La réponse ADEME  
   
 

La chaleur produite par la dégradation des biodéchets permet à l’unité de méthanisation de fonctionner sans apport énergétique extérieur.
Le procédé retenu est une méthanisation en régime thermophile (55°C) avec un temps de séjours moyen de 21 jours et une agitation par injection de biogaz.
Les déchets sont réceptionnés dans une halle mise en dépression et les graisses stockées dans une cuve. Une chaîne de préparation des déchets verts et biodéchets permet d’extraire les corps indésirables et de faciliter la dégradation de la matière organique.
Les déchets ainsi préparés sont introduits dans le digesteur, après ajout d’eau issue de la station d’épuration, pour atteindre un flux entrant à 28% de matière sèche et de graisse, en vue de réguler la production de biogaz.

 

 

 

 

Nord-Pas-de-Calais
Valorisation des biodéchets, une première en France

La région de Calais accueille une installation capable de valoriser 100% de la partie fermentescible des déchets ménagers.

Le projet remonte à 1995. Le 8 décembre 2006, il s’est concrétisé: l’unité de méthanisation de la fraction fermentescible des ordures ménagères de la région de Calais a été inaugurée. C’est la première installation en France capable de valoriser 100% des biodéchets (résidus alimentaires, graisses, déchets verts) des 160 000 habitants de l’agglomération. La production a débuté en février, avec une montée en charge progressive. L’usine doit «digérer» 27 000 tonnes de déchets par an, en produisant de la chaleur et du biogaz, transformé en électricité. Elle complète le centre de tri des emballages, la plateforme de collecte du verre et le réseau des déchèteries du Sevadec (Syndicat d’élimination et de valorisation des déchets du Calaisis). L’ensemble a été conçu selon une démarche HQE (haute qualité environnementale) avec l’appui technique et financier de l’ADEME.

Objectif: 50% des déchets valorisés
«L’objectif est de valoriser 50% de l’ensemble de nos déchets, explique Christophe Guerre-Genton, directeur du Sevadec. Nous devrions l’atteindre dès 2007 et respecter ainsi les règles du plan départemental d’élimination des déchets prévues pour 2011.» L’investissement de 20 millions d’euros a bénéficié de subventions de l’ADEME
(1,8 millions d’euros) et de l’Union européenne (1,8 millions d’euros). «L’ADEME nous a aidés dans toutes les étapes d’étude et de méthodologie du projet, souligne Christophe Guerre-Genton. Elle nous a permis de convaincre la population et les élus de l’intérêt de l’unité de méthanisation.»
L’ADEME a ainsi financé une étude sur les différentes technologies de traitement des biodéchets. «On s’est rapidement tourné vers la méthanisation, qui avait l’avantage de pouvoir être mise en œuvre dans un environnement urbain très dense»,
indique Christophe Bogaert, chargé de mission au programme valorisation matière à la délégation Nord-Pas-de-Calais de l’ADEME. La chaleur, issue de la méthanisation des biodéchets, sert à accélérer le processus de décomposition et chauffe les bâtiments du Sevadec. Si elle est excédentaire, elle pourrait même alimenter de futures serres agricoles, construites sur les réserves foncières du site. L’électricité, produite par un générateur de 950 kW à partir du biogaz, est revendue au réseau EDF, à un prix plus élevé que le tarif d’achat.
L’ADEME a aidé le Sevadec à mettre en place la collecte des biodéchets et à informer les usagers sur la façon d’utiliser leurs quatre poubelles (verre, emballages, fermentescibles, tout-venant). Elle a également mis en place un comité de suivi, dont les indicateurs permettent de vérifier le bon déroulement de la collecte, de la méthanisation et la qualité des composts obtenus issus de l’unité. Ces derniers devront respecter la norme NF U 44-051 pour être utilisés en agriculture ou en horticulture.

 

Bonnes pratiques
 
LES GRAISSES FACILITENT LA «DIGESTION» DES DÉCHETS VERTS
L’unité de méthanisation va traiter les graisses alimentaires des restaurants d’entreprise, d’hôpitaux et des établissements scolaires. 1 000 tonnes seront collectées chaque année. Les graisses ont un fort pouvoir méthanogène. Elles stimuleront la fermentation des déchets verts, plus difficiles à méthaniser, et permettront de réguler la production de l’unité pendant le week-end, lorsque la matière à traiter diminue.