Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 106 / octobre 2005 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Établissements de tourisme :
un recours accru au solaire

Grâce au Plan énergétique adopté par l'Assemblée Corse en 2001, les résultats obtenus dans le domaine des énergies renouvelables, notamment le solaire thermique, sont très positifs et encouragent leur développement. Aujourd'hui, 17 % des hôtels et campings corses produisent leur eau chaude grâce à l'énergie solaire.


CORSE

Le cap des 100 installations solaires sur un établissement de tourisme - campings et hôtels confondus - a été franchi en Corse au début de l'été. « L'énergie solaire est devenue pour les professionnels du secteur une solution à part entière, économiquement intéressante et techniquement fiable », précise François Alfonsi, de la délégation régionale de l'ADEME. Impulsée par le Plan Soleil, la même tendance s'observe chez les particuliers, propriétaires de chambres d'hôtes, gîtes ruraux ou locations meublées.

Les raisons du succès
L'île de beauté bénéficie certes de conditions d'ensoleillement favorables : sur l'année, le solaire permet de couvrir 60 à 70 % des besoins en eau chaude, voire 100 % sur la période estivale. « L’intermittence saisonnière, l’humidité des sites de bord de mer l'hiver... semblent plus faire souffrir les installations électriques et au gaz que celles fonctionnant à l'énergie solaire, remarque François Alfonsi. En outre, pour des hôtels et des campings qui doivent disposer d'eau chaude à tout moment, y compris avant et après saison alors qu'ils ne sont pas sûrs de vendre leurs nuitées, toute économie sur les charges d'exploitation prend plus d’importance que dans d'autres secteurs d’activité. » L'une des principales clés du succès reste sans doute le programme de soutien financier conduit en commun par la Collectivité Territoriale de Corse (CTC) et l'ADEME, dans le cadre du Fonds Corse de Maîtrise de l'Énergie. La CTC, via l'Agence de développement économique de la Corse et l'ADEME, qui instruit les dossiers et mène des campagnes de communication, subventionnent à parts égales l'installation d'équipements solaires thermiques, à hauteur de 40 à 50 % des dépenses. « Le travail entrepris depuis de nombreuses années porte ses fruits, observe François Alfonsi. On a constaté une forte progression des demandes en 2003, 2004 et 2005. »

Un investissement vite amorti
Près d'une soixantaine d'établissements de tourisme ont déposé, au fil des années, plusieurs dossiers, jusqu'à avoir converti au solaire la totalité de leurs équipements. « Leurs responsables ont commencé par valider le solaire à travers une première expérience, qui a démontré la rentabilité et l'efficacité du système », explique François Alfonsi. C'est le cas du propriétaire du Cantu di Mare, une résidence constituée de 14 meublés à Olmeto. Après avoir équipé une première tranche de dix villas, il y a trois ans, il vient d'équiper les quatre dernières et sa propre maison, cette année. « L'énergie solaire permet de chauffer l'eau des cumulus et lorsque l'ensoleillement est insuffisant, l'électricité prend le relais », explique Charles Mozziconacci. L'investissement de 12 000 € pour la seconde tranche, subventionné à 50 %, devrait être amorti sur cinq années. « En plus du bénéfice apporté aux propriétaires, les clients apprécient beaucoup ce geste écologique », précise-t-il.




Quelques chiffres

En Corse, 350 sites collectifs sont équipés de chauffe-eau solaires : 100 hôtels et campings, 30 grandes résidences de tourisme et camps de vacances, 120 gîtes ruraux et petits locatifs, 36 installations artisanales, 4 ports de plaisance, 30 installations réalisées par des collectivités et 30 installations en milieu agricole. Résultat : la Corse compte 48 m2 de capteurs pour 1 000 habitants, contre 11 m2 en moyenne nationale et 36 m2 en Europe.


 CONTACT

François Alfonsi
Tél. : 04 95 10 57 55
francois.alfonsi@ademe.fr



Pôle Orly-Rungis : un PDE pour assurer l'avenir

Le plan de déplacements d'entreprise (PDE) mené sur la zone d'activité Orly-Rungis est le plus important de France. Son objectif majeur : renforcer l'attractivité du premier bassin d'emplois du sud parisien.

ILE-DE-FRANCE

Aéroport, marché d'intérêt national, centre commercial, plate-forme logistique, zone hôtelière et parc locatif de bureaux : le pôle d'activités Orly-Rungis (2 000 ha) représente le plus grand espace économique du sud de l'Ile-de-France. Quatre mille entreprises y sont implantées et plus de 63 000 personnes y travaillent. Mais les routes saturées et des transports en commun mal adaptés posent des problèmes permanents, tant pour les visiteurs que pour les salariés. « Le pôle Orly-Rungis possède un fort potentiel de croissance, souligne Pierre Lefort, président de l'Association pour le développement économique d'Orly-Rungis (ADOR). Pour renforcer son attractivité, les six grands opérateurs du secteur* se sont regroupés afin de remédier aux difficultés de transport et faciliter les échanges à l'intérieur de la zone. » Début 2004, le plus grand PDE de France était lancé en partenariat avec le Conseil général du Val-de-Marne, l'ADEME et EMS, bureau d'études filiale de la RATP et de la CCI de Paris.

Fédérer les énergies
Le diagnostic des infrastructures existantes et les interviews de 5 000 salariés et de 500 visiteurs ont permis à EMS de proposer plusieurs solutions pour améliorer l'attractivité du site. « La desserte ferroviaire ne concerne que quelques points très localisés de la zone, explique Véronique Berthault, présidente d'EMS. Il serait donc logique de créer des liens (navettes, services à la demande...) entre ces gares et les entreprises souvent éloignées de plusieurs kilomètres. De même, nous allons promouvoir le covoiturage et demander un renforcement (horaires, fréquences) de certaines lignes de bus. » De plus, courant 2006, un portail Internet centralisera toutes les sources d'information concernant les moyens de transport desservant le pôle Orly-Rungis. « La présence d'un porteur de projet est un élément-clé dans la réussite d'une telle opération, estime Jean-Yves Marie-Rose de la délégation Ile-de-France de l'ADEME. Ainsi, l'ADOR a permis de fédérer les énergies des partenaires impliqués dans ce PDE. Nous l'avons accompagnée dès le lancement de l'opération, tant au niveau de l'élaboration du questionnaire d'interview que dans la préconisation de solutions concrètes aux problèmes de déplacement. à l'avenir, notre intervention portera sur l'évaluation de l'impact environnemental des mesures décidées. » L'ADEME a également apporté un soutien financier : 40 % des 150 k€ consacrés à la réalisation des études (25 % par le Conseil général du Val-de-Marne et 35 % par l'ADOR).

* ADP, Semmaris, Sogaris, Silic, Centre commercial Belle-Epine, et la zone hôtelière.






 CONTACT 

Jean-Yves Marie-Rose
Tél. : 01 49 01 45 47
jean-yves.marie-rose@ademe.fr