Un système de management environnemental en agriculture
La prise en compte de l’environnement dans l’activité agricole devient une nécessité. Il s’agit d’assurer la durabilité agronomique et économique des exploitations, tout en protégeant l’environnement et en préservant la biodiversité. Zoom sur une démarche exemplaire de certification ISO 14001 obtenue collectivement par dix-huit agriculteurs picards. |
PICARDIE
Peut-on produire mieux en consommant moins d’énergie
et en rejetant moins de déchets ? Pour répondre
à ces préoccupations, dix-huit agriculteurs
picards se sont regroupés au sein d’une
association - Terr’Avenir
- afin de mettre en place un système de management
environnemental (SME) au sein de leurs exploitations.
Initiée par la délégation régionale
Picardie de l’ADEME en 2002, cette démarche
collective a abouti en mars 2005 à l’obtention
de l’ISO 14001. Reconnue internationalement,
cette certification est identique à celle attribuée
aux entreprises industrielles, mais adaptée
aux particularités du monde agricole.
DES AUDITS CROISÉS POUR PROGRESSER ENSEMBLE
« Cette certification a entraîné
les exploitants dans une spirale de progrès
continu qui touche à tous les paramètres
de l’entreprise, apprécie Iman Bahmani-Piaseczny,
de la délégation régionale Picardie
de l’ADEME. Celle-ci s’applique aussi
bien aux employés qu’aux champs ou aux
bâtiments agricoles. Diagnostic, détermination
des process, plans d’actions, contrôles,
évaluations… : les étapes définies
pour l’industrie ont été reprises
par les adhérents de Terr’Avenir. »
La mise en place d’audits internes croisés
entre les membres de l’association a créé
une dynamique de groupe, élément clé
de la réussite de l’opération.
Chacun a pu voir les difficultés rencontrées
par ses partenaires, échanger... et trouver
des solutions applicables par tous. Cette démarche
suppose cependant que l’ensemble des agriculteurs
ait la même implication dans leur volonté
de mettre en place le SME : la pérennité
de la certification peut être compromise par
la défaillance de l’un des adhérents.
AGRICULTURE ET PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
L’ADEME a initié et suivi l’ensemble
de l’opération. Elle a également
- avec le Conseil régional de Picardie - assuré
tout ou partie du financement de chacune de ses étapes
: diagnostic, formation des agriculteurs, accompagnement
de la mise en place du SME, mission d’étude
à Québec (Canada), conception d’outils…
« Les exploitants de Terr’Avenir exercent
aujourd’hui leur métier au regard de
la protection de l’environnement, fait
remarquer Iman Bahmani-Piaseczny. Il y a là
une vraie appropriation de la démarche qui
va de pair avec un changement des mentalités.
» Pour preuve, une réflexion est
d’ores et déjà en cours avec les
collectivités locales pour mener des actions
communes sur des thèmes aussi variés
que les déchets, l’énergie ou
l’eau.
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Mesure
de la chlorophylle des céréales
: indicateur pour l’apport d’azote
© J. Deya / ADEME |
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La France agricole concernée |
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Aujourd’hui, une cinquantaine d’exploitations agricoles se sont engagées en Picardie à mettre en place un système de management environnemental suite à l’opération exemplaire de Terr’Avenir. Cette démarche collective, la première en France, peut aisément être reprise partout sur le territoire. Ainsi, en Poitou-Charentes, six agriculteurs se sont d’ores et déjà lancés dans une action similaire. D’autres opérations pourraient être entreprises en Bretagne et en Rhône-Alpes. L’ADEME peut également soutenir tout exploitant qui souhaiterait être certifié au niveau individuel. |
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Une cité universitaire à l’heure de la maîtrise de l’énergie
La réduction des consommations énergétiques constitue l’une des préoccupations du CROUS* de Montpellier lors de la rénovation de ses résidences universitaires. L’exemple de Vert-Bois représente un cas d’école.
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LANGUEDOC-ROUSSILLON
A Montpellier, la réhabilitation des résidences universitaires est à l’ordre du jour : d’ici 2012, plusieurs milliers de chambres seront rénovées. Objectifs ? Remise aux normes, amélioration des conditions de vie des étudiants et réduction des consommations d’énergie et d’eau. Les travaux ont commencé dans le bâtiment D de la cité Vert-Bois. « Nous avons transformé les 166 chambres de 10 m2 en 120 studios de 15 m2, dont 8 pour des couples, explique Laurent Larrieu, directeur adjoint du CROUS de Montpellier. Ces studios comportent tous un bloc sanitaire et une kitchenette indépendants. Ils sont également équipés d’appareils économes en énergie et en eau : lampes basse consommation, réfrigérateurs classe B, douchettes à turbulence, mitigeurs thermostatiques, ventilations hygroréglables, etc. »
UN PAS VERS LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
Outre ces aménagements intérieurs, le bâtiment lui-même a été rénové de façon à limiter la consommation énergétique. 42 m2 de capteurs solaires thermiques ont été installés sur la toiture. Ils couvrent 60 % des besoins énergétiques nécessaires pour produire l’eau chaude. Une nouvelle chaudière au gaz à très haut rendement a également contribué à diminuer les dépenses. Côté électricité, 20 % de l’énergie nécessaire à l’éclairage artificiel sont produits par 31 m2 de panneaux photovoltaïques installés sur le mur du bâtiment exposé au sud. « Des balcons végétalisés assurent une climatisation naturelle durant les fortes chaleurs
, souligne Laurent Larrieu. Les plantes à feuilles caduques limitent l’impact des rayons solaires l’été et les laissent passer l’hiver. L’inclinaison des treillis métalliques des façades a été fixée pour assurer un rôle similaire. »
UN PROJET RETENU AU TITRE DES “OPÉRATIONS EXEMPLAIRES”
Ce projet, d’un coût de 2 M€, a été en partie financé par le Conseil Régional Languedoc-Roussillon et l’ADEME et ce, à trois niveaux : étude d’optimisation énergétique (14 200 €), étude préalable et équipements solaires (46 550 €). « Le projet ayant été retenu comme "Opération exemplaire" a bénéficié d’une aide exceptionnelle de 91 700 €
, précise Catherine Borgida, de la délégation régionale Languedoc-Roussillon de l’ADEME. Nous pensons en effet qu’il s’agit d’une action reproductible sur l’ensemble des cités universitaires construites dans les années 60-70… et dont bon nombre ont besoin d’être rénovées. »
Un excellent moyen de répondre à la fois aux attentes des étudiants en matière de confort et aux préoccupations liées à la maîtrise des consommations énergétiques. Ainsi, sur la saison 2003-2004, les travaux effectués sur le seul bâtiment D de la résidence Vert-Bois (qui en compte 6 au total) ont permis de réaliser 12 % de gains sur la facture énergétique globale.
* Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires. |
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