Mensuel à destination des entreprises et des collectivités territoriales

 N° 105 / septembre 2005 Lettre | Dossier | Newsletter S'abonner | Archives 
Réhabilitation d’un site pollué : une nouvelle méthode expérimentée dans l’Aude

À la suite d’une décision interministérielle en 1998, l’ADEME teste sur le site de l’ancienne usine de traitement de minerai de la Combe du Saut (nord de Carcassonne), région montagneuse à proximité de la rivière d’Orbiel, un programme visant à réduire les transferts de pollution diffuse vers les eaux de surface grâce à la gestion des eaux de ruissellement et à une végétalisation adaptée à la pollution résiduelle.


LANGUEDOC-ROUSSILLON

Depuis 1909, l’usine de la Combe du Saut (proche de Salsigne) a traité, sur 60 hectares, 12 millions de tonnes de minerai pour produire de l’or et du trioxyde d’arsenic, activités très polluantes. Dans le cadre de la réhabilitation des sites pollués à responsables défaillants, l’ADEME a été chargée depuis janvier 1999 d’y mener un programme d’un montant de 30 millions d’euros. Les études ont permis d’estimer à plus de 2 tonnes les quantités d’arsenic se déversant chaque année dans les eaux de ruissellement. Seule une part de celles-ci sera traitée sur le site avant rejet dans la rivière d’Orbiel. « La réhabilitation doit permettre de faire baisser la concentration dans les eaux de ruissellement de 20 à 30 mg/l à moins d’1 mg » , explique Patrick Jacquemin, chef de projet à l’ADEME.

Intervention en trois temps
Pour atteindre cet objectif, l’ADEME a programmé trois actions successives.

  • Premièrement, le confinement des déchets pollués : après avoir évacué 5 000 tonnes des déchets les plus dangereux, les bâtiments ont été détruits avant d’enfouir les déchets et les gravats correspondants dans une alvéole étanche créée à cet effet.
  • Deuxièmement, l'excavation des terres de surface les plus polluées afin de faire chuter la concentration en arsenic (jusqu’à 100g/kg au départ) à moins de 3 g/kg : les travaux de terrassement (400 000 m3) sont en cours et la terre excavée est entreposée dans une zone de confinement de 11 ha, qui sera recouverte d’une géomembrane et de terre propre.
  • Troisièmement, la gestion des eaux de ruissellement et la phytostabilisation des sols sur les 20 ha pré-nettoyés : c’est le projet Difpolmine, qui teste une nouvelle approche expérimentale permettant de réduire les transferts de pollution vers les eaux de surface.

Des partenariats européens
Pour mener à bien ce projet de 25 M€, co-financé dans le cadre du programme européen Life environnement à hauteur de 1 M€, l’ADEME s’est associée à trois partenaires. L’Université de Limburg (Belgique) est chargée de la phytostabilisation, qui consiste à revégétaliser les parcelles polluées dans le but de minimiser le ruissellement, les plantes favorisant l’infiltration de l’eau. Elle a procédé en 2003 à des essais en laboratoire et en serre afin de sélectionner les espèces végétales et les amendements nécessaires, y compris de la grenaille de fer pour fixer l’arsenic. En février 2004, cinq planches tests de 100 m2 ont été ensemencées, afin de valider la méthodologie de revégétalisation des 20 ha, prévue au printemps 2006. La mission d’IRH environnement porte sur la gestion des eaux. Le réseau, partiellement existant et dont la configuration finale a été optimisée grâce à des simulations informatiques, doit permettre d'une part de collecter et de traiter les eaux de ruissellement polluées tant que l'objectif de 1 mg/l en arsenic n'est pas atteint, et, d’autre part, de recueillir séparément les eaux de ruissellement propres. IRH a également mis en place un système de suivi sur les planches tests qui sera étendu sur tout le site (stations de mesure dans les caniveaux, etc.) afin d’ajuster les systèmes de gestion des eaux, et donc minimiser les coûts de traitement. L’Université de technologie et d’économie de Budapest, intéressée par le projet, s’est également associée en vue d’adapter cette méthode à un site hongrois, dans la vallée de la Toka. Plus généralement, une évaluation du potentiel d'utilisation de ce type de réhabilitation sera faite pour voir si l'approche peut être appliquée à d'autres lieux.




