DÉCHETS
Le 28 décembre 2005, toutes les usines d'incinération
d'ordures ménagères (UIOM) devront être
mises en conformité avec l'arrêté
ministériel du 20 septembre 2002, transposant
dans le droit national une directive européenne
de décembre 2000. Ce texte fixe des valeurs plus
strictes à l'émission, notamment pour
les dioxines et furannes.
« Cette évolution réglementaire
traduit des exigences de plus en plus sévères
pour assurer une haute protection de l'environnement
et des personnes », précise Erwan
Autret du département déchets de l'ADEME.
Le parc des UIOM, alternative à la mise en
décharge, compte aujourd'hui 130 unités,
mais des capacités complémentaires sont
nécessaires pour assurer son renouvellement
et répondre aux besoins de certaines régions
déficitaires. L'incinération, par ailleurs,
contribue significativement à la production
d'énergie sous la forme de vapeur et d'électricité,
ce qui minimise d'autant les consommations de ressources
énergétiques et certains impacts environnementaux
(effet de serre...). La plus grande partie des usines
aura achevé les travaux de mise en conformité
le 28 décembre 2005. Quelques installations,
trop anciennes, fermeront définitivement leurs
portes à cette date. Certaines usines seront
fermées temporairement pour effectuer les travaux
nécessaires et leurs déchets seront
pris en charge dans les installations de stockage
ou d'incinération respectant la nouvelle réglementation.
« Dans le cadre de ses missions d'aide à
la modernisation de la gestion des déchets
ménagers, l'ADEME a réalisé en
2004 un premier bilan présentant les solutions
de mise en conformité envisagées et
leur coût », explique Erwan Autret.
Il était apparu que la non-conformité
la plus complexe à résoudre, en termes
de délais et de coût, concernait la prévention
de la pollution de l'air (traitement des métaux
lourds, des dioxines, des oxydes d'azote) et, dans
une moindre mesure, les conditions de combustion et
les brûleurs, la prévention de la pollution
de l'eau. Le coût prévisionnel total
de mise en conformité des 100 usines chiffrées
était estimé entre 600 et 740 M€.
Le surcoût prévisionnel de traitement
présentait une dispersion très importante
selon les usines (entre 2 et 51 € la tonne de
déchets) et était estimé en moyenne
entre 15 et 21 € la tonne de déchets.
Cette hausse significative ne devrait pas concerner
a priori les usines récentes, pour lesquelles
le coût de traitement est estimé à
78 € la tonne de déchets. L'ADEME présentera
prochainement un nouveau point sur l'avancement des
travaux.
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