L'éolien : une réelle contribution
au bilan énergétique régional
En juin 2005, la mise en service du parc éolien d'Aumelas portera à quinze le nombre des parcs en Languedoc-Roussillon. Sa production électrique permettra d'éviter le rejet dans l'atmosphère de plusieurs milliers de tonnes de gaz à effet de serre. |
LANGUEDOC-ROUSSILLON
Doté de bons gisements solaire et hydraulique, le Languedoc-Roussillon bénéficie également d'un important gisement éolien. Son évaluation précise a pu être réalisée grâce au logiciel GéoWind, développé pour l'ADEME par le cabinet GERMA, et a donné lieu à l'édition d'un atlas régional éolien. Il permet à l'ADEME d'informer les communes, les propriétaires et les développeurs du potentiel éolien sur leur territoire. Largement en tête des 18 régions françaises productrices, le Languedoc-Roussillon représente aujourd'hui 31 % de la puissance installée (soit 120 MW). En 2004, la région a fourni 44 % de la production éolienne nationale. Avec 326 millions de kWh injectés sur le réseau en 2004, la production éolienne a couvert 2,3 % de la consommation annuelle régionale d'électricité alors que l'ensemble des énergies renouvelables (hydraulique, biomasse, photovoltaïque et éolien) a représenté 22,5 % de cette consommation.
UN NOUVEAU PROJET DANS L'HÉRAULT
Le Languedoc-Roussillon poursuit le développement
de son parc éolien par la mise en service en
octobre 2005 de la centrale d'Aumelas et de ses onze
éoliennes, bien acceptées par la population
locale. SIIF Énergies en est le développeur
et maître d'ouvrage. EDF assure la maîtrise
d'ouvrage du raccordement au réseau. Chaque
aérogénérateur, livré
par le fabricant allemand REPOWER, pèse 200
tonnes, mesure 100 m de haut (en bout de pale) pour
une puissance unitaire de 2 MW.
DES POLLUTIONS ÉVITÉES
La puissance totale du nouveau parc éolien
sera donc de 22 MW. Sa production électrique
annuelle estimée à 63,8 millions de
kWh permettra de couvrir la consommation domestique
de près de 26 000 habitants. La même
quantité d'énergie produite à
partir du pétrole aurait entraîné
le rejet annuel dans l'atmosphère de 45 298
tonnes de CO2, 8 tonnes de monoxyde de carbone, 456
tonnes d'oxyde de soufre et 143 tonnes d'oxydes d'azote.
« Seule la fabrication de la machine entraîne
des rejets polluants, mais ce bilan environnemental
est amorti trois à cinq mois après la
mise en service de l'éolienne »,
explique Erick Montez, chargé d'affaires chez
SIIF Énergies.
UNE OPÉRATION REPRODUCTIBLE
Le potentiel de reproductibilité de cette opération est important : dans le cadre du Schéma de service collectif énergie adopté en 1999, la puissance éolienne régionale exploitable, à échéance 2010, a été estimée à 1 000 MW. Il est vrai que le Languedoc-Roussillon bénéficie d'une situation privilégiée car, sur 35 % du territoire, la vitesse moyenne annuelle du vent est supérieure à 6 m/s à 60 m au-dessus du sol, ce qui correspond à la hauteur moyenne d'un rotor d'aérogénérateur. « Des projets et des réflexions sont en cours avec les communautés de communes pour les aider à définir, en concertation avec les populations concernées, les zones potentielles de développement raisonné de l'éolien », note Jean-François Cousin, de la délégation régionale Languedoc-Roussillon de l'ADEME.
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L'éolien côté mer |
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Disposant de 300 km de côtes méditerranéennes, la région Languedoc-Roussillon bénéficie de zones maritimes dont les caractéristiques physiques pourraient être favorables à l'implantation de parcs éoliens off-shore. Publiée conjointement par l'AME (Agence Méditerranéenne de l'Environnement) et l'ADEME en 2000, une étude sur le développement de l'éolien maritime a permis d'identifier un potentiel global de 1 700 MW. Des travaux plus récents, soutenus par l'ADEME, indiquent que, compte tenu des conditions d'implantation, l'investissement “off-shore” serait plus coûteux en Languedoc-Roussillon qu'en mer du Nord ou en Bretagne. Plusieurs projets sont cependant à l'étude à court (2005) et moyen termes (2015).
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Économies d’énergie : D’Aucy s’y met aussi
En Saône-et-Loire, la conserverie D’Aucy a opté pour un système de production d’eau chaude haute performance : un moyen d’améliorer ses process et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
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BOURGOGNE
Pour assurer la fabrication
de conserves de légumes et de plats cuisinés,
l’usine D’Aucy de Ciel (Saône-et-Loire)
utilise une grande quantité de vapeur et d’eau
chaude : 280 m3 par jour à 55 °C. Cette
température doit être strictement respectée,
tant pour fabriquer le jus qui entre dans la composition
des conserves que pour assurer une efficacité
optimale des produits de nettoyage de l’usine.
« Notre système de chauffage
de l’eau posait de nombreux problèmes
: mauvais rendement, température irrégulière,
grande consommation d’énergie..., rappelle
Philippe Pensivy, directeur de l’usine. En
2000, nous avons entamé une réflexion
pour améliorer la production d’eau chaude. »
PERFORMANCE ET ÉCONOMIES D’ÉNERGIE La société Val D’Aucy a décidé de modifier son procédé de production d’eau chaude en récupérant de l’énergie sur les gaz de combustion de la chaudière vapeur (7 t/h). Le choix s’est donc porté sur une installation à très haute performance, procédé Hydrogaz® contact direct (conçu par la société Lacaze basée dans le Lot), couplée à une récupération de l’énergie. Ainsi, quand la chaudière fonctionne, les fumées de combustion (240 °C) sont dirigées vers l’Hydrogaz® où elles servent à chauffer une eau pulvérisée en fines gouttelettes. Cette eau passe ensuite dans un échangeur afin de fournir une eau de process à 55 °C, stockée dans un ballon de 30 m3. Lorsque la chaudière est arrêtée et une fois l’eau du ballon utilisée, l’eau chaude est produite dans l’Hydrogaz® à partir du brûleur. « La consommation d’énergie consacrée à la production d’eau chaude a ainsi été réduite de 55 %, avec une parfaite stabilisation de sa température », apprécie Michel Tavernier, responsable entretien. Le procédé mis en place s’accompagne également d’une réduction de l’émission des gaz à effet de serre. Les rejets de CO2 ont été diminués de 10 % (soit 430 t/an) et l’émission d’autres polluants atmosphériques, tels les NOx, fortement réduits.
CONSEILS ET SOUTIEN FINANCIER
Pour réaliser cette opération, D’Aucy
a bénéficié de l’aide de
l’ADEME. Les investissements réalisés
– 160 k€ amortis en 7 ans – ont été
soutenus par l’Agence au titre du programme
Prométhée, auquel participent également
l’Union européenne, le Conseil régional
de Bourgogne et l’État. « Nous
avons financé les installations à hauteur
de 14 800 €, précise Cécile
Colson, de la délégation régionale
Bourgogne de l’ADEME. Il s’agit d’une
opération exemplaire qui pourrait être
reproduite dans la plupart des usines du secteur agro-alimentaire
utilisant de grandes quantités d’eau
chaude dans leur process. De plus, elle s’inscrit
pleinement dans le cadre de la lutte contre le réchauffement
de la planète en limitant le recours aux énergies
fossiles. »
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