L’usine Nord Pal Plast, au sud de Lille, prévoit de transformer
10 000 tonnes de flaconnages ménagers en 2007.

  NORD PAL PLAST EN CHIFFRES  
 

L’étude de marché initiale, d’un montant de 42 000 euros, a été financée à 50 % par l’ADEME et la région Nord-Pas-de-Calais. Elles ont apporté 194 000 euros, lors du premier investissement de
776 000 euros dans une ligne de traitement. Elles ont renouvelé leur aide, d’un montant de 190 000 euros, pour l’ouverture d’une nouvelle ligne de production de 760 000 euros destinée à traiter de nouveaux gisements incluant le tri des bouteilles opaques en PEHD. Aujourd’hui, Nord Pal Plast compte une cinquantaine de salariés.

 
 
 

 

Nord Pal Plast
Les plastiques ne perdent pas le nord

La région Nord-Pas-de-Calais et l’ADEME ont soutenu et participé au financement d’une usine de recyclage de plastiques usagés, Nord Pal Plast. Cette usine a permis l’installation d’une filière globale de retraitement unique en France. Visite guidée.

Recycler, c’est bien. Le faire localement, c’est mieux. Depuis 2003, les déchets plastiques du Nord-Pas-de-Calais ne partent plus en Chine ou en Europe de l’Est. Ils sont retraités par la seule plateforme de recyclage de la région, Nord Pal Plast, créée il y a cinq ans. L’unité de pré-industrialisation broie chaque jour des milliers de bouteilles plastiques usagées pour les transformer en «déchiquetas», vendus à l’industrie du textile et de l’emballage alimentaire. «Nord Pal Plast s’est implantée dans l’ancienne friche industrielle de l’usine Selnor, à Lesquin, au sud de Lille, indique Agnès Jacques, ingénieur déchets et responsable du pôle Territoires à la délégation Nord-Pas-de-Calais de l’ADEME. Avant l’installation, l’ADEME et la région ont financé 50 % d’une étude de marché, réalisée par un cabinet indépendant, qui a montré l’existence de nombreux gisements et la présence de plusieurs clients industriels dans la région.»

Une filière globale
Les plastiques usagés proviennent principalement des centres de tri, des déchèteries, des chutes de production et des emballages industriels. Ils pourront ensuite être recyclés en emballages alimentaires, mais également en fibres textiles, tapis de sol ou moquettes pour automobile. Les repreneurs existent dans le nord-est de la France, en Belgique et en Allemagne, et la société privilégie les transports les plus courts possibles. Nord Pal Plast a investi, avec le soutien financier de la délégation régionale Nord-Pas-de-Calais de l’ADEME et du conseil régional, dans une double chaîne de traitement des plastiques durs (PVC, salons de jardin, bacs à ordures, etc.) et souples (films d’emballage).
Les flaconnages ménagers passent sur une ligne de tri/broyage/lavage. «Cette filière globale est une première en France», souligne Agnès Jacques. En 2006, une deuxième tranche d’investissement a eu lieu, toujours avec le soutien de l’ADEME, pour ouvrir une nouvelle ligne de broyage des bouteilles opaques en PEHD (polyéthylène haute densité). Un appareil à spectrométrie infrarouge permet de séparer celles-ci des bouteilles transparentes en PET (polyéthylène téréphtalate). Près de 6 000 tonnes de flaconnages ménagers ont été transformées en 2006 et 10 000 tonnes sont prévues en 2007. Soit la moitié des déchets de flaconnages ménagers des 4 millions d’habitants de la région.
De nombreuses collectivités du Nord-Pas-de-Calais font appel à Nord Pal Plast pour leurs déchets plastiques. La communauté urbaine de Lille, par exemple, l’a choisie, en 2006, pour collecter ses plastiques durs. «L’entreprise doit encore monter en puissance pour utiliser à plein rendement ses machines, ajoute Agnès Jacques. Nous continuerons de l’accompagner dans son développement, notamment pour la recherche de nouvelles solutions comme le broyage de certains plastiques, tels que ceux conçus avec un retardateur de flammes, qui nécessitent un traitement particulier.»