AGRICULTURE
30% de la valeur ajoutée,
c’est ce que représente la facture d’énergie
nécessaire à la déshydratation
des pulpes de betterave et des fourrages (luzerne,
graminées). L’opération se réalise
dans des tubes sécheurs horizontaux qui attaquent
le produit à haute température (700
°C à 800 °C) pour le faire passer très
rapidement de 80 % d’humidité à
12 ou 13 %. La plupart des unités de déshydratation
utilisent du gaz naturel ou, de plus en plus, du charbon,
moins cher. La mise au point de techniques plus économes
est une priorité pour les acteurs de cette
filière qui produit 1 million de tonnes de
pulpes déshydratées par an.
UN SAUT TECHNOLOGIQUE
La première crise de l’énergie avait déjà encouragé les déshydratateurs à améliorer leur process en investissant dans du matériel de préfanage, pour faire sécher le plus possible par le soleil le fourrage coupé, et en utilisant, pour les pulpes de sucrerie, des presses suffisamment puissantes pour enlever mécaniquement le maximum d’eau avant le séchage thermique. Au total, la consommation était descendue à 800 kWh par tonne d’eau évaporée. Un saut technologique a ensuite été franchi, permettant d’afficher une consommation moyenne inférieure à la consommation nécessaire pour évaporer l’eau, grâce à la récupération de l’énergie contenue dans les fumées de sortie sous forme de chaleur latente de vaporisation. Cette chaleur récupérée par condensation permettait de produire un air chaud neuf, relativement à basse température, mais susceptible de contribuer au processus de séchage par l’intermédiaire d’un tapis de grande surface.
UN PROCÉDÉ PERFORMANT
Le sécheur basse température peut
être placé avant ou après le sécheur
haute température. Dans le cas des premières
opérations de démonstration, ce sécheur
avait été installé en amont du
tube de déshydratation, comme “présécheur”
. Quelques installations fonctionnent ainsi et permettent
d’enlever gratuitement le tiers de l’eau
et de faire descendre la consommation moyenne à
500 kWh par tonne d’eau évaporée.
L’inconvénient est que le produit préséché
risque de se consumer lors de son entrée dans
le sécheur à haute température.
Il faut donc diluer fortement les gaz de combustion
pour baisser la température d’attaque
jusqu’à 400 °C, ce qui conduit
à aspirer davantage d’air comburant et
augmente la consommation électrique des ventilateurs.
Mais les économies d’énergie réalisées
par ailleurs compensent largement cette surconsommation.
« Un grand nombre d’installations sont
susceptibles d’utiliser ce procédé
en France », conclut Bernard Martelly, ingénieur
responsable du secteur des industries agroalimentaires
de l’ADEME.
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