En 2004, 8 150 chauffe-eau solaires individuels (CESI)
ont été installés contre 5 400
en 2003 et 3 700 en 2002. La même progression
se retrouve dans la surface des panneaux solaires
installés : 55 000 m2 en 2004, contre la moitié
seulement en 2002. « À fin 2004,
147 000 m2 de panneaux étaient installés,
précise Jean-Louis Bal, directeur des Énergies
renouvelables, des réseaux et des marchés
énergétiques à l’ADEME.
C’est un bilan très satisfaisant
d’autant que nous savons par des audits réguliers
que la qualité des réalisations est
excellente. » Un bémol cependant
: l’augmentation du prix des équipements
de 10 à 15 % depuis 2000. Alors qu’au
lancement du Plan Soleil, les fabricants vendaient
directement aux installateurs, les produits entrent
progressivement dans les circuits commerciaux traditionnels,
ce qui a pour effet d’ajouter des marges. Cette
évolution est cependant incontournable pour
atteindre des volumes importants qui engendreront
des effets d’échelle et une plus grande
concurrence et, donc, ensuite, des baisses de prix.
Doublement des ventes de CESI
Depuis le début de 2005, le boom de la demande
est spectaculaire. Sur le premier trimestre de l’année,
les professionnels ont signalé un doublement
de leurs ventes de CESI par rapport à la même
période de 2004. Mieux, les installations de
systèmes solaires combinés (SSC), qui
produisent eau chaude et chauffage et nécessitent
un investissement plus lourd, devraient bondir de
600 en 2004 à près de 1 500 en 2005.
Au 1er janvier 2005, le crédit d’impôt
pour les dépenses d’équipement
“Énergies renouvelables” dans l’habitat
principal est passé de 15 % à 40 %.
Cette mesure, dont bénéficient également
les personnes non imposables, est venue remplacer
les aides auparavant attribuées par l’ADEME.
« Il s’agit d’un geste très
fort de la part de l’État, souligne
Jean-Louis Bal, car le taux de 40 % est exceptionnel.
» De plus, depuis l’été
2004, les consommateurs ont pris conscience que le
prix du pétrole était durablement parti
à la hausse. « La combinaison crédit
d’impôt et hausse des cours du pétrole
a agi comme un déclencheur », observe
Jean-Louis Bal. Compte tenu des subventions attribuées
par les collectivités territoriales, l’installation
d’un CESI est aujourd’hui aidée
à près de 50 % du coût total.
Toutes les régions – à l’exception
d’une seule dont la décision est attendue
prochainement – se sont en effet associées
à la promotion de l’énergie solaire
thermique en versant aux particuliers des primes directes
pouvant aller jusqu’à 1 400 euros. Certains
départements et certaines communes amplifient
ces incitations en offrant également des subventions.
LA CAMPAGNE 2005
La campagne 2005 en faveur du Plan Soleil s’inscrit dans le droit fil du ton développé en 2004 sur le thème “Chauffe-eau solaire, passez à l’acte !”. Par l’immédiateté et la dramatisation des enjeux, il s’agit de montrer la nécessité d’agir efficacement, individuellement et collectivement. Destinée au grand public et aux collectivités, cette campagne se décline en un dispositif presse écrite, des spots radio et des outils de communication mis à disposition des régions. De plus, un Numéro vert (0 800 310 311) répond à toutes les questions sur les aides financières et le fonctionnement du CESI.
Et pour la première fois en 2005, le Plan Soleil s’inscrit dans la campagne ADEME “Énergies renouvelables. Faisons vite, ça chauffe.”
LE PROGRAMME 2006
Au programme de 2006, figure notamment l’amélioration
de la gestion de la Charte Qualisol. Le nombre de
professionnels agréés atteint en effet
6 500 aujourd’hui, soit treize fois plus qu’en
2000. Or seulement 40 % d’entre eux ont déjà
installé des chauffe-eau solaires. «
Ceux qui n’ont pas réalisé
d’installations sur les deux dernières
années seront exclus des listes, indique
Jean-Louis Bal. Cette action sera menée
avec les professionnels. À terme, nous souhaitons
que les industriels et les installateurs deviennent
propriétaires de la marque Qualisol et gèrent
eux-mêmes la Charte. »