Un séminaire sur les sites pollués

L’ADEME organise un séminaire consacré au devenir des grands sites pollués par des métaux du 12 au 14 décembre 2006 à Montpellier. Cette rencontre s’adresse plus particulièrement aux exploitants de sites industriels, maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre, aux bureaux d’études et entreprises de travaux dans le domaine des sites et sols pollués, des travaux publics ou spécialisés dans le domaine de la végétalisation.
Le contenu du programme et les conditions d’inscription peuvent être obtenus en consultant le site : www.difpolmine.org


 CONTACTS

Patrick Jacquemin
Tél. : 05 62 24 11 42
patrick.jacquemin@ademe.fr

Marc Arguillat
Tél. : 04 67 99 89 70
marc.arguillat@ademe.fr



La réserve naturelle se met au solaire

La réserve naturelle de l'étang da la Mazière, dans le Lot-et-Garonne, vient de se doter d’une centrale photovoltaïque raccordée au réseau et d’un chauffe-eau solaire. Outre leur intérêt énergétique, ces installations serviront de support pédagogique et permettront de sensibiliser particuliers et élus locaux.

AQUITAINE

Pour la réserve naturelle de l’étang de la Mazière, les énergies renouvelables sont une priorité. « Cette thématique figure dans notre second plan quinquennal 2001-2006 , explique Alain Dal Molin, le responsable de sa gestion. Si les réserves naturelles ne se mobilisent pas sur le thème essentiel de la préservation de l’environnement, qui va le faire ? » Après avoir fait réalisé un diagnostic et une étude de faisabilité avec l’aide de l’ADEME, la réserve s’est donc équipée au début de l’année d’un générateur photovoltaïque capable de produire de l’électricité en mode raccordé sur le réseau et d’un chauffe-eau solaire.

Une production de 14 000 kWh
Les 110 m2 de panneaux photovoltaïques ont été installés sur un ancien séchoir à tabac, tout près de la maison de la réserve. Le générateur, d’une puissance totale de 12 900 Wc, peut produire 14 000 kWh (équivalent à la consommation électrique annuelle hors usages thermiques de 5 foyers), c’est-à-dire plus que les 12 000 kWh nécessaires sur le site. L’intégralité de la production est revendue à EDF à 0,15 €/ kWh, auprès duquel la réserve achète son énergie entre 0,06 et 0,09 € (le “bénéfice’’ annuel est estimé à 1 200 €). Un module de sécurisation assure l’autonomie partielle du site (avec 1 020 Wc) en cas de rupture accidentelle de l’approvisionnement par le réseau. Enfin, un logiciel offre un suivi très précis des courbes de production journalières ou mensuelles, des données météo, etc. Quant au chauffe-eau solaire, composé de 7,5 m2 de capteurs, il garantit, grâce à une capacité de stockage de 500 litres, la satisfaction des besoins en eau chaude sanitaire. De plus, son échangeur de chaleur lui permet, en demi-saison, de préchauffer l’eau de l’installation de chauffage central. Le montant total de l’investissement est de 147 000 e, dont 12 % ont été auto-financés par la Société pour l'étude, la protection et l’aménagement de la nature en Lot-et-Garonne (la SEPANLOG qui gère le site) et près de 8 % subventionnés par l’ADEME. « L’opération était intéressante à plus d’un titre : c’est la plus importante installation d’Aquitaine reliée au réseau, le projet émane d’une structure associative et le site est très fréquenté par le grand public, notamment des scolaires et des particuliers » , précise Alain Mestdagh de la délégation Aquitaine de l’ADEME. Le reste de la facture a été financé grâce au concours de l’Union européenne (Feder à 40 %), du Conseil régional (23 %), du Conseil général (10 %) et de la Communauté de communes du Val-de-Garonne (7 %).

Information et sensibilisation
En contrepartie, cette dernière a demandé à la SEPANLOG d’organiser une journée d’information pour ses maires et d’apporter un appui technique à ceux qui souhaiteraient suivre cet exemple. « Convaincue de l’intérêt de cette opération, une mairie vient d’installer un chauffe-eau solaire dans sa salle des fêtes » , se félicite Alain Dal Molin. Dans le même esprit pédagogique, une exposition mobile sur les énergies renouvelables est proposée aux écoles. Et dès la prochaine rentrée scolaire, la réserve, qui accueillait déjà des classes pour des animations nature, proposera un nouveau module sur l’énergie solaire. Une journée “portes ouvertes” destinée au grand public sera organisée en septembre 2005, lors de l’inauguration officielle des équipements solaires. « Nous aimerions désormais que la maison de la réserve devienne un Point Info —>Énergie » , projette Alain Dal Molin.





 CONTACT Alain Mestdagh

Tél. : 05 56 33 80 29
alain.mestdagh@ademe.fr