120 abonnés de plus...  
  En 2002, lors de sa mise en service, la microcentrale hydraulique d’Antetezambato desservait 54 abonnés grâce à un réseau de 6 kilomètres.
Elle compte aujourd’hui 133 utilisateurs alimentés par un réseau de 10,7 km. 54 abonnés disposent d’un compteur. L’électricité leur est vendue l’équivalent de 0,08 euro le kWh, alors que la société nationale de distribution le facture 0,15 euro. Les 79 abonnés sans compteur paient un forfait mensuel de 1 000 ariarys (0,40 euro) pour une ampoule et une prise, un euro pour 2 à 3 ampoules sans prise, 1,2 euro pour 3 ampoules et une prise…
Une deuxième prise d’eau est actuellement en construction, destinée à pallier le manque de débit durant la période de sécheresse. De nouveaux aménagements sont en cours pour étendre le réseau à 120 abonnés supplémentaires.
 
 
 

 

Madagascar
Les grands effets d'une microcentrale

Au-delà des aspects techniques et financiers, le soutien de l'ADEME à des projets d'innovation participe au développement local. Visite de la microcentrale hydraulique d'Antetezambato, à Madagascar.

Dans les faubourgs d'Ambositra, à 250 km au sud de Tananarive, la capitale de Madagascar, Antetezambato est l'une de ces bourgades rurales et pauvres qui constellent l'île. Antetezambato dispose cependant d'une richesse que nombre de villages n'ont pas: l'électricité.
Une turbine de 42 kW offerte par la région wallonne y a été installée en 2002. La Fondation Energies pour le Monde (FONDEM) , avec le soutien de l'Institut de l'énergie et de l'environnement de la francophonie, EDF et  l'ADEME, a mis en place le réseau ainsi que le système de gestion. Plus de quatre ans après la mise en service de cette microcentrale, elle a décidé de mener une étude concernant les impacts sur le développement socio-économique engendrés par l'arrivée de l'électricité.
«L'intérêt était double, raconte Marine Chambard, qui a mené cette étude en septembre 2006, il s'agissait de mesurer les apports de l'électricité, mais aussi de valider une grille d'études comprenant de multiples indicateurs sur les usages domestiques, productifs et collectifs de cette énergie. L'enjeu étant à terme d'utiliser cet outil sur d'autres projets de développement.»

Santé et économie
Dix jours d’enquête auront permis de mieux cerner les avancées dues à l’électricité. En termes de confort bien sûr: la lumière est désormais présente dans toutes les cuisines et le courant a donné l’accès à l’information et au savoir, les enfants pouvant désormais étudier dans de bonnes conditions. Surtout, la plupart des habitants constatent une nette amélioration de leur santé car ils ne respirent plus les vapeurs de la lampe à pétrole. Mieux encore, l’utilisation de l’électricité est moins coûteuse que le pétrole et les bougies… La lumière est aussi synonyme de sécurité pour le bétail – une ampoule allumée à l’extérieur de l’élevage décourage les voleurs –, et de travail prolongé le soir, principalement pour les femmes qui tressent des petits objets en raphia.
«Tous les foyers n’utilisent pas l’électricité pour développer des activités génératrices
de revenus, mais beaucoup ont branché une machine à coudre pour confectionner des sacs, un réfrigérateur pour faire des yaourts et les vendre, un fer à souder pour effectuer de petites réparations…, souligne Marine Chambard. Notre objectif est maintenant d’accompagner et de conseiller les villageois dans le développement de ce type d’activité qui leur donne une assise économique.»