TRANSPORT
La consommation d’énergie d’une
voiture particulière est largement supérieure
en ville par rapport au cycle normalisé d’homologation
européen, notamment parce que, dans les grandes
agglomérations, les phases d’arrêt
représentent jusqu’à 35 %
du temps de déplacement. Dans un contexte de
raréfaction des ressources pétrolières,
mais aussi de lutte contre les émissions de
gaz à effet de serre et de polluants, les industriels
de l’automobile cherchent à développer
des solutions permettant d’augmenter l’efficacité
énergétique des véhicules. C’est
le cas du système alterno-démarreur
mis au point par l’équipementier Valeo
et le constructeur PSA Peugeot Citroën, avec
le soutien de l’ADEME qui a accordé une
avance remboursable dans le cadre du PREDIT*.
Deux fonctions en une
Dans le cas d'une motorisation conventionnelle, les
fonctions de démarrage du moteur thermique
et de génération de puissance électrique
sont réalisées par deux organes électriques
distincts, le démarreur et l'alternateur. L’alterno-démarreur
remplit ces deux fonctions. Il se compose d’une
puissante batterie (12 V) optimisée pour
les démarrages fréquents, d'un onduleur
pour alimenter la machine électrique en mode
moteur, d’un régulateur standard pour
contrôler le courant en mode génératrice
et d’une machine électrique externe au
groupe et entraînée par une courroie.
La stratégie de gestion de ce système
permet de couper le moteur thermique lors d'une phase
de ralenti dépassant un certain temps pour
le redémarrer instantanément dès
sollicitation (accélération, embrayage…),
tout en maintenant une température suffisante
pour le bon fonctionnement du pot catalyseur et en
assurant un bilan énergétique favorable
(qui dépend de la durée de l'arrêt
et du rendement global de la chaîne électromécanique).
« L’avantage de ce système
est de pouvoir s'intégrer sur les groupes moto-propulseur
existants sans nécessiter de modifications
majeures », explique Stéphane Biscaglia
du département technologies des transports
de l’ADEME.
Une première étape
Des tests menés chez les équipementiers ainsi qu'au laboratoire LTE de l'INRETS montrent des gains en consommation de 1,5 % pour des cycles routiers (par amélioration du rendement de la génératrice) à 9 % sur un cycle urbain dense.
De nouvelles recherches sont en cours. L'ADEME finance notamment des travaux sur les super-condensateurs et les équipementiers travaillent sur des solutions plus puissantes permettant d'aider les phases d'accélération, voire le déplacement du véhicule aux faibles allures.
« Pour les constructeurs européens, assez frileux sur les technologies de l'hybridation,
l'alterno-démarreur constitue une première étape à moindre risque »
, précise Stéphane Biscaglia. Les solutions en cours de développement se heurtent cependant aujourd'hui encore aux problèmes
du coût et de la fiabilité du stockage électrique.
* Programme National de Recherche
et d'Innovation dans les Transports Terrestres.
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