Compostage mode d'emploi  
   
  Le compost provient de la transformation de déchets organiques en présence d’eau et d’oxygène, par le biais de micro-organismes (champignons, bactéries…).
Le produit obtenu est comparable à de l’humus naturel. Pour réaliser son compost à domicile,
il existe deux méthodes:
le compostage en tas, pour lequel il suffit d’un coin de jardin bien drainé, à mi-ombre, à l’abri du vent et du regard des voisins;
le compostage en bac (composteur), qui convient bien à de petites quantités mais exige une surveillance régulière.
Presque tous les déchets organiques peuvent être ainsi valorisés (restes de cuisine et de repas, déchets de jardin…), soit environ le tiers de notre poubelle quotidienne.
 
 

 

 
Compostage à domicile
Une pratique à faire germer

100 000 nouveaux foyers adoptant chaque année, en France, le compostage domestique: c’est l’objectif du Plan national quinquennal, lancé fin novembre 2006 par le ministère de l’Écologie et du Développement durable et l’ADEME.

Sur 360 kg d’ordures ménagères produits annuellement par chaque Français, 290 kg finissent à la décharge ou sont incinérés. La France entend ramener à 200 kg par habitant, d’ici 10 ans, cette part de nos déchets domestiques laissée à la charge de la collectivité. Pour cela, le compostage domestique compte parmi les méthodes les plus efficaces. Transformer chez soi les matières organiques issues de la cuisine ou du jardinage permet d’alléger les coûts du service public des déchets, tout en fabriquant un compost gratuit et naturel qui fertilise le sol. C’est donc un geste doublement utile pour l’environnement. Aujourd’hui, 5 millions de foyers français s’adonnent au compostage domestique, dont 650 000 à l’aide de composteurs fournis par les collectivités territoriales, dans le cadre d’opérations soutenues par l’ADEME. Le Plan national de soutien doit permettre de mobiliser en 5 ans plus d’un demi-million de ménages supplémentaires, en agissant sur quatre leviers: le développement des connaissances, l’information et la formation des acteurs, un appui opérationnel offert aux collectivités, et une aide financière à la réalisation d’actions locales de promotion du compostage domestique.
«Les pratiques de transformation des biodéchets en habitat individuel restent mal connues, de même que les flux de déchets concernés, observe Denis Mazaud, chargé du dossier à l’ADEME. Une série d’enquêtes et d’études va permettre de mieux apprécier les perspectives de développement de la filière, ses coûts et ses impacts sanitaires et environnementaux.» La faisabilité du compostage en habitat collectif, pratiqué dans certains pays, sera également étudiée. Par ailleurs, la création d’une base de données nationale doit faciliter la diffusion des bonnes pratiques et le suivi des actions.
La communication vers le grand public, dans le cadre de la campagne «Réduisons vite nos déchets, ça déborde», s’accompagne d’un travail de sensibilisation, d’information et de formation auprès des collectivités locales. «La réussite du compostage domestique est moins une question d’équipement que de savoir-faire. Notre action vise à transmettre ce savoir-faire de façon durable aux particuliers, grâce à un dispositif totalement décentralisé. Nous allons ainsi aider les communes ou communautés de communes à mettre en place des structures relais – associations, consultants, services techniques ou “maîtres composteurs” spécialement recrutés et formés –, chargées d’accompagner les ménages volontaires sur le terrain», explique Denis Mazaud.
L’ADEME réalise dans ce but un «kit collectivités», rassemblant des supports de communication et d’animation, des guides méthodologiques, des outils de suivi et d’évaluation, ainsi qu’une offre de formation pour les structures relais et les maîtres composteurs.
Les délégations régionales de l’ADEME proposeront cette boîte à outils à partir de la mi-2007. Un référentiel qualité est défini et les collectivités engagées dans la promotion du compostage pourront échanger leurs expériences in situ et
par internet, dans le cadre d’un réseau d’échanges animé par l’Agence. Parallèlement, l’ADEME continue à apporter une aide financière à la réalisation des opérations. Limitée à 20% du coût d’achat des équipements (composteurs notamment), cette contribution s’élève à 50% du financement pour les actions de communication-formation, les aides à la décision et l’intervention des structures relais. Une dizaine d’opérations pilotes bénéficieront en outre d’un suivi approfondi, pris en charge jusqu’à 100%.