produits particuliers comme les sacs de caisse, les lingettes ou les produits à usage unique, il convient avant tout d’améliorer les performances de chaque produit et service, et de s’interroger sur la multiplication de nos biens et le raccourcissement de leur durée de vie », explique Nadia Boeglin, responsable du département Eco-conception et Consommation durable de l’ADEME.

IDENTIFIER LES ÉCO-PRODUITS
Certains industriels ont d’ores et déjà développé des éco-produits, conçus ou améliorés pour réduire, tout au long de leur cycle de vie, leurs impacts environnementaux, sans nuire à leur qualité et à leur efficacité. De la chaussette à l’article de papeterie en passant par la lessive ou la peinture, une quarantaine de catégories de produits et services sont aujourd’hui couverts par les deux écolabels officiels. Rien qu’en France, 300 références portent l’écolabel européen et près de 70 sociétés sont titulaires de la marque NF environnement. Outre leurs bénéfices pour l’environnement, ces labels représentent un facteur de différenciation pour les entreprises qui anticipent ainsi les contraintes du marché, développent des concepts innovants et répondent aux nouvelles attentes des consommateurs.

UN COMPORTEMENT ÉCO-CITOYEN
Ces derniers peuvent agir concrètement en privilégiant ces produits et ceux issus de l’agriculture biologique ou du commerce équitable, ainsi que les éco-recharges, les appareils économes en énergie… Il leur suffit également de se poser les bonnes questions avant tout achat – « En ai-je réellement besoin ? » ; de veiller à les utiliser au mieux en se limitant à la juste dose ou bien encore en les faisant réparer pour prolonger leur durée ; puis de les trier pour favoriser leur valorisation de fin de vie. L’éco-consommation n’est rien d’autre que l’ensemble de ces comportements d’achat et d’utilisation qui visent à réduire les impacts environnementaux. « Tous ces petits actes sont essentiels et permettront à chacun d'être, ou de redevenir, acteur de sa consommation », précise Nadia Boeglin.

UN MOMENT CHARNIÈRE
Mais si 53 % des Français considèrent que leur consommation a un impact négatif sur l’environnement, ils sont encore peu nombreux à traduire cette préoccupation dans leurs achats. Différentes études expliquent cela par le sentiment d’impuissance, le manque de pression sociale ou encore l’attente d’exemplarité des pouvoirs publics (voir encadré). Pourtant, le développement des écolabels ou bien encore l’adhésion grandissante autour de la non-utilisation des sacs de caisse, par exemple, sont autant de signaux d’une prise de conscience naissante de l’opinion.
« Nous sommes probablement à un moment charnière, propice à la création de cercles vertueux où offre et demande s’alimenteraient l’une et l’autre pour croître simultanément », affirme Nadia Boeglin. Les pouvoirs publics et l’ADEME mettent donc en place des actions visant à informer et à sensibiliser les différents acteurs. L’agence vient ainsi d’organiser un colloque sur l’éco-consommation, “À la recherche produit vert”, réunissant près de 450 industriels, distributeurs, associations… qui a rencontré un fort succès. Et une campagne de promotion des écolabels va être lancée à la veille de la rentrée scolaire.



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Un rôle à jouer pour les collectivités

Le code des marchés publics actuel autorise les acheteurs à imposer des exigences environnementales. Depuis, les expériences se multiplient et laissent entrevoir l’effet d’entraînement que pourrait avoir la commande publique, qui représente près de 15 % du PIB national. La création de réseaux, comme celui animé par l’Association des Eco-maires, (www.achatsresponsables.com) devrait accélérer la dynamique. Les acheteurs peuvent également consulter Le Guide de l’achat public éco-responsable édité par le Groupe Permanent d’Étude des Marchés « développement durable, environnement » ou le site de l’ADEME,
www.ademe.fr/eco-achats.
 


 CONTACTS

Nadia Boeglin
nadia.boeglin@ademe.fr