Filière bois
Une énergie chaudement recommandable
Énergie renouvelable, abondante et sans impact sur l’effet de serre, le bois constitue une ressource d’avenir pour la France. De plus, le bois-énergie s’affirme comme une filière compétitive pour le chauffage des collectivités et des industries.
Il y a un peu plus de dix ans, l’ADEME lançait son premier plan de soutien à l’utilisation du bois-énergie, auquel 11 régions ont participé. Fin 2006, c’est un chantier encore plus ambitieux qui s’achève. Le programme bois-énergie 2000-2006 a en effet mobilisé l’ensemble des régions françaises, avec le soutien de multiples partenaires. « L’objectif principal consistait à développer le parc de chaufferies au bois urbaines et industrielles, grâce à deux leviers : des aides à l’investissement et un soutien à l’organisation de la filière, rappelle Jean-Christophe Pouët, chef du projet bois-énergie à l’ADEME. L’appui sans faille des collectivités territoriales a permis d’atteindre et même de dépasser nos objectifs. »
UNE ÉCONOMIE DE 300 000 TEP
En l’espace de six ans, le nombre d’installations financées par les partenaires du programme a été multiplié par 5. Le parc français compte désormais 1 400 chaufferies urbaines (réseaux de chaleur, chaufferies collectives ou tertiaires), représentant 670 MW de puissance installée et 480 chaufferies industrielles en service. Ces équipements modernes vont permettre d’économiser jusqu’à 300 000 tep (tonnes d’équivalent pétrole) par an et de réduire de 700 000 tonnes les émissions de CO2. En termes d’emplois générés, le bilan sera connu dans les prochains mois. Si le bois-énergie a le vent en poupe, ce n’est pas seulement en raison d’une prise de conscience des enjeux environne-mentaux. « La valorisation énergétique des bois secondaires et des sous-produits de l’exploitation du bois contribue au développement des économies locales, ainsi qu’à la gestion rationnelle des forêts et des paysages. Il s’agit d’un combustible compétitif pour la production de chaleur : avec un baril de pétrole brut à 60 dollars, contre 15 dollars il y a dix ans, son coût se compare avantageusement à celui du fioul ou du gaz. Enfin, des technologies performantes sont désormais disponibles », souligne Jean-Christophe Pouët.
UN APPROVISIONNEMENT ÉTENDU
Les avantages de cette énergie renouvelable ont été longtemps contrebalancés par l’immaturité de la filière d’approvisionnement, en termes de qualité, de quantité
et de pérennité de la ressource. Le surcoût à l’investissement jouait également en sa défaveur : les économies réalisées sur le combustible ne compensant pas toujours le coût d’installation d’une chaufferie au bois, trois à quatre fois supérieur à celui d’une chaufferie à fioul ou à gaz. Le programme bois-énergie a fortement contribué à lever ces freins. Il y a dix ans, on comptait moins d’une dizaine de sociétés d’approvisionnement en bois. On en recense aujourd’hui plus de 60, réparties sur tout le territoire, capables de livrer chacune jusqu’à 50 000 tonnes de combustible par an à une chaufferie.
RECHERCHE ET OPTIMISATION
Plus de 300 organisations institutionnelles ou professionnelles interviennent
sur ce marché. Cette professionnalisation du secteur, qui s’est organisé en
véritable filière industrielle, améliore la compétitivité de l’énergie. Par ailleurs, les aides financières permettent de rentabiliser rapidement la construction d’une chaufferie au bois et, en développant le marché des équipements, d’en abaisser progressivement les prix.
« Dans les années qui viennent, l’ADEME va continuer à soutenir la filière bois-énergie, jusqu’à ce qu’elle devienne totalement autonome, conclut Jean-Christophe Pouët.
Avec un effort particulier dans deux directions : la recherche, afin d’optimiser encore ressources et matériaux, et une meilleure valorisation de la ressource bois, pour répondre à une demande en hausse croissante. La France dispose d’un capital forestier exceptionnel. Nous utilisons environ 60 % de l’accroissement végétal annuel – les “intérêts” de la forêt –, sans jamais toucher au capital. Il devrait être possible de valoriser demain jusqu’à 80 % de cette ressource. »
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