DEEE
Le recyclage pour se réinsérer
Une entreprise de retraitement de matériel électronique s’est montée avec des salariés, pour la plupart en insertion. Témoignage.
Denis Bondil a fondé Micro’Orange en 2000. Une entreprise d’insertion, sous forme associative, spécialisée dans la collecte et le recyclage des déchets électriques et électroniques, en partenariat avec la société Veolia. «J’ai eu envie de créer de l’activité pour les personnes en difficulté que je côtoyais dans le cadre de mon travail d’éducateur spécialisé», explique-t-il. À l’époque, seules les entreprises sont concernées par la réglementation sur le retraitement. Micro’Orange collecte auprès d’elles le matériel informatique usagé et le remet en marche sur son site de 7 000 m2 d’Aix-en-Provence, avant de les revendre aux associations ou aux écoles de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca).
Certifications ISO 14001 et 18001
«Mais très vite s’est posée la question du matériel non récupérable. Il a fallu s’organiser pour le traiter selon les normes en vigueur», rappelle Denis Bondil. Avec l’aide de l’ADEME, Micro’Orange étend alors son activité de retraitement au matériel électroménager et aux téléviseurs. Elle doit se soumettre à la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Pour «professionnaliser sa démarche», tout en conservant la possibilité de recevoir des aides des collectivités (région, département, ville d’Aix-en-Provence), elle change de statut en 2001, et devient une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). En 2003, l’ADEME participe à 50 % du coût d’une étude pour la mise en place d’un système de management environnemental, dans le cadre de la certification Iso 14001 (protection de l’environnement) et 18001 (hygiène et sécurité) de Micro’Orange. «L’entreprise d’insertion est devenue une référence dans la région car elle répond aux nombreuses exigences (normes, équipements) du recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE)», explique Magali Quillico, ingénieur chargé des entreprises à la délégation régionale Paca de l’ADEME. «Les éco-organismes nous font confiance», ajoute Denis Bondil. Ces derniers sont chargés, dans le cadre de la nouvelle réglementation sur les DEEE, d’organiser la filière de collecte et de valorisation des équipements assurée par les distributeurs et les collectivités (déchèteries) auprès des particuliers. En 2006, Micro’Orange a retraité 1 400 tonnes de matériel et annonce 3 000 tonnes en 2007. Son chiffre d’affaires a atteint 1 million d’euros en 2006. Le nombre de salariés, de 4 en 2002, est passé à 43 aujourd’hui, dont 33 en insertion. Elle possède deux boutiques d’informatique à Marseille et à Aix, où elle vend et répare du matériel neuf et d’occasion. La notoriété de Micro’Orange va certainement encore s’accroître en 2007 : elle vient de s’engager dans une nouvelle certification Iso 9001 (qualité des systèmes).
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