La réponse ADEME  
   
 

La pile à combustible Cellia produit conjointement 200 kW de chaleur et 200 kW d’électricité dans un immeuble de 283 logements.
• Le budget de l’opération est de 7 Me, financé par le conseil régional d’Ile-de-France (1,9 M€), l’Europe (1,5 M€, Life environnement), Dalkia (1,6 M€), l’Opac de Paris (1 M€),l’ADEME (570 000 €) et EDF (300 000 €).
• Cellia possède deux cœurs de pile (un en fonctionnement et un remplaçant) fabriqués par l’entreprise allemande MTU, pour un montant de 4,5 M€.
• Le projet a été labellisé par le réseau national PACo, co-animé par l’ADEME et le CEA.
• L’ADEME a participé à l’instruction du dossier de financement. Elle a aussi obtenu des tests de mesure supplémentaires lors des phases de démarrage et d’arrêt de la machine.
• La pile à combustible permet une réduction moyenne de 30% des émissions de CO2 par rapport à une chaudière classique.

 

 

 

 

Île de France
L’OPAC de Paris se branche sur la pile Cellia

Cellia pèse 28 tonnes. C’est la fille de PACo, le réseau national du CEA et de l’ADEME. Et c’est une pile à combustible qui contribue à chauffer et éclairer un immeuble parisien. Une première en Europe.

Elle s’appelle Cellia, mesure 9 mètres de longueur, 4 mètres de hauteur et pèse 28 tonnes. Sa mission: chauffer 283 appartements de l’Opac (Office public d’aménagement et de construction) de Paris, dans le XVe arrondissement. Cellia est une pile à combustible. Un prototype de cogénération qui produit conjointement de la chaleur et de l’électricité à partir de l’hydrogène issu du méthane du gaz naturel de ville. Il doit couvrir 20% des besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire de l’immeuble. C’est une première en Europe. L’objectif des partenaires du projet (Opac de Paris, Dalkia, CEA, CreeD) est de démontrer l’intérêt de cette technologie en utilisation stationnaire du point de vue technique, environnemental, économique, mais aussi social. «Car même si Cellia fonctionne bien, il est indispensable que les habitants l’acceptent pour que l’expérience soit réussie», analyse Loïc Antoine, responsable du pôle piles à combustible et batteries de l’ADEME. Après la labellisation du projet par le réseau national PACo (Piles à combustible), animé par le CEA et l’ADEME, plusieurs enquêtes ont été menées auprès des résidents pour connaître leur point de vue sur leur nouvelle chaudière.

Charges locatives allégées
Cellia obtient ainsi une majorité d’opinions favorables, certainement parce qu’elle permet une réduction de 20% des charges locatives pendant la durée de l’essai, jusqu’en 2010. En revanche, les habitants ont refusé les murs de verre initialement prévus pour le local technique, par peur des débris en cas d’explosion. «Il n’y a pas vraiment de risque de ce côté-là, mais beaucoup avaient en tête le drame d’AZF.
Pour tenir compte de ces remarques, le local a finalement été construit en béton, avec une porte métallique», indique Loïc Antoine. Dans le local, 23 détecteurs de gaz ont été installés, pour permettre à Dalkia de contrôler l’appareil à distance.
L’ADEME a participé à son financement. Elle a aussi contribué à ajouter quelques tests au protocole de recherche, lors du démarrage et de l’arrêt de la machine.
«Ces phases sont cruciales, car elles représentent un risque de casse de certains composants», précise Loïc Antoine. L’inauguration de Cellia, le 21 novembre 2006, n’aurait peut-être pas pu avoir lieu sans l’important travail d’instruction mené par l’ADEME. «Le montage du dossier a été particulièrement complexe en raison du nombre élevé de partenaires et de leur mode de fonctionnement. Il a parfois fallu résoudre des difficultés organisationnelles, techniques et budgétaires.» Si l’opération réussit, l’Opac de Paris compte installer d’autres piles à combustible dans son parc immobilier. Moins polluantes qu’une installation classique, elles contribueraient ainsi à mettre en œuvre sa charte de développement durable.

 

Bonnes pratiques
 
RÉDUIRE EMISSIONS POLLUANTES ET DÉPENSES ÉNERGÉTIQUES
En France, le secteur du bâtiment est le troisième poste producteur de gaz à effet de serre (25%). Il représente 40% de l’énergie consommée par l’ensemble des activités. L’expérimentation d’une pile à combustible dans un immeuble d’habitation vise donc à réduire les émissions polluantes et les dépenses énergétiques. Un enjeu de taille pour l’Opac de Paris, qui gère 900 000 logements